Structures spatiales du sans-abrisme. L'appel à compétence des architectes dans les travaux de centres d'hébergement institutionnels et contemporains en Île-de-France

par Clara Piolatto

Projet de thèse en Architecture et Ville

Sous la direction de Yankel Fijalkow.

Thèses en préparation à Paris 10 , dans le cadre de Ecole doctorale Milieux, cultures et sociétés du passé et du présent (Nanterre) , en partenariat avec Pascale Pichon (Centre Max Weber) (Co-direction) , LAVUE umr 7218 (laboratoire) et de Centre de Recherche sur l'Habitat (ENSA Paris-Val de Seine) (equipe de recherche) depuis le 13-10-2016 .


  • Résumé

    L’hébergement s’intègre dans un territoire et s’inscrit dans un réseau. C’est un lieu habité duquel découle et qui induit un certain type d’accueil, d’hospitalité. La thèse interroge les conséquences de la qualité du bâti sur la réinsertion sociale des personnes sans-abri. Les associations et bailleurs sociaux misent sur l’innovation architecturale afin de valoriser leur patrimoine et ceux qu’ils hébergent. La thèse se concentre donc sur les relations qui s’établissent entre bâtiments performants et urgence sociale. Comment l’appel à compétence de l’architecte influence-t-il la prise en charge et la réinsertion des personnes sans-abri ? La thèse traitera non seulement de Centres d’Hébergement d’Urgence mais également de logements en diffus destinés à accueillir le même public. La question de l’hébergement d’urgence, notamment dans son implantation urbaine et de son efficacité en termes d’inclusion sociale, repose sur des principes de ségrégation urbaine, à étudier tant dans des démarches de gentrification que de stratégie des classes dominantes et d’exclusion sociale, révélées par Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot. L’espace, corollaire à la politique, dépend des engagements citoyens et de ce fait, d’une réflexion sur la manière d’exercer notre modèle politique. Puisque gouvernance et espace s’influencent mutuellement, il s’agit de lier, dans cette thèse, les distributions administratives et les transferts de responsabilité des institutions aux structures spatiales qui en découlent. L’esthétique de l’action politique est étudiée à travers l’architecture des dispositifs à destination des personnes sans-abri. La « structure spatiale », notion développée par Martina Löw dans son ouvrage Sociologie de l’espace, est une piste pour cette recherche. La sociologue allemande définit l’espace comme : « une (dis) position de corps pris dans un mouvement constant par suite duquel leur (dis) position se transforme en permanence. Ainsi les espaces comportent aussi bien une dimension d’ordre qui renvoie aux structures sociales qu’une dimension de l’agir, à savoir le processus de leur organisation ». Il s’agit alors d’envisager non seulement la matérialisation architecturale mais aussi les usages concrets que font les acteurs d’un espace qu’ils contribuent à créer, qu’ils s’approprient et qu’ils transforment en permanence. La thèse prend en compte les temporalités de vie de la structure, étudiées sur un temps long avec les méthodes de l’ethnographe et les outils de représentation et d’analyse de l’architecte. Représenter un même hébergement au fil des passages peut permettre de comprendre comment les hébergés s’approprient les lieux et quelles sont les priorités spatiales en fonction de leurs objectifs. Les relations des architectes et des responsables de structure avec les structures sont soulignées. De plus, la consultation d’ouvrages de référence s’allie à une documentation de presse et de rapports techniques.


  • Pas de résumé disponible.