Proposition d'un modèle de pratique du reporting sociétal dans un contexte juridique non contraignent : cas des firmes nationales et multinationales à Madagascar.

par Felaniainamalala Rabekolokolomanana

Projet de thèse en Sciences de gestion

Sous la direction de Evelyne Lande et de Pascal Barneto.

Thèses en préparation à Poitiers , dans le cadre de École doctorale Sociétés et organisations (Limoges) depuis le 06-12-2016 .


  • Résumé

    La responsabilité sociétale des entreprises (RSE) contribue à l’amélioration du cadre de vie de tout un chacun et Madagascar peut devenir un pays de référence en Afrique francophone en la matière (Tené, 2016). La RSE est le concept le plus proche du reporting sociétal et qui se réfère au fait d’être comptable envers les tiers selon la norme ISO 26000. Le mot « reporting » est essentiellement rattaché au terme comptabilité financière, tandis que le « reporting sociétal » est un document qui vient donner un éclairage plus qualitatif aux états financiers bruts (Giordano-Spring et Rivière Giordano,2008). Capron et Quairel (2003) le définit comme la diffusion d’informations sociales et environnementales produites par les entreprises à destination des tiers simultanément ou indépendamment de la reddition financière. Pour Capron (2000), il doit permettre à la direction de l’entreprise à la fois de gérer ses responsabilités dans les domaines sociaux et sociétaux et d’en rendre compte aux tiers concernés. Il permet théoriquement de fournir une perspective plus analytique et contextuelle de l’activité de l’entreprise aux utilisateurs potentiels de cette information (Giordano-Spring et Rivière Giordano,2008). D’une manière générale, la publication des informations extra-financières reste une publication largement volontaire au niveau mondial. Tandis qu’en France, dès lors de l’article 116 de la loi Nouvelle Regulation Eonomique (NRE) en 2001, puis la loi Grenelle 2 en 2010, complétée par la loi Warsmann 4 en 2012, les entreprises cotées et dépassant de 100 millions d’euros du chiffre d’affaire et de plus de 500 salariées sont obligées à rendre public des informations sociales et environnementales (BDO France, 2015). Une obligation de publication renforcée par une nécessité de vérification menée par un organisme tiers indépendant. Au-delà de ses obligations légales, plusieurs autres d’entreprises commencent également à publier ses informations de façon volontaire. A Madagascar, la notion de développement durable ainsi que la nécessité du reporting sociétal se fait sentir. Plusieurs auteurs tels que (Harison 2013 ; Harison et Obrecht 2013 ; Salomon 2014) ont fait des études sur la RSE à Madagascar, mais les études sur la pratique du reporting sociétal sont quasi inexistantes. En outre, il n’existe pas encore de texte ni de loi qui exigent les entreprises à publier des informations sociales et environnementales à Madagascar. Et pourtant, elles commencent à divulguer ses informations de façon volontaire. En partant de ce principe de volontariat, nous avons pu constater à partir d’une phase exploratoire de la pratique du reporting sociétal à Madagascar que, la majorité des entreprises connait une avancée majeure dans cette voie, cette étude nous a montré l’existence de plusieurs initiatives louables. Par ailleurs, après quelques entretiens effectués auprès de quelques entreprises implantées à Madagascar, une triangulation des données nous a montré un premier résultat qui affirme que la publication des informations sociales et environnementales à Madagascar est surtout liée à la notion de transparence envers les différentes parties prenantes d’une part. D’autre part, elle est également liée à la notion de visibilité et de crédibilité internationale. De ce fait, ce constat justifie la nécessité d’approfondir les études sur la pratique du reporting sociétal à Madagascar. Ainsi, nous visons à orienter notre étude vers une approche processuelle de la pratique du reporting sociétal. D’où notre problématique de recherche : comment se manifeste la pratique du reporting sociétal à Madagascar ? A travers cette étude, nous visons à proposer un modèle sur le processus d’élaboration d’un reporting sociétal selon le contexte conjoncturel à Madagascar qui nous servira de grille de lecture de cette forme de pratique à Madagascar. Ainsi, cette étude rendra explicite les questions latentes liées à la publication des informations sociales et environnementales : Pourquoi cette pratique se manifeste ainsi ? Quels sont les stratégies d’adaptation ? Quels pourront-être les effets engendrés par cette pratique qui ne sont pas négligeables ?


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