La géohistoire des paysages : de la caractérisation des trajectoires à la modélisation prospective. Le cas de la presqu’île de Libreville.

par Cedric MPIE SIMBA

Projet de thèse en Géographie

Sous la direction de Jean-Louis Yengue.

Thèses en préparation à Tours , dans le cadre de Ecole doctorale Sciences de l'Homme et de la Société (Tours) depuis le 03-01-2017 .


  • Résumé

    Particulièrement depuis le début du 20e siècle, les actions humaines perturbent l’ensemble des écosystèmes de la terre. Cette influence se fait par l’exploitation des ressources naturelles et l’occupation des espaces (agriculture, urbanisation (croissance démographique et extension urbaine), exploitation du bois, etc.) avec pour conséquence, une modification profonde des paysages. La multiplication des conférences, depuis Rio 1992 à la COP22 en 2016, découle d’une prise de conscience à l’échelle mondiale des effets induits par les dynamiques spatiotemporelles de l’anthropisation des territoires sur les systèmes écologiques. Les modifications produites sur les structures paysagères entrainent entre autres, la dégradation forestière, la déforestation, la fragmentation, la diminution de la disponibilité des ressources et services écosystémiques, les perturbations climatiques locales qui, à leur tour participe au changement global (Corgne 2004) ;( Olouki 2013). Ainsi, les perturbations spatiotemporelles liées aux changements de l’occupation du sol, plus spécifiquement ceux des milieux naturels, sont des indicateurs qui permettent d’évaluer ou de diagnostiquer la santé des écosystèmes (Awa. p, Oouba 2013). Au regard de ce qui précède, l’aménagement durable des territoires est aujourd’hui une nécessité au moment où la question de l’équilibre environnemental est au centre des préoccupations internationales. Au Gabon, les risques de dégradations des écosystèmes par les facteurs anthropiques augmentent, en lien notamment avec la croissance urbaine, l’occupation irrégulière et illégale des espaces, le changement et/ou les variations climatiques locales, la prolifération des organismes nuisibles et l’évolution des modes de production et d’occupation du sol. Face à ces risques, l’action publique est souvent indispensable. Mais, dans le domaine, l’absence de l’État ou le désengagement de l’action publique sur la question de l’occupation des espaces, met à mal l’opérationnalisation des politiques de préservation de l’environnement en vigueur notamment en zone urbaine et périurbaine, car, ces changements ne sont pas sans conséquences paysagères et écologiques. Bien que des politiques publiques soient de plus en plus souvent mises en œuvre pour interpeler ou pour lutter contre la dégradation forestière, elles éprouvent de grandes difficultés à maitriser les dynamiques de changement. En effet, ces changements sont en partie dus à des mécanismes socioéconomiques qui ne se préoccupent pas de paysage. Divers enjeux de développement entrainent inévitablement des pressions humaines accrues sur les écosystèmes naturels qui subissent des modifications importantes, notamment au niveau des zones où se développent des fronts pionniers avec diverses activités humaines perturbatrices (Cédric M .Simba, mémoire de master 2015). Ainsi, les pressions anthropiques et les modifications en cours dans cette zone représentent de réelles menaces de dégradation de ses écosystèmes fragiles et vulnérables. Quelques études ont été réalisées sur les impacts environnementaux liés aux activités humaines au Gabon, notamment à Libreville. Mais ces études se limitent à de simples mises en évidence des dégradations et des mécanismes de causes à effets, et n’envisagent la prospective (le devenir possible du territoire) que sous la forme d’une perspective littéraire, qui insiste beaucoup plus sur la dimension qualitative de l’environnement. Les dimensions spatiale et quantitative des changements environnementaux ne sont pas souvent prises en compte dans l’analyse prospective du territoire. Face à cette carence, cette thèse s’inscrit clairement dans le cadre d’une recherche-action. Elle proposera, à la lumière des trajectoires passées, des scénarios d’évolutions des paysages en fonction des indicateurs (critères) sociaux et environnementaux, en utilisant la modélisation multi-agents (et voir même les automates cellulaires). La compréhension des phénomènes spatialisés en environnement nécessite d’appliquer ou de développer des modèles spatiaux d’analyse robustes qui prennent en compte la complexité des phénomènes étudiés. L’anticipation des dégradations pouvant affecter les paysages représente aujourd’hui un enjeu majeur pour leur préservation. La simulation de leur évolution est alors un moyen de mieux comprendre les interactions entre une société et son milieu. Cette thèse a pour objectif principal l’analyse rétroactive et prospective des transformations des écosystèmes naturels et aménagés du grand Libreville et de développer une méthodologie de suivi des processus qui sous-tendent les dynamiques paysagères, au moyen d’images de télédétection et de la modélisation multi-agents afin d’évaluer le risque de dégradation des écosystèmes. Cette méthode se propose d’expliquer le fonctionnement des territoires comme résultant des multiples interactions entre les éléments environnementaux et sociaux imbriqués, possédant leur propre dynamique et dont l’évolution est souvent imprévisible. Elle apportera des éléments de réflexion intéressants quant aux devenirs possibles du territoire (la presqu’île de Libreville) en termes de paysage, d’occupation des sols, d’activité et de biodiversité.


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