Le convive de pierre. Sur la consistance ontologique du néant.

par Francesca Musto

Projet de thèse en Philosophie

Sous la direction de Marc Crepon et de Massimo Donà.

Thèses en préparation à Paris Sciences et Lettres en cotutelle avec l'Università Vita-Salute San Raffaele , dans le cadre de Ecole transdisciplinaire Lettres - Sciences , en partenariat avec PAYS GERMANIQUES (laboratoire) et de Ecole normale supérieure (établissement de préparation de la thèse) depuis le 01-10-2014 .


  • Résumé

    Et le philosophe, qui flâne depuis toujours sur les plis de l'univers métaphysique, ose finalement plonger ses yeux profonds dans le grand anneau qui borde la sphère ontologique. De grandes vallées, charmantes et obscures, couvrent la surface de cette bague diaphane où aucune rive sémantique ne semble s'étirer. Ici, où le sol transparent se brouille avec les abimes, l'eau se fait encre gluant qui repose lourdement sur le lit du ruisseau de la peur. Eminents, les pics des massifs s'haussent au gré du désir de l'impossible en capturant tout rayon de soleil qui espère aboutir sa trajectoire sur des figures galbées en trois dimensions. Aussitôt, toute sonorité se trouve absorbée par l'écho de l'impossibilité qui se fait frustration pour l'âme humaine. Cette dernière désirant se pencher sur l'inconsistance inactuelle d'un concept, tel que le néant, que la philosophie occidentale ne cesse de proscrire à la pensée et qui, pourtant, la détermine. Or, tout puissant comme celui évoqué par Eden dans son roman sans fin, le néant semble phagocyter toute rationalité qui ose se rapprocher à lui pendant la marche de la philosophie occidentale. Son ombre engloutit toute signification, réduit tout chemin à une impasse, tous les mots à un silence. Et pourtant, ce paroxysme d'absence ne cesse d'être inscrit dans les pages de philosophie bien avant que celle-ci ne commence à se concevoir comme telle, bien avant qu'elle s'affirme comme étant quelque chose de plus qu'un pur néant. Or, la prunelle vitreuse du philosophe, n'arrivant à saisir aucun espace de rationalité au-delà de la sphère ontologique, rabat constamment la question méontologique sur celle portante sur la bien ronde vérité de l'être et de ce qui est. Celle que Parménide présenta à la merveille humaine en agrégeant les paroles dans une effigie harmonique évoquant la danse des ballerines entre les miroirs d'une boite à musique. Leurs corps ruissellent sur les lignes de la portée sans qu'aucune figure d'ombre silencieuse à ce tableau eurythmique puisse constituer Dans l'eurythmie de ce microcosme, les corps ruissellent sur les lignes de la portée restant aveugles au silence de toute figure d'ombre. Et pourtant, lorsque le couvercle se rabat sur le périmètre de la boite, il ne reste que du silence. Entre les sujets et leur réflexe, il reste un espace infini, qui déborde les limites de la mesurabilité. C'est ainsi qu'au nom d'un ordre rassurant, le néant a été pensé comme une dérivation de l'être qui ne mérite point une analyse propre sauf si celle-ci contribue à une élucidation plus profonde de la positivité par le biais de la négativité. Il en n'est pas de même pour l'être, auquel l'histoire de la philosophie restitue une dimension autonome. Et pourtant, si Dike a présenté à l'intelligence humaine deux chemins possibles c'est qu'elle-même - cerbère aléthétique - a dû laisser errer sa grâce divine sur le terrain patibulaire de l'absence ainsi que sur l'horizon réconfortant de l'être. En tant que parties complémentaires d'une vérité unique et sphérique, se voulant inclusive de la totalité, aucun sentier métaphysique ne peut être considéré plus digne que l'autre. Aucun d'entre eux peut être négligé. Dès lors, en arpentant l'allée que l'exégèse éléatique proscrit à la pensée, le néant peut finalement regagner une autonomie sémantique et opérative ainsi qu'éclore comme quelque chose de plus que le contradicteur de l'être. La sphère du logos peut ainsi trouver son achèvement. Le néant introduisant l'homme au véritable domaine du transcendantal. Il sera alors question, pour la rationalité qui désir arpenter ce chemin, de définir dans un premier moment de quelle manière peut-on affirmer que le néant est présent dans notre structure rationnelle. Cela impliquera la description de l'espace qui a été réservée à ce concept dans le domaine spéculatif contemporain. En effet, au XXème siècle, plusieurs voies philosophiques réclament la saisie de ce paroxysme d'abstraction. Cela est témoigné d'abord par la centralisation de la Groundfrage qui, tout en posant l'accent sur l'être, ne pourrait se définir comme Question fondamentale de la métaphysique en contumace du néant. En effet, même les philosophies qui, comme celle de Severino, tendent à écarter le néant n'arrivent pas à formuler la question en la tenant que dans la pure positivité de l'être. Dans cette partie, le néant apparait aussi comme la ligne de séparation entre l'orient et l'occident. En effet, à ces deux hémisphères géographiques correspondent deux manières différentes, voire opposées, de comprendre ce concept. Ce qui en introduit déjà le caractère fondamental et déterminant. Les voies les plus éloquentes de cette séparation engagent les réflexions qui ont été développées auprès des universités de Kyoto, à savoir celle de Nishida Kitaro, et les théories créationnistes les plus radicales, comme celle exprimée par Augustin d'Hippone. Encore, le concept de néant est souvent associé aux notions de nihilisme, de négation et de mort. Or, comme il jaillira dans cette partie, bien que l'identité entre ces notions ne soit pas affirmable, l'analyse du rapport qu'elles entretiennent avec le néant permettra de définir davantage le sujet et les paramètre de la recherche. En conclusion de cette première partie, on décrira la fonction dynamique du néant. Ce qui nous introduit à l'allure opérative de ce concept. En effet, pendant la marche de la rationalité occidentale, les philosophes n'ont su renoncer au concept de pour décrire le devenir, la possibilité ainsi que la liberté. Le néant commencera ainsi à acquérir de la consistance qui se fera plus vigoureuse dans la deuxième partie qui aura comme objet la réception que l'être humain a du néant et sa façon de l'exprimer. Cette partie nous conduira donc à toucher les domaines de la phénoménologie, de la logique ainsi que de la science du langage. En dernière instance, une analyse ontologique fera l'objet de la troisième partie qui visera à distinguer la polysémie du néant. A' partir de Kant, Hegel, jusqu'à J. Wahl, quelles formes ont été donné au néant ? Est-il possible d'en reconnaitre des autres qui puissent exprimer la consistance ontologique de ce concept fondamental de la métaphysique ?

