L'ethnologie et la visée éthique de la traduction. De Lévi-Strauss à Glissant

par Alenka Ambroz

Projet de thèse en Philosophie

Sous la direction de Marc Crépon.

Thèses en préparation à Paris Sciences et Lettres , dans le cadre de École doctorale École transdisciplinaire Lettres/Sciences (Paris) , en partenariat avec PAYS GERMANIQUES (laboratoire) et de École normale supérieure (Paris ; 1985-....) (établissement de préparation de la thèse) depuis le 01-09-2016 .


  • Résumé

    Aujourd'hui il y a environ sept mille langues parlées au monde, parmi lesquelles quatre-vingt seize pour cent sont parlées par quatre pour cent de la population mondiale : la plupart des langues ne sont donc parlées que par un petit groupe de quelques milliers de personnes . Cette diversité est de nos jours largement valorisée, toutes les langues sont considérées comme égales en valeur. Or, chacune parmi ces langues implique un mode de pensée, une vision propre du monde. Chaque énoncé sur la condition humaine, prétendant à une validité universelle, devrait donc nécessairement passer l'épreuve de la pluralité des points de vue qu'implique la diversité linguistique. Cette condition, impossible à remplir, peut seulement être visée par un travail incessant d'interactions et de dialogue entre les différents systèmes de pensée, que nous définirons dans ce projet comme un travail de traduction. Ce travail n'implique pas seulement une transcription de message venu d'ailleurs dans notre système de signes, mais une attention particulière à ce que dit vraiment l'autre, à son point de vue, ce que Berman appelle la « visée éthique de la traduction » . La discipline qui s'est, au cours de son histoire, peut-être le plus consacrée à cette tâche est l'ethnologie, qui a pour objet même l'altérité, les différentes manières d'être humain . Il semble donc pertinent de se tourner vers cette discipline pour tenter d'esquisser une théorie de traduction éthique, qui se doit être en même temps interlinguistique et interculturelle. À travers une analyse rigoureuse des travaux de Lévi-Strauss (La pensée sauvage, 1962), Pierre Clastres (Le grand parler, 1974) et Édouard Glissant (Le discours antillais, 1981) nous voudrions réfléchir sur la question : peut-on, à travers les connaissances et le savoir-faire développés au sein de la pensée ethnologique, esquisser les conditions d'une traduction non-dominante, non-ethnocentrique entre différents systèmes de pensée ?

  • Titre traduit

    Ethnology and the Ethical Aim of Translation. From Lévi-Strauss to Glissant


  • Résumé

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