Les rythmes du soi. Temps et subjectivité. Nabert, Jankélévitch, Sartre

par Laure Barillas

Projet de thèse en Philosophie

Sous la direction de Frédéric Worms.

Thèses en préparation à Paris Sciences et Lettres , dans le cadre de Ecole transdisciplinaire Lettres - Sciences , en partenariat avec La République des Savoirs : Lettres, Sciences, Philosophie (laboratoire) et de Ecole normale supérieure (établissement de préparation de la thèse) depuis le 01-10-2014 .


  • Résumé

    Le problème commun à V. Jankélévitch, J. Nabert et J.-P. Sartre est la difficulté de concevoir une action et une liberté qui ne soient ni matériellement définie ni conceptuellement fixée mais qui se déploie dans un moment crucial. La tension qui peut seule donner lieu au choix libre est celle de la moralité et de la temporalité ; c'est en accordant ces deux principes, qui peuvent aussi bien s'incarner dans la tension entre situation et liberté sartriennes, que dans celle formulée par V. Jankélévitch entre l'instant et la vertu, ou dans celle décrite par J. Nabert entre la délivrance et l'affirmation, que l'acte libre peut se produire. Ces trois tensions, alternatives pratiques, sont formulées différemment au sein de chacune de leur pensée, mais elles sont la même réponse au problème central de l'éthique : comment la liberté est-elle possible ? C'est ce problème central qui unifie la pensée de ces trois auteurs autour d'une intuition rayonnante, celle de la nécessité de faire coïncider critères temporel et moral, que l'on voudrait mettre au jour.

  • Titre traduit

    The self's rhythms. Time and the making of the self. Nabert, Jankélévitch, Sartre


  • Résumé

    The way time informs moral decisions is a common feature of Jankélévitch's, Sartre's and Nabert's ethics. Although their answers to various ethics problems are vastly different, they all consist in a tension between time and morality. Where Jankélévitch insists on the relationship between instant and virtue, Sartre sets up the choice as the result of a tension between situation and freedom. This common problem and the different answers that these two philosophers offer echo in an unprecedented way the work of Jean Nabert. The choice to compare a very well known phenomenological and existentialist thought (as put forth by Sartre), a mildly disregarded Bergsonian and moral philosophy (Jankélévitch), and obscure reflexive ethics (Nabert) has been grounded in these philosophers' common intuition that the main problem any theory of action has to face is how to synchronize time and morality.