La conscience éthique du soin : de l'évidence à l'équivoque, un modèle à réinterpréter

par Véronique Bourban

Projet de thèse en Éthique

Sous la direction de Emmanuel Hirsch.

Thèses en préparation à université Paris-Saclay , dans le cadre de École doctorale Sciences de l'Homme et de la société (Sceaux, Hauts-de-Seine ; 2015-2020) , en partenariat avec Etude sur les sciences et les techniques (laboratoire) et de université Paris-Sud (établissement de préparation de la thèse) depuis le 01-11-2016 .


  • Résumé

    L'article. R. 4312-25 du code de santé publique formalise l'action des infirmiers et précise la notion de « conscience » à mettre au service des personnes et des situations, de façon égale. La « conscience » décrite renvoie l'infirmier à une vigilance, à une inquiétude et à une veille à l'égard de son patient. Elle convoque le professionnel soignant. Elle mobilise sa responsabilité et son engagement. La conscience éthique du soin fait écho à ce qui fonde son engagement dans la fonction soignante, engagement lui-même nourri par les valeurs universelles du soin : le respect, l'humanité, l'hospitalité, la sollicitude, la justice, la solidarité et l'équité pour citer les plus emblématiques. La conscientisation de ce modèle éthique du soin représente l'idéal d'action et d'engagement du soignant. La conscience de l'infirmier le mobilise au-delà de son investissement professionnel, de ses techniques de soins, de sa pratique et du soin même. Elle influence profondément son engagement qui semble alors constitutivement lié à sa conscience du soin. HURSSEL dit que « toute conscience est consciente de quelque chose » . Nous avons vu que la conscience du soin de l'infirmier se réalise au travers de ses actes, de ses justes pratiques et de ses relations, l'ensemble étant associé à son contexte. Elle est la traduction d'une intentionnalité de l'infirmier au travers d'une attention, d'un acte de relation et d'un projet soignant. HURSSEL précise que « tout état de conscience "vise" quelque chose, et qu'il porte en lui-même, en tant que "visé" (en tant qu'objet d'une intention), son cogitatum [ce qui est pensé] respectif » . L'objet visé par la conscience de l'infirmer est le soin éthique au patient. Le dessein du soin éthique porte en lui-même, en tant que « visé » son « cogitatum » respectif, c'est-à-dire un soin pensé, voulu. Celui-ci est dans ce sens toujours porteur d'un contenu éthique lié à la conscience de l'infirmier. Cette conscience du soin se présente comme un rapport au monde dynamique, changeant, mais surtout porteur de sens pour l'infirmier. Elle donne une dimension à sa pratique et à la relation investie, qui va en déterminer leur conception et leur perception. La conscience du soin place l'infirmier dans une simultanéité qui le situe comme acteur dans un contexte déterminé. Elle le positionne en professionnel et individualité responsable, en mouvement vers cet autre le patient, avec une intentionnalité et un projet de soin constituante de sa conscience. La conscience éthique du soin de l'infirmier peut-elle évoluer face aux déterminations auxquelles elle est exposée ? Une altération de cette conscience du soin peut-elle se produire ? Comment se traduit-elle ? Quelles en sont les conséquences ? L'infirmier est-il préparé à cela alors qu'il est formé pour prendre soin de cet Autre vulnérable ? Son agir soignant peut-il muter, pour reprendre l'expression de Paul RICOEUR qui questionne les « mutations de l'agir humain » ?

  • Titre traduit

    The ethical consciousness of the care: of the obvious fact in the ambiguity, a model to be reinterpreted


  • Résumé

    The article. R. 4312-25 of the code of public health formalize the action(share) of the male nurses and specifies the notion of "consciousness" to put in the service of the people and situations, in a equal way. The described "consciousness" sends back(dismisses) the male nurse to a vigilance, to a concern and to the day before(watch) towards his(her) patient. She(it) summons(convenes) the nursing professional. She(it) mobilizes her(its) responsibility and her(its) commitment. The ethical consciousness of the care echos what bases(establishes) its commitment in the medical function(office), the commitment fed by the universal values of the care itself: the respect, the humanity, the hospitality, the care, the justice, the solidarity and the equity to quote the most symbolic. The awareness of this ethical model of the care represents the ideal of action(share) and commitment of the nursing. HURSSEL says that "any consciousness is aware of something" . We saw that the consciousness of the care of the male nurse comes true through its acts, through its just practices and through its relations, the set being associated with its context. It is the translation of an intentionality of the male nurse through an attention, through an act of relation and a nursing project. HURSSEL specifies that "any state of consciousness" aims "something, and that it carries in itself, as"aimed"(as object of an intention), its cogitatum [what is thought] respective" . The object aimed by the consciousness to counter it is the ethical care to the patient. The intention of the ethical care carries in itself, as "aimed" at his respective "cogitatum", that is a thought, deliberate care. This one is in this sense always carrier of an ethical contents bound to the consciousness of the male nurse.