La (re)construction de la notion de « populisme » dans/par les partis de gauche radicale: les cas Podemos et La France insoumise

par Laura Chazel

Projet de thèse en Science politique

Sous la direction de Christophe Bouillaud et de Javier Franze.

Thèses en préparation à Grenoble Alpes , dans le cadre de Sciences de l'homme, du Politique et du Territoire , en partenariat avec Pacte, Laboratoire des sciences sociales (laboratoire) et de Sciences Po Recherche (equipe de recherche) depuis le 01-10-2016 .


  • Résumé

    Un nombre important de travaux se sont attachés à montrer comment la crise économique, sociale et politique de 2008 avait permis l'émergence de nouveaux partis populistes. A première vue, en Europe, ces crises auraient d'abord profité à l'extrême-droite. La création de Podemos en Espagne (2014), la victoire électorale de Syriza en Grèce (2015), la création de la France insoumise (2016) ont pourtant montré que la gauche européenne avait également su trouver une nouvelle impulsion et profiter de ce « nouvel espace disponible ». L'objectif de cette thèse doctorale est d'analyser la (re)construction de la notion de populisme dans/par les partis de gauche radicale à partir d'une étude comparée entre l'Espagne (Podemos) et la France (LFI). En effet, dans la lignée des gauches latino-américaines des années 1990-2000, ces deux jeunes mouvements politiques ont adopté une stratégie de rupture avec la gauche radicale traditionnelle : il ne s'agit désormais plus de « rassembler la gauche » mais de mobiliser « le peuple » contre « l'oligarchie ». Cette thèse se concentre sur la circulation des idées, des concepts et des stratégies entre l'Amérique latine, la France et l'Espagne. Elle s'inscrit également dans la lignée des travaux qui entendent montrer qu'en science politique, le concept de « populisme » est le plus souvent utilisé pour définir un « nouveau parti politique ayant du succès électoral » mais que la définition des concepts est toujours 1) contingente, 2) liée à une histoire et un contexte, 3) liée à une lutte de pouvoir.

  • Titre traduit

    The (re)construction of the notion of « populism » in/by Far-left political parties: the Podemos and La France insoumise cases.


  • Résumé

    The economic and financial crisis of 2008 and the imposition of austerity policies by the EU changed the European political landscape. A significant amount of academic work has focused on showing how the crisis led to the emergence of new populist parties. At first glance, in Europe, the 2008 crisis would have first benefited the Far-right. The creation of Podemos in Spain (2014), the electoral victory of Syriza in Greece (2015), the creation of La France insoumise in France (2016) have shown that the European Left has also been able to take advantage of this new context. The aim of this doctoral thesis is to analyze the (re) construction of the notion of populism in / by radical left parties from a comparative study between Spain (Podemos) and France (LFI). Indeed, influenced by the 1990-2000 Latin-American left-wing governments, these two young political movements have adopted a strategy of rupture with the traditional Far Left: the strategy is no longer about « gathering the Left » but about mobilizing « the people » against « the oligarchy ». This thesis focuses on the circulation of ideas/concepts/strategies between Latin America, France and Spain. It is also in line with the work that intends to show that in political science, the concept of « populism » is most often used to define a « new political party with electoral success » but that the definition of concepts is always 1) contingent, 2) linked to a story and a context, 3) linked to a power struggle.