  • Titre traduit

    The stone guest. About the ontological consistency of nothing.


  • Résumé

    And the philosopher, who loiters since always on the folds of the Universe metaphysics, dare finally dive his eyes deep in the large ring which borders the ontological sphere. Large valleys, charming and obscure, cover the surface of this diaphanous ring where no semantic Shore seems to stretch. Here, where the soil is transparent scrambles with the damaged, water is done glutinous ink which relies heavily on the bed of the stream of the fear. Distinguished, the peaks of the massifs to raise at the discretion of the desire of the impossible by capturing any ray of sunshine that hope its trajectory on the curved figures in three dimensions. As soon, any tone is absorbed by the echo of the impossibility which is frustration for the human soul. This last wishing to address the inconsistency inactuelle a concept, such that the nil, that western philosophy does not cease to outlaw to the thought and, yet, the determines. However, any powerful like the one discussed by Eden in his novel without end, the Nil seems to phagocytose any rationality which dares to move closer to him during the walk of western philosophy. Its shadow devours any meaning, reduces any path to an impasse, all words to a silence. And yet, this paroxysm of absence does not ceases to be registered in the pages of philosophy well before it begins to design as such, well before it is stated as being something more than a pure none. However, the vitreous prunelle of philosopher, not arriving to enter no space of rationality beyond the ontological sphere, Rabat Constantly the question méontologique on the bearing capacity on the round well truth of the BE and what is. The one that Parménide presented to the human marvel by aggregating the words in a harmonic effigy evoking the dance of the ballerinas between the mirrors of a music box. Their bodies runoff on the lines of the scope without that no figure of shadow silent in this table eurythmique can constitute in the eurythmie of this microcosm, the body runoff on the lines of the remaining scope blind to the silence of any figure of shadow. And yet, when the cover is flap on the perimeter of the gearbox, it remains that of silence. Between the subjects and their reflex, it remains an infinite space, which is beyond the limits of the measurability. It is as well that in the name of a reassuring order, the Nil has been thought as a derivation of the Be who does not deserve a point own analysis except if it contributes to a more elucidation of the deep positivity through the negativity. It is not the same for the be, in which the history of philosophy renders a dimension autonomous. And yet, if dike has presented to human intelligence two possible paths is that itself - Cerbère aléthétique - has had to leave wander his divine grace on the ground patibulaire The absence as well as on the horizon comforting to be. As complementary parts of a single truth and spherical, wanting to be inclusive of all, no metaphysical trail cannot be considered more worthy than the other. None of them can be neglected. Therefore, in pacing the aisle that the exegesis éléatique outlaws to the thought, the Nil can finally regain a semantic autonomy and operative as well as hatching as something more than the contradicteur of the Be. The sphere of the logos can thus find its completion. The nil introducing the man to the true field of transcendental. It will then be question, for the rationality which desire surveying this path, to define in a first moment how can we say that the nil is present in our rational structure. This will involve the description of the space which has been reserved for this concept in the field speculative contemporary. In effect, in the twentieth century, several philosophical tracks are calling for the seizure of this paroxysm of abstraction. This is testified first by the centralization of the Groundfrage which, while laying emphasis on the be, could not be defined as fundamental question of Metaphysics in absentia of the nil. Indeed, even the philosophies which, like that of Severino, tend to move aside the none do not arrive to formulate the question by holding that in the pure positivity of the Be. In this part, the Nil also appears as the line of separation between the east and the West. In effect, these two geographical hemispheres correspond two different ways, or even opposed, to understand this concept. Which already introduces the fundamental character and decisive. Tracks the more eloquent of this separation committed the reflections that have been developed at the Universities of Kyoto, namely that of Nishida Kitaro, and theories creationists the more radical, as that expressed by Augustine of Hippo. Yet, the concept of nil is often associated with notions of nihilism, of denial and death. However, as it will shoot in this part, although the identity between these concepts is not affirmable, the analysis of the report that they maintain with the Nil will further define the subject and the parameter of the search. In conclusion of this first part, we will describe the dynamic feature of the nil. This who introduces us to the operative pace of this concept. Indeed, during the walk from the western rationality, the philosophers did su abandon the concept of to describe the become, the possibility as well as the freedom. The Nil will begin as well to acquire the consistency that will become more vigorous in the second part which will be as an object the reception that the human being has of the nil and its way of expressing it. This part we will therefore lead to touch the areas of the phenomenology, of the logic as well as the science of language. In the last instance, a ontological analysis will be the subject of the third party who will aim to distinguish the polysemy of the nil. A' from Kant, Hegel, up to J. Wahl, what forms have been given to the nothingness? Is it possible to recognize the other who can express the ontological consistency of this fundamental concept of the metaphysics?