La monnaie, au carrefour de l'ontologie sociale et de la philosophie normative

par Jules Salomone

Projet de thèse en Philosophie

Sous la direction de Sacha Bourgeois gironde et de John Greenwood.

Thèses en préparation à Paris Sciences et Lettres en cotutelle avec City University of New York , dans le cadre de École doctorale École transdisciplinaire Lettres/Sciences (Paris) , en partenariat avec Institut Jean-Nicod (Paris) (laboratoire) et de École normale supérieure (Paris ; 1985-....) (établissement de préparation de la thèse) depuis le 01-10-2014 .


  • Résumé

    Au cours de mes études doctorales, je propose de soulever deux ordres corrélés de questions centrées sur la monnaie. Premièrement, une question de nature ontologique : quel est le mode d'existence de la monnaie ? Deuxièmement, une question relevant d'un horizon normatif : quels sont les principes qui doivent présider à l'utilisation de la monnaie de telle manière que les exigences de justice économique puissent être honorées ? À la première question, je tâcherai de répondre en inscrivant ma démarche dans la tradition de l'ontologie sociale héritière des travaux de Searle, c'est- à-dire en prenant le parti pris du réalisme. Ainsi, contre l'idée que les êtres sociaux ne seraient que des constructions, je serai conduit à reconnaître à de tels êtres, et à la monnaie en particulier, une existence propre. De la seconde question, je proposerai par ailleurs un traitement redevable de l'approche à laquelle Honneth a récemment donné le nom d'économisme moral, et qui suppose de considérer que le fonctionnement des marchés présuppose admises des normes de coopération et de solidarité qui en pratique peuvent toutefois n'être pas respectées. Ainsi je m'interrogerai à la fois sur la promesse de liberté que semble incarner la monnaie, mais aussi sur les raisons pour lesquelles une telle promesse n'est pas toujours tenue. Ce projet qui comme on le voit prétend faire valoir la légitimité du discours philosophique dans le domaine de l'économie où il s'aventure peu souvent, et sur un objet qui par ailleurs a connu d'importantes transformations depuis une soixantaine d'années (songeons à la suspension de la convertibilité-or), va à l'encontre d'un certain sens commun qui voudrait que la monnaie (i) relève exclusivement de la compétence des économistes, ou tout du moins (ii) qu'elle soit l'une des préoccupations majeures, voire un objet d'étude constitutif de la discipline économique. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, cette seconde opinion est en réalité infondée, et ce fait seul suffit non seulement à contester la première, mais en outre signale en creux l'opportunité d'une telle élaboration philosophique.

  • Titre traduit

    Money, at the crossroad of social ontology and normative philosophy


  • Résumé

    Non applicable pour l'instant