Histoire et étude prospective des politiques linguistiques liées à la langue et à la culture française en Bosnie-Herzégovine

par Alisa Hadzajlic

Projet de thèse en Langues et littératures française

Sous la direction de André Magord et de Sanja Boskovic.

Thèses en préparation à Poitiers , dans le cadre de École doctorale Humanités (Poitiers) depuis le 14-11-2016 .


  • Résumé

    Les relations entretenues par la Bosnie-Herzégovine avec la France, ainsi qu’avec la langue et la culture françaises, ont écrit et continuent d’écrire un volet spécifique de l’histoire de la francophonie et de la francophilie en Europe. L’objectif de cette thèse sera dans un premier temps de reconstituer la trame de ces relations peu connues dans les contextes historique, culturel, diplomatique, intellectuel et économique. La partie principale du travail de recherche portera sur la période récente, depuis la « chute du rideau de fer » et la guerre de Yougoslavie. Une attention particulière sera donnée aux raisons du déclin de la présence culturelle, linguistique et éducative du français durant cette période. (Le français ne serait plus appris que par 2,45% des élèves contre 63% pour l’anglais et 31% pour l’allemand. (Soulet, 2012: 11)). Les enjeux stratégiques en cours, dans le cadre d’une re-configurationgéo-politique mondiale et de la construction européenne seront mis en lumière en parallèle d’un travail sur le terrain au plus près des intérêts des personnes potentiellement concernées. L’élaboration de réponses aux questions de recherche suivantes fera par conséquent l’objet d’une analyse théorique d’ordre macroscopique en parallèle d’études de proximité auprès des acteurs de terrain : Approche géo-politique : - quelles sont les éléments dynamiques de la présence de langue et de la culture française en Boznie-Herzégovine ? (Etude spécifique de l’histoire et du rôle de l’Institut français de Sarajevo). - Quels sont les facteurs qui expliquent le développement d’autres influences culturelles et linguistiques notamment en provenance d’Allemagne, d’Autriche, de Turquie ? - Quelle est la position de la France dans les relations franco-bosniennes, que ce soit en lien avec la francophonie ou avec la construction européenne ? Approche culturelle et juridique - Quelles dynamiques la Bosnie-Herzégovine pourrait-elle s’approprier dans le cadre des politiques linguistiques européennes et de la place du français en tant que langue officielle au sein des structures européennes? Dans le cadre de l’Organisation Internationale pour la francophonie ? Approche socio-linguistique et éducative : - quelles sont les perceptions et les motivations des personnes potentiellement intéressées par la langue et la culture française dans un contexte de globalisation où l’américanisation et la turquisation prennent une place grandissante ? Cette recherche inédite sera menée selon des approches complémentaires qualitative : (entretiens longs avec des personnes représentatives et personnes sources, entre autres ambassadeurs français et bosniens actuellement ou anciennement en poste sur le thème des relations bilatérales entre la France et la Bosnie-Herzégovine ; et quantitative : (des questionnaires seront prévus à cet effet. L'échantillon de l'enquête par sondage sera composé d’individus de tranches d'âge différentes : 20-30 lycéens et autant de personnes plus âgées, tous habitants les villes de Sarajevo, Mostar, Tuzla et Banja Luka. Un certain nombre de questions concernera leur relation à langue et culture françaises au travers des livres, de la musique, du cinéma, des expositions, du théâtre, mais aussi leur relation aux langues auxquelles ils sont le plus exposés. Cette enquête aura cela de particulier qu’elle inclura des entretiens avec des cadres des Instituts français, écoles publiques et universités des villes citées. Grâce à des réponses sur une échelle de 1-9, nous construirons des schémas pour présenter visuellement les résultats statistiques de ladite recherche. En accord avec la problématique de la recherche, les questionnaires des entretiens qui seront préalablement préparés ne seront pas les mêmes pour les étudiants et les cadres mentionnés plus haut. À l’issue du sondage, une comparaison des réponses entre les villes sera proposée. Toutes ces questions