Fantasmagories féminines du surréalisme britannique (Ithell Colquhoun et Leonora Carrington)

par Tifaine Bachet

Projet de thèse en Langue Vivante d'Anglais

Sous la direction de Didier Girard.

Thèses en préparation à Tours , dans le cadre de Ecole doctorale Sciences de l'Homme et de la Société (Tours) depuis le 03-11-2016 .


  • Résumé

    Herbert Read et d’autres membres du groupe surréaliste britannique ont eu la volonté dès 1936 d’ancrer le surréalisme dans le paysage littéraire britannique, et ont présenté les productions de ce mouvement comme découlant naturellement des canons de la littérature britannique. Nous souhaitons à la fois étendre et remettre en question cette approche en incluant des artistes féminines britanniques ainsi qu’en nous appuyant sur le moins canonique roman gothique qu’André Breton définit comme seul genre romanesque acceptable par le mouvement. Dans le premier Manifeste du Surréalisme, Breton dévalorise l’activité littéraire et rejette plus particulièrement le roman avant de citer comme modèles plusieurs auteurs britanniques masculins et féminins, représentant des branches du « male » et du « female gothic ». Nous en venons à nous interroger quant au statut des romans publiés par les écrivaines surréalistes britanniques—notamment ceux d’Ithell Colquhoun et de Leonora Carrington. Pouvons-nous parler de descendance naturelle vis-à-vis de la tradition gothique dont elles sont les héritières supposées ou, au contraire, de rupture ? La prose narrative surréaliste de ces artistes féminines britanniques est-elle une réinvention du gothique ? Au-delà de l’analyse du gothique comme simple outil au sein du répertoire de thèmes et de techniques utilisés par les surréalistes, notre questionnement porte sur les procédés de transformations mis en œuvre. La bestialité, qui met en exergue mélanges et hybridations –des espèces comme des genres—, constitue l’un de nos angles d’étude. Nous voulons déterminer la fonction spécifique remplie par la bestialité dans la démarche (re)créatrice et subversive de ces surréalistes. Dans un autre pan de la recherche, nous envisageons le roman surréaliste comme objet d’expérimentation et artefact magique aux mains des artistes : nous nous interrogeons sur les nouvelles directions narratives, littéraires et artistiques que prend le genre romanesque sous leur impulsion. Il s’agit de mettre à jour leur bricolage surréaliste, en se demandant si ce dernier permet d’élever la position marginale de sous-genre qu’occupe le gothique.


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