Giordano Bruno précurseur de Spinoza : identités et différences dans deux philosophies de l’unité de l’être

par Jérôme Peigne

Projet de thèse en Philosophie

Sous la direction de Joël Biard.

Thèses en préparation à Tours , dans le cadre de Ecole doctorale Sciences de l'Homme et de la Société (Tours) depuis le 10-11-2016 .


  • Résumé

    A côté d'une convergence biographique évidente (excommunication, exil, persécution, interdiction d'ouvrages…), qui a largement contribué à entretenir leur réputation sulfureuse, Giordano Bruno et Baruch Spinoza partagent une indéniable homogénéité philosophique. S'il est impossible d'établir une filiation textuelle ou philologique entre les deux auteurs, il n'en demeure pas moins que leur pensée présente de nombreuses affinités. De John Toland, auquel on attribue généralement la paternité de la notion de panthéisme, à Jacobi, l'un des principaux protagonistes de la querelle du panthéisme (Pantheismusstreit), le rapprochement conceptuel des deux philosophes a régulièrement été soutenu en histoire de la philosophie. Certes, sur le plan formel, tout semble opposer les deux penseurs, l'exposé more geometrico du rédacteur de l'Ethique n'ayant plus grand chose à voir avec le style foisonnant et allégorique du Nolain, digne héritier des poètes latins. Pour autant, sur le fond, la nouvelle philosophie (nova filosofia) élaborée par Bruno peut être regardée comme un "pré-spinozisme". Reposant sur des fondements métaphysiques, sinon identiques du moins similaires (théorie de l'unité de l'être et principe d'immanence), ces deux philosophies monistes impliquent aussi des problématiques communes. Or, il n'existe actuellement aucune étude ayant procédé à leur analyse systématique et comparée. L'objet de la thèse vise ainsi à établir une telle comparaison, en faisant ressortir les points de convergence et les éléments de divergence entre ces deux systèmes philosophiques qui abolissent le principe d'une transcendance divine. On s'attachera, au préalable, à démontrer que la pensée de Bruno, telle qu'elle résulte principalement de ses dialogues italiens, doit être considérée comme un véritable système qui conduit à un panthéisme formel (panenthéisme), à l'instar de celui de Spinoza. Après avoir analysé les fondations ontologiques de ces deux systèmes, on abordera deux questions qui apparaissent cruciales dans des philosophies excluant toute transcendance : la question de Dieu et la question de l'âme. On terminera par un examen des conséquences anthropologiques de la divinisation et de l'infinitisation de la nature, en s’attardant plus particulièrement sur le problème de la liberté humaine.


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