sont importantes pour la Bosnie-Herzégovine qui avance à grands pas en direction de l’Union européenne, la politique linguistique de cette dernière encourageant le multilinguisme avec pour objectif une situation dans laquelle chaque citoyen européen maîtriserait au moins deux langues étrangères en plus de sa langue maternelle (Beacco et Cherkaoui, 2010: 99). Dans une dernière partie, nous tenterons de déterminer quelles stratégies en terme de politique linguistique et aussi culturelle pourraient le mieux permettre de redévelopper la présence et l’enseignement du français en Bosnie-Herzégovine. Une attention particulière sera donnée à l’innovation pédagogique que ce soit pour la sensibilisation des élèves à l’apprentissage du français où pour la formation des futurs enseignants de français. Positionnement de la problématique dans la littérature Cette dissertation doctorale utilisera des documents pertinents liés à la politique linguistique, la langue française et sa culture, les contenus culturels français (rubriques culturelles des quotidiens de Bosnie-Herzégovine, expositions, concerts, films) en Bosnie-Herzégovine, mais également des données sociodémographiques issues d’enquêtes(sexe, année de naissance, lieu de domiciliation, parcours éducatif et profession), des analyses (l'annonce des événements culturels), et tout cela sur la période 2016-2019. Cette dissertation reposera initialement sur la littérature préliminaire qui n’est pas exhaustive et qui s’élargira progressivement. Celle grâce à laquelle cette recherche débutera est basée sur les faits : historiques des liens franco-bosniens (Ekmečić, 1994, 1998; Šamić, 1960, 1962, 1971, 1982; De Clerval, 1999; Tulard, 2006), linguistiques et culturels (Alarcón Hernández 2005 ; Allières, 1982 ; Arnaud, Guillou et Salon, 2002 ; Baggioni, 1997 ; Bourdieu, 1982 ; Balibar et Laporte, 1974 ; Barlow et Nadeau, 2007 ; Calvet, 1999, 2002, 2005 ; Caput 1972 ; Cassen, 2008 ; Chaurand, 1969 ; De Saint-Robert, 2000 ; Dieckhoff, 2000 ; Duché, 1985 ; El Tibi, 2001 ; Éloy, 2003 ; Encrevé, 2005 ; Fenet, 2002 ; Fishman, 1978 ; Grau, 1981, 1992 ; Hagège, 1993, 1996, 2000, 2005 ; Laulan, 2008 ; Labrie, 1993 ; Le Bris, 2007 ; Lecherbonnier, 2005 ; Leclerc, 1992, 1994 ; Manga, 1989 ; Montenay, 2005 ; Okuka, 1983 ; Osipov, 2009 ; Poissonnier, 2006 ; Rey, Siouffi et Duval, 2007 ; Rioult, 2009 ; Rouquette, 1987 ; Siguan, 1996 ; Stelio,‎ 1993,‎ 1999 ; Vuković, 2000 ; Walter, 2001 ; Wright, 2010 ; Zarate, 2010), méthodologiques (Cocking et Cuba, 2004 ; Kukić et Markić 2006 ; Šamić, 2003). Les revues concernant langue française, politiques linguistiques, scolaires et identités européennes et la Francophonie : (Bakić, 2013 ; Beacco, 2010/3, 2004/1, 2004/2 ; Bourdereau, 2006 ; Boutan, 2002 ; Chaudenson, 2007 ; Favre, 2001 ; Harguindéguy, 2009, 2012 ; Haudenson, 2007 ; Le français dans le monde, 2001; Lovy-Laszlo, 2007 ; Temim, 2006 ; Pouspin, 2008 ; Robyns, 1995, 2007 ; Soulet, 2012). Faisabilité de la thèse et échéancier réaliste de travail (tenant compte de la situation de la doctorante) La bourse du gouvernement français attribuée pour cette recherche étant pour une période de trois ans, il sera nécessaire de bien répartir les tâches sur cette durée. Idéalement, la première année sera consacrée à la lecture de la littérature ainsi qu’à la recherche additionnelle des sources pour la thèse. Une attention particulière sera accordée à la méthodologie qui s’appuiera sur une littérature pertinente. Par ailleurs, il faudra s’assurer qu’un sujet similaire n’a pas déjà fait l’objet d’une recherche, bien que la candidate de cette thèse ait déjà conclu que ce n’était pas le cas après avoir interrogé d’autres universitaires travaillant sur d’autres domaines de recherche. Notre objectif pour la deuxième année sera d’aller sur le terrain pour procéder à l’enquête sociodémographique auprès des personnes décrites précédemment, mais aussi afin de voir à quel point la présence d’événements culturels en lien avec la francophonie est marquée. Enfin, la troisième année consistera en l’unification du travail effectué au cours des deux premières années et ce, afin de produire un ensemble cohérent qui sera la pierre d’achoppement d’une soutenance de qualité.


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