Ambiguités des codes génétiques dans le théâtre Shakespearien (1591-1612) : causes et effets.

par Sophie Lefebvre

Projet de thèse en Lettres et Arts

Sous la direction de Richard Hillman.

Thèses en préparation à Tours , dans le cadre de Ecole doctorale Sciences de l'Homme et de la Société (Tours) depuis le 24-11-2016 .


  • Résumé

    C’est un fait bien connu qu'il existe des ambiguïtés génériques dans le théâtre élisabéthain, à cause, d’une part, d’un manque de définitions explicites et, d’autre part, des codes assez flous et fluides partagés par spectateurs et dramaturges. Notre thèse vise plutôt à explorer un phénomène annexe peu étudié, voire jamais de façon globale, à savoir l’exploitation soutenue par Shakespeare de telles ambiguités, et de l’ambiguité même, dans plusieurs pièces pour produire des effets dramatiques ou des interprétations contestées. Pour prendre deux exemples simples, il existe dans sa comédie A Midsummer Night’s Dream des éléments rappellant avec insistence un potentiel tragique, alors que Romeo and Juliet, tragédie par excellence, déploie un arrière-plan codé comique. Notre point de départ sera le catalogue du premier in-Folio (posthume, 1623) des pièces de Shakespeare. Ce catalogue se divise en trois catégories : les comédies, les pièces historiques et les tragédies. Cependant, il révèle les limites de sa propre classification, donc la difficulté éprouvée par les éditeurs du recueil. Par exemple, la tragi-comédie n'en fait pas partie, alors que certaines pièces classées autrement sembleraient y appartenir. D’ailleurs, certains choix (tel que « tragédie » pour Cymbeline) semblent arbitraires, alors que des pièces soulevant des problèmes de genre sont omises du volume (pour des raisons inconnues). En revanche, Troilus and Cressida, notamment problématique de ce point de vue, est inclus dans le volume mais ne figure pas dans le catalogue. Finalement, le classement de deux pièces (Richard II and King Lear) est différent de celui indiqué dans les versions in-Quarto des mêmes textes. Tout en tenant compte des écrits contemporains sur le genre, ainsi que de la critique jusqu’à nos jours, nous nous proposons de suivre la piste de ce catalogue en porte-à-faux avec son contenu à travers une gamme de pièces mettant en relief l’enjeu du genre comme un objet de jeu et un moyen de signification. Notre corpus sera organisé de façon chronologique afin de retracer l’évolution de ce phénomène au cours de la carrière du dramaturge (de 1591 à 1612 environ) et comprendra les pièces suivantes : A Midsummer Night's Dream, Romeo and Juliet, Love’s Labour’s Lost, Henry IV (2 parties), Troilus et Cressida, King Lear, Pericles, The Winter’s Tale, The Tempestz, The Two Noble Kinsmen.


  • Pas de résumé disponible.