De la communauté de savoir à l'inspiration intime. La petite revue de patrimoine, marqueur de nouvelles identités régionales en France sous la IIIe République

par Arnaud Dhermy

Projet de thèse en Histoire des mondes modernes et contemporain

Sous la direction de Anne-Marie Thiesse.

Thèses en préparation à Paris Sciences et Lettres , dans le cadre de Ecole transdisciplinaire Lettres - Sciences , en partenariat avec PAYS GERMANIQUES (laboratoire) et de Ecole normale supérieure (établissement de préparation de la thèse) depuis le 01-10-2013 .


  • Résumé

    Corolaire de l'exode rural et de l'industrialisation, une attention au patrimoine local et à l'espace régional se fait jour en France à la fin du 19e siècle. Cet intérêt se manifeste en particulier à travers le renouvellement et le dynamisme de revues destinées à des nouvelles catégories sociales aspirant à une activité culturelle. Préfiguration du magazine, ces revues contribuent au sein des espaces français à définir des identités régionales. Elles permettent d'élargir les critères de patrimonialisation, auparavant cantonnés à l'Histoire, à la littérature et à la philologie, et à les démocratiser par la mise à l'honneur des traditions populaires, de la pratique personnelle des espaces (tourisme, environnement) et de son approche esthétique. Elles tendent aussi à individualiser un rapport jusque-là communautaire aux territoires. Elles marquent enfin le renouvèlement d'une vision du patrimoine à base d'héritage et d'atavisme, au profit d'une notion plus moderne de patrimoine d'élection, notamment dans le cadre de l'évasion par rapport au quotidien.


  • Résumé

    Corollary of the rural exodus and the industrialization, a focus on the local heritage and on the regional area emerges in France at the end of the 19th century. This concern manifests itself through the regeneration and the dynamism of journals intended for new social groups yearning for cultural activities. Prefiguration of the magazine, these journals contribute, inside of French Regions, to the definition of the regional identities. They enable the expansion of the making of heritage, previously limited to history, literature and philology, and its democratization, thanks to the valorization of popular traditions, to the private practice of the areas (tourism, environment) et to its esthetical approach. They also seek the individualization of a so far communal relation to territories. Finally, they rejuvenate a conception of heritage based on legacy and atavism, in favor of a more modern concept of chosen heritage, especially in the context of escaping daily life.