La sanction dans le droit canonique de l'Empire romain d'Orient : les lettres canoniques de Basile de Césarée

par Martin Le Roy

Projet de thèse en Histoire du droit et des institutions

Sous la direction de Aram Mardirossian.

Thèses en préparation à Paris 10 , dans le cadre de École Doctorale Droit et Science Politique (Nanterre) depuis le 07-12-2016 .


  • Résumé

    Basile de Césarée (évêque de 370 à 379), à l’image d’autres Pères de l’Eglise, œuvre à établir l'ordre au sein de son évêché de Cappadoce. Reconnu pour ses différentes homélies, ses règles monastiques et ses actes envers les plus démunis, Basile le Grand va intéresser les canonistes en sa qualité de législateur du christianisme oriental. Entre 374 et 375, le Père cappadocien établit une liste de canons par le biais d’une correspondance épistolaire, à la manière d’un rescrit, à l’évêque Amphiloque d’Iconium. Ses lettres canoniques ont pour fonction d’exposer, de clarifier, voire, lorsque ceci est nécessaire, de formaliser les normes issues de la tradition ecclésiastique. Le Père cappadocien, rédige un texte juridique répondant aux exigences attendues de celui qui édicte une règle normative. Il transparait de ses textes une réelle volonté d’agir comme un législateur de l’Eglise. Ainsi l’évêque de Césarée confirme et fixe une pratique ecclésiastique ancienne. Il clarifie une situation pouvant être ambiguë. Et, lorsque cela est nécessaire, il présente une nouvelle approche réglementaire en accord avec la tradition et le respect du dogme. L’évêque assied sa position de législateur, en cohérence avec le système monarchique de l’Eglise du IVe siècle. Deux siècles plus tard, Jean III le Scholastique, d’abord juriste à Antioche puis patriarche de Constantinople de 565 à 577, introduit pour la première fois les lettres de Basile de Césarée dans son recueil, collectio L titulorum. Les canons de l’évêque cappadocien sont les premiers écrits des Pères de l’Eglise à entrer officiellement dans une collection grecque canonique. Ceci peut s’expliquer par l’autorité de Basile de Césarée au sein du monde hellénistique, mais aussi par la qualité juridique de ses écrits. Notre thèse vise, d’une part, à étudier l’aspect juridique émanant de cette source en nous intéressant spécifiquement à la conception de la sanction proposé par le corpus basilien. L’évêque préconise d’établir une sanction graduelle, permettant une réintégration progressive du pécheur pénitent au sein de la communauté. Cette réflexion sur la sanction chrétienne est intéressante en ce qu’elle intervient au IVe siècle, période où l’encadrement de la pénitence n’est pas ou peu établi par la norme chrétienne. D’autre part, nos recherches visent à déterminer comment est reçu ce corpus devenu juridique au sein du droit canonique byzantin par le biais de la collectio de Jean le Scholastique.


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