Le temple Pushou et le projet Trois-Plus-Un : modes de production du bouddhisme contemporain en Chine continentale.

par Amandine Peronnet

Projet de thèse en Sociologie, anthropologie

Sous la direction de Zhe Ji.

Thèses en préparation à Sorbonne Paris Cité en cotutelle avec l'Università degli Studi di Perugia , dans le cadre de École doctorale Langues, littératures et sociétés du monde (Paris) , en partenariat avec Institut national des langues et civilisations orientales (Paris) (établissement de préparation) depuis le 01-10-2016 .


  • Résumé

    Le bouddhisme chinois est entré depuis la fin des années 80 dans une période de « renouveau », entraînant des mutations dans la vie religieuse, entre distanciation d'avec le passé dans un souci de modernisation, et réaffirmation du rapport à la tradition. Le temple Pushou (普寿寺) ouvert en 1991 sur le mont Wutai (五台山) en Chine, est à la croisée de ces processus de métamorphose. Ce temple modèle, la plus large institution pour les nonnes bouddhistes en Chine continentale, et hébergeant également un institut d'études bouddhiques (Zhongguo Wutaishan nizhong foxueyuan 中国五台山尼众佛学院), a choisi de se développer dans des domaines comme la discipline monastique, l'éducation, et l'engagement social. Pour couvrir ces différents aspects, il a d'ailleurs créé le projet « Trois-Plus-Un » (“Sanjiayi” sengqie jiaoyu gongcheng “三加一”僧伽教育工程) en 2005. Le « trois » fait alors référence au nombre d'établissements participant au projet : le temple Pushou, dédié à la cultivation spirituelle, le temple-branche Dacheng (大乘寺), dédié à l’éducation, et l’association caritative Bodhi (Puti aixin xiehui 菩提爱心协会). Le « un » désigne le premier et principal projet pris en charge par cette dernière, la maison de retraite Qingtai (Qingtai anyangyuan 清泰安养园). À l'exception du temple Pushou, qui est situé sur le mont Wutai et qui supervise, coordonne le projet, tous les autres établissements sont situés dans la ville de Jinzhong (晋中), dans la province du Shanxi (山西). Selon Rurui (如瑞), abbesse du temple Pushou, directrice de l'Institut, et instigatrice du projet, la combinaison des spécialités de chaque établissement est essentielle : la cultivation est à la base de l’éducation du sangha, l’éducation est une assurance sur le futur, et le travail caritatif un expédient. Si cette répartition des missions entre les trois institutions n'est pas aussi stricte que le laissent penser l'intitulé du projet et les formules employées pour le décrire, elle permet cependant de se pencher sur plusieurs facettes du bouddhisme contemporain. En font partie la recherche de l'orthodoxie dans la discipline (Vinaya, jielü 戒律), le développement de l'éducation monastique par la création d'instituts d'études bouddhiques (foxueyuan 佛学院), ou encore l'engagement social par les oeuvres caritatives. La coexistence de ces différents aspects au sein des monastères bouddhistes n'est pas commune en Chine, mais on peut y voir une stratégie adoptée par le temple Pushou dans sa manière de « faire » et « produire » le bouddhisme, au regard non seulement du contexte historique, social et culturel dans lequel il se trouve, mais également de ses liens avec le reste de la communauté monastique, la société laïque, et le contrôle étatique. À partir d'un travail ethnographique, cette recherche entend alors rendre compte de la façon dont le temple s'inscrit dans la vie religieuse et sociale en Chine, et de la façon dont ces éléments propres au bouddhisme contemporain se recomposent en son sein, participant ainsi à l'étude des mouvements du bouddhisme institutionnel contemporain en Chine continentale.


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