Des paysages agricoles passés et présents et leurs interactions avec l'environnement : un analogue ethnographique en Afrique contemporaine des champs surélevés précolombiens d'Amazonie

par Leonor Gondim Rodrigues (Rodrigues)

Projet de thèse en Ecologie et Biodiversité

Sous la direction de Doyle Mc Key.

Thèses en préparation à Montpellier , dans le cadre de Biodiversité, Agriculture, Alimentation, Environnement, Terre, Eau (Montpellier ; École Doctorale ; 2015-...) , en partenariat avec CEFE - Centre d'Ecologie Fonctionnelle et Evolutive (laboratoire) depuis le 01-04-2017 .


  • Résumé

    L'agriculture sur champs surélevés (ACS) est une forme d'agriculture pratiquée dans les terrains inondables. Ce type d'agriculture était assez répondu en Amérique du Sud à l'époque précolombien. L'ACS a attiré beaucoup d'intérêt de la part des scientifiques, principalement sous les angles de l'archéologie et de l'agronomie. Le contexte environnemental local et l'influence des organismes du sol ont été identifiés comme des paramètres cruciaux pour le fonctionnement de l'agriculture sur champs surélevés et pour la préservation contre l'érosion des vestiges des champs abandonnés. Malgré des avancés récents, et malgré plusieurs tentatives ayant pour but de réhabiliter l'ACS à des fins expérimentales, de nombreuses questions restent sans réponse concernant la gestion de ces constructions impressionnantes et les implications socioéconomiques de l'ACS. Les difficultés proviennent d'une part du manque d'études approfondies sur le terrain, mais aussi à cause de faiblesses méthodologiques. L'étude des champs surélevés précolombiens est compliquée par le fait que, à part quelques exceptions, l'ACS n'est plus pratiquée depuis plus de 500 ans. Il ne reste aucune source actuelle qui peut nous informer sur les savoirs associés aux activités agricoles de l'ACS. Les pratiques de gestion (par exemple, les temps de jachère, l'utilisation de la matière organique pour fertiliser les sols, les variétés des plantes cultivées) ont probablement laissé peu de traces dans les sols qui pourraient être étudiées par les méthods géoarchéologiques. Cependant, aujourd'hui on trouve des champs surélevées actuellement cultivés et assez comparables, dans des écosystèmes très similaire à ceux en Amérique du Sud, dans deux savanes inondables de l'Afrique (La cuvette Centrale, Congo ; et les plains inondables de Bangweulu en Zambie). Ces champs surélevées «vivant» peuvent alors aider à mieux comprendre les savoirs associés aux activités agricoles actuelles en Afrique et aussi à reconstruire les pratiques précolombiennes en Amazonie. Lors de ma thèse je vais comparer les caractéristiques des champs surélevées précolombiens que j'ai déjà étudiés en Amazonie bolivienne en Amérique du Sud avec des champs surélevés actuels qu'on trouve dans deux différents sites de bassins inondables en Afrique, utilisant une approche interdisciplinaire combinant des études ethnobiologiques (étude des savoirs et pratiques locaux en agronomie) et environnementales (écologie du sol). Pour mes études de thèse, je voudrais combiner un ensemble de méthodes pédologiques et sédimentologiques, développées au cours de mes études à l'Université de Berne, avec les approches et méthodes appliqués par le groupe au sein de l'équipe «Interactions Bioculturelles» supervisé par le Professeur D. McKey. Au CEFE j'aurais l'occasion d' apprendre et d'appliquer de nouvelles méthodes d'analyse pour explorer la biologie des sols, l'écologie des ingénieurs de l'écosystème, la biochimie et la biologie. Profitant de l'apprentissage de ces méthodes, je pourrais améliorer mon expertise sur le fonctionnement des sols, les environnements tropicaux et les interactions, passées et présentes, entre les humains et la nature.

  • Titre traduit

    Past and present agricultural landscapes and their interaction with the environment: An ethnographic analogue of pre-Columbian raised fields of Amazonia in present-day Africa.


  • Résumé

    Raised fields are elevated agricultural earth platforms. Pre-Columbian raised fields in South America have received broad scientific interest, mainly from archaeological and agronomic perspectives. The local environmental context and the influence of soil biota have been identified as crucial parameters for the development and functioning of raised fields. Despite significant recent advances in understanding raised fields and a number of attempts to rehabilitate them, several open questions related to the management and socioeconomic implications of these impressive constructions remain unanswered- in part because of lack of field-based data but also due to methodological weaknesses. The latter are mainly related to the fact that raised fields in South America were abandoned and have lain fallow for more than 500 years; no comparable living analogues are known for this region. This means that many traces that agricultural management may have left have perhaps been lost. However, raised-field agriculture is still practiced today in several regions in Africa, within overall comparable environmental settings. With my thesis I aim to compare previously studied pre-Columbian wetland raised fields in the Bolivian Amazon, South America with so-far uninvestigated present-day wetland raised fields located in two different sites in Africa-the Bangweulu basin in Zambia and the cuvette region of the Congo-using an interdisciplinary approach combining cultural and environmental studies. The study of actively farmed raised fields in Africa is needed as only there can their management and functioning be directly observed. Newly gained knowledge of the contribution of actively farmed raised fields to livelihoods would complement existing archaeological evidence as well as providing information on their functioning and agronomic potential. For these studies I will combine the well-established set of pedological and sedimentological methods developed during my PhD at the University of Berne with the tools developed by the group Interaction Bioculturelles supervised by Prof. D. Mc Key. As a Geographer at the CEFE I will learn and apply new and innovative analytical methods to study soil biology, ecosystem engineers, biochemistry and ethnobiology and thus to substantially expand my expertise on tropical environments and interactions between past and present natural and cultural processes. In addition, this collaboration would lead to new possibilities for future interdisciplinary studies.