Construction dynastique par les élections : cas de présidentielles de 2006 et de 2011 en R.D.C

par Théophile, Nésiba Funga

Projet de thèse en Sociologie


Sous la direction de Rémy Bazenguissa et de François Palama Bongo Nzinga.

Thèses en préparation à Paris, EHESS en cotutelle avec l'Université de Kinshasa , dans le cadre de École doctorale de l'École des hautes études en sciences sociales depuis le 09-02-2017 .


  • Résumé

    Le thème des élections en Afrique est souvent abordé sous l'angle des violences. De ce fait, la plupart des études en restent à une approche normative où les élections sont perçues seulement à l'aune de la paix et la violence en représente une version pervertie. Or, ce projet comporte deux originalités. D'une part, sa vocation typologique et comparative dans la mesure où elle permet de reconstruire une configuration précise, la dynastie, produite par les élections en Afrique. Ce travail ouvre ainsi une nouvelle perspective en attirant l'attention sur l'ordre de la parenté dans la reconstruction du politique. D'autre part, alors que les études articulent souvent leur approche sur le présent, ce travail propose d'éclairer ce régime du temps par le passé en reconstruisant les intrigues historiques permettant de comprendre les dynamiques dynastiques. Transposée sur notre terrain de recherche, grâce à l’approche quantitative, la question de la néo-patrimonialisation du pouvoir en RDC par le dispositif des élections, a permis de valider la réalité redoutée : l’existence des dynasties constituées et bien d’autres en constitution. Bien plus, la reproduction systémique de ces dynasties ne dépend pas de la volonté des acteurs, bien que ceux-ci, par leurs actions y contribuent, mais surtout c’est le fait que c’est le principe de l’articulation entre d’une part les dynamiques internes de la classe politique depuis 1960 et d’autre part les dynamiques mondiales de la « communauté internationale, qui s’impose comme seul mode de légitimité politique. Ainsi vidé de sa substance comme le démontrent les résultats des deux cycles électoraux de 2006 et de 2011 analysés, le vote issu des élections dites multipartites et qui impose au cœur des dispositifs du pouvoir en RDC les héritiers biologiques, est perçu bien plus comme une mutation de néo patrimonialisme qu’un simple processus du concept.

  • Titre traduit

    Dynastic construction by elections : the 2006 and 2011 presidential elections in the Democratic Republic of Congo


  • Résumé

    The theme of elections in Africa is often approached from the angle of violence. As a result, most studies stick to a normative approach where elections are seen only in terms of peace and violence represents a perverted version. However, this project has two original features. On the one hand, its typological and comparative vocation insofar as it makes it possible to reconstruct a precise configuration, the dynasty produced by elections in Africa. This work thus opens up a new perspective by drawing attention to the order of kinship in the reconstruction of the political. On the other hand, while studies often articulate their approach on the present, this work proposes to shed light on this regime of time in the past by reconstructing the historical intrigues making it possible to understand the dynastic dynamics. Transposed to our field of research, thanks to the quantitative approach, the question of the neo-patrimonialization of power in the DRC by the system of elections, made it possible to validate the dreaded reality: the existence of constituted dynasties and many others in constitution. Even more, the systemic reproduction of these dynasties does not depend on the will of the actors, although they, by their actions contribute to it, but above all it is the fact that it is the principle of the articulation between on the one hand the internal dynamics of the political class since 1960 and on the other hand the global dynamics of the “international community, which is essential as the only mode of political legitimacy. Thus emptied of its substance as demonstrated by the results of the two electoral cycles of 2006 and 2011 analyzed, the vote resulting from the so-called multiparty elections and which imposes biological heirs at the heart of power systems in the DRC, is perceived much more as a mutation of neo-patrimonialism than a simple process of the concept.