Gilles Deleuze et Michel Foucault face à l'économie politique : usages critiques d'un discours savant dans les années 1960-70

par Quentin Badaire

Projet de thèse en Philosophie

Sous la direction de Jean-Claude Monod et de André Orlean.

Thèses en préparation à Paris Sciences et Lettres , dans le cadre de École doctorale École transdisciplinaire Lettres/Sciences (Paris) , en partenariat avec PAYS GERMANIQUES (laboratoire) et de École normale supérieure (Paris ; 1985-....) (établissement de préparation de la thèse) depuis le 01-10-2015 .


  • Résumé

    Dans le cadre de cette thèse, nous nous proposons d'étudier les rapports largement méconnus, de la philosophie française des années 1960-1970 à l'économie politique, en partant de l'hypothèse que la domination d'un certain marxisme a en grande partie occulté la variété des usages critiques de ce discours savant par les philosophes de cette période. Dans cette optique, nous choisissons de nous focaliser sur deux auteurs : Gilles Deleuze et Michel Foucault, qui selon nous se démarquent en ce qu'ils ont réussi à puiser dans le discours de la science économique, de quoi élaborer des philosophies critiques du capitalisme tout à fait originales. De fait, on montre que, pour y parvenir, ces deux auteurs n'ont pas hésité à s'inspirer de théories (classiques, néoclassiques, postkeynésiennes, néolibérales) d'économistes orthodoxes (Adam Smith, David Ricardo, Stanley Jevons, Gary Becker etc.) et hétérodoxes (John Kenneth Galbraith, Suzanne de Brunhoff, Bernard Schmitt) peu discutées à l'époque. On en déduit que leurs philosophies respectives, proches sur de nombreux points, n'auraient probablement pas pris la forme qu'elles ont prises si ces deux penseurs n'avaient pas pratiqué de tels usages novateurs de l'économie politique. Finalement, on souligne l'actualité de leur pensée dans la mesure où les problèmes soulevés par ces deux philosophes, lors des années 60-70, concernant le rôle de la monnaie, les effets de la dette, la nature du capitalisme, ou les relations entre Etats et marché, se posent encore aujourd'hui à nous, avec plus d'acuité que jamais.

  • Titre traduit

    Gilles Deleuze and Michel Foucault vis-a-vis political economy: two examples of critical uses of a scholarly discourse in the 1960s and 1970s


  • Résumé

    In this thesis, we propose to study the largely unknown relationships between French philosophy of the 60s and 70s and political economy, starting from the assumption that the domination of Marxism has, to a great extent, overshadowed the variety of critical uses of this scholarly discourse by the philosophers of the time. With this aim in mind, we choose to focus on two authors Michel Foucault and Gilles who clearly stand out in the sense that they have succeeded in drawing upon the discourse of economics to build novel philosophies, critical of capitalism. Indeed, we show that, in order to reach this goal, the two authors have not hesitated to find inspiration in the theories of other orthodox (Adam Smith, David Ricardo, Stanley Jevons, John Maynard Keynes, Gary Becker etc.) and heterodox economists (John Kenneth Galbraith, Suzanne de Brunhoff, Bernard Schmitt) mostly ignored at the time. From this, we conclude that their respective philosophies, which do have a lot in common, would probably not have been be the same, if these two thinkers had not used economic knowledge in such unexpected ways. Finally, we underscore the topicality of their thought, given that the issues raised by the two philosophers, in the 60s and the 70s, concerning the role of the money, the effects of debt, the nature of capitalism, and the State-market relations, are still the ones we face today, more acutely than ever.