Un et un font un". Sartre et le mystère du Mal

par Eva Abouahi

Projet de thèse en Philosophie

Sous la direction de Marc Crépon et de Jean-françois Louette.

Thèses en préparation à Paris Sciences et Lettres , dans le cadre de École doctorale École transdisciplinaire Lettres/Sciences (Paris) , en partenariat avec La République des Savoirs : Lettres, Sciences, Philosophie (laboratoire) et de École normale supérieure (Paris ; 1985-....) (établissement de préparation de la thèse) depuis le 01-10-2015 .


  • Résumé

    En partant des "Séquestrés d'Altona", nous nous intéressons à une dimension de la pensée de Sartre qui apparaît de manière constante mais hétérogène dans ses textes : il s'agit du mystère du Mal. Quelle valeur tirer de cette approche qui va intégrer "mystère" et "mal", avec leurs connotations religieuses, à l'athéisme sartrien, et interroger les relations problématiques entre philosophie, théologie et littérature chez Sartre? Au moins celle-ci : montrer que le fond et les contours mystérieux du Mal (sombre terreau de la littérature mais aussi scandale permanent qui réenclenche indéfiniment le processus dialectique) sont une préoccupation et un nœud importants de l'œuvre de Sartre, et surtout des derniers textes qui confrontent l'Histoire, la littérature, la politique et la morale à la question de leur impossibilité...De là ces fins impossibles et une eschatologie refusée qu'il faudrait lire à partir du mystère originel et du rejet de toute forme de sotériologie évoqués par "Les Mots"? De là aussi la vanité de toute entreprise qui souhaiterait interroger le Mal en le débarrassant totalement du Péché comme de tout projet qui voudrait élaborer une "morale de la finitude" en pensant le Mal comme un absolu transcendant ? Dans cette « nuit obscure » que nous percevons tantôt comme une matière de l'œuvre (l'influence des textes chrétiens sur la pensée et les écritures sartriennes, notamment ceux de Saint Jean de la Croix et de Luther), tantôt comme un objet (les textes de Sartre sur le Mal, le Péché la Malédiction, les souffrances, etc.), il s'agira de révéler comment Sartre pense et écrit, se pense et s'écrit, avec et contre l'obscurité initiale, les symboles mystiques, les reliquats du luthéranisme, et le désir de traduire de manière signifiante les expressions de la passion qui stimulent et poussent l'exploration littéraire et la construction d'une morale dans leurs retranchements voire dans un cul-de-sac.

  • Titre traduit

    "One and one make one". Sartre and the mystery of Evil


  • Résumé

    Drawing on the play "The Condemned of Altona", we plan to focus on an important aspect of Sartre's thinking that appears in a constant yet heterogeneous way : the mystery of Evil. What value can we give to an approach that will incorporate the religious connotations of Mystery and Evil into sartrian atheism ? What relevant purpose can we see through questions about the conflictual links between philosophy, theology and literature ? One pertinent aim, at least : showing that the heart and the mysterious lines of Evil (the dark breeding-ground of literature and also a scandal that ceaselessly engages and reengages dialectics' mecanisms) are an important preoccupation and a decisive point in Sartre's texts – especially the last and posthumous ones. Why is Evil that essential ? Not only because of its affinities with Desire, but with the Impossible it carries and implies. History, literature, politics and ethics are affected and threatened by it and hence may sink into several fatal aporias. Thus, will we be confronted to impossible Ends, a future with no Apocalypse (neither Revelation, nor Salvation) when refering to Sartre's work of demystification ? Maybe this perspective implies the double vanity of, 1st, an Evil notion cleaned of Sin and, 2nd an «Ethics of finitude » built on the absolute and transcendent notion of Evil. By exploring sartrian explorations of Mystery and Evil, we'll approach that "Dark Night" from several angles. We'll see it, at times as a matter of Sartre's thought (notably with the influence of Saint John of the Cross and Luther), at times as an object of Sartre's writings (especially with the texts about Evil, Sin, Curse, Misfortune, etc.). From mystical symbols, Lutheran exegesis to Kantian thesis about Freedom, Morality and Finitude, this research project will shed a new light on the way Sartre drives his conceptions of Literature and Ethics, in particular, into a dead-en.