Décrire et expliquer le recours aux thérapeutes alternatifs en France

par Albin Guillaud

Projet de thèse en MBS - Modèles, méthodes et algorithmes en biologie, santé et environnement

Sous la direction de Benoît Allenet et de Nicolas Pinsault.

Thèses en préparation à l'Université Grenoble Alpes , dans le cadre de Ingénierie pour la santé la Cognition et l'Environnement , en partenariat avec Techniques de L'Ingénierie Médicale et de la Complexité - Informatique, Mathématiques et Applications. (laboratoire) depuis le 27-03-2017 .


  • Résumé

    Dans les états membres de l'Union européenne, les études de prévalence du recours aux « thérapies alternatives et complémentaires » (TAC) dans la population générale fournissent des résultats hétérogènes allant de 0.3 % à 86 % de « n'importe quelle TAC sur n'importe quelle période de temps » (Eardley et al., 2012). Hors de l'Union Européenne, les études de prévalence du recours aux TAC au cours des 12 derniers mois dans la population générale fournissent des résultats tout aussi hétérogènes allant de 9.8 % à 76 % (Harris et al., 2012). En dépit de cette hétérogénéité, ces études de prévalence ont au moins le mérite d'indiquer que le phénomène existe : de partout dans le monde, des personnes adoptent à des fins sanitaires des comportements tels que l'utilisation de produits, la consultation de thérapeutes ou la mise en œuvre de pratiques alimentaires dont la validité des fondements scientifiques est controversée et les bénéfices incertains. Aux côtés des bénéfices incertains de ces comportements, il existe des risques directs et indirects pour les patients. Ainsi, il est essentiel que les patients aient accès à des informations fiables sur toutes ces thérapeutiques. Le professionnel de santé est en position stratégique pour délivrer ces informations et en discuter avec les patients. En outre, discuter de la question des TAC augmenterait la satisfaction envers la prise en charge à la fois du patient et du professionnel (Roter et al., 2016). Cependant, initier et mener une discussion sur la thématique des TAC avec un patient ne peut pas se faire au hasard et doit-être guider le plus possible par les données issues de la science. Ainsi, il convient de comprendre les raisons et les facteurs qui conduisent les patients à recourir à ces thérapeutiques. Ceci est d'autant plus important que jusqu'à 77 % des patients n'abordent pas spontanément la question de leurs comportements de santé « additionnels » possible ou effectifs avec un professionnel de santé référent tel que le médecin généraliste (Robinson et al., 2004) Parmi les raisons de ce non-dévoilement, 20 % des patients pensent que le professionnel de santé ne les comprendra pas (Eisenberg et al., 2001). Par ailleurs les professionnels de santé aimeraient être mieux informer pour aborder la question des TAC (Winslow et al., 2002). Un des éléments-clés de la compréhension du recours aux TAC est de déterminer quels sont les facteurs prédictifs du recours à ces thérapeutiques (Siahpush, 2000).

  • Titre traduit

    Describing and Explaining the use of alternative practitioners in France


  • Résumé

    In European Union member states, prevalence studies of the use of "alternative and complementary therapies" (ACTs) in the general population provide heterogeneous results ranging from 0.3% to 86% of "any TAC over any period of time" (Eardley et al., 2012). Outside the European Union, prevalence studies of TAC use over the past 12 months in the general population provide equally heterogeneous results ranging from 9.8% to 76% (Harris et al., 2012). Despite this heterogeneity, these prevalence studies at least have the merit of indicating that the phenomenon exists: from all over the world, people adopt behaviours for health purposes such as the use of products, consultation with therapists or the implementation of dietary practices whose scientific basis is controversial and whose benefits are uncertain. Alongside the uncertain benefits of these behaviours, there are direct and indirect risks for patients. It is therefore essential that patients have access to reliable information on all these therapies. The healthcare professional is in a strategic position to deliver this information and discuss it with patients. In addition, discussing TACs would increase satisfaction with both patient and professional management (Roter et al., 2016). However, initiating and leading a discussion on TACs with a patient cannot be done at random and must be guided as much as possible by scientific data. Thus, it is important to understand the reasons and factors that lead patients to use these therapies. This is all the more important because up to 77% of patients do not spontaneously discuss their possible or actual "additional" health behaviours with a referring health professional such as the general practitioner (Robinson et al., 2004). Health professionals would also like to be better informed to address the issue of TACs (Winslow et al., 2002). One of the key elements in understanding TAC use is to determine which factors predict the use of TACs (Siahpush, 2000).