Sociologie de la dignité

par Laetitia LacÔTe

Projet de thèse en Sociologie

Sous la direction de Denis Fleurdorge.

Thèses en préparation à Montpellier 3 , dans le cadre de Territoires, Temps, Sociétés et Développement , en partenariat avec LERSEM - Laboratoire d'études et de recherches en sociologie et en ethnologie de Montpellier (laboratoire) depuis le 01-09-2016 .


  • Résumé

    Ce projet de thèse a pour objet la notion de dignité. Ce terme polysémique, en tant que fruit d'un processus de rationalisation axiologique couplé à une lente sédimentation des significations qui lui sont liées, a finit par infiltrer le langage du philosophe tout autant que celui de l'homme commun. L'on peut dire également que l'obsolescence du concept d'honneur au profit du principe de dignité correspond au changement de régime politique que représente le passage de l'aristocratie a celui de la démocratie. Saturant l'espace social de sa présence vide et solennelle à la fois, cette proposition indémontrable est néanmoins reconnue et défendue. Bien qu'admise de tous, elle n'est pas comprise de la même manière selon que son contexte d'usage soit institutionnel ou individuel, qu'il soit compris comme objectif ou subjectif. En prenant un appui conceptuel hérité d'une sociologie compréhensive, notre intérêt se porte sur le sens que donnent les acteurs au terme de dignité. Nous nous interrogeons sur l'existence de différentes formes sociales de dignité et sur leurs caractéristiques. Notre hypothèse de départ est que l'expression de ces divers acceptions se traduit par une tension dans des interactions, comme en témoignent les nombreux débats concernant ce que doit être ou ne doit pas être l'être humain, qu'il s'agisse de prostitution ou de mariage homosexuel, d'avortement, d'euthanasie ou de clonage. La défense comme la critique de ces pratiques passent par l'invocation du principe de dignité, tel un outil de légitimation. Reprenant Arendt, "le dignité c'est le droit d'avoir des droits", et cette revendication recouvre un large faisceau que l'on pourra nommer "le droit à la reconnaissance" ou "la reconnaissance de ses droits". L'indignation suscitée par ces débats témoignent souvent de ces tensions. Il semble alors capital de comprendre les mécanismes qui constituent ce pouvoir d'invocation, de saisir l'ensemble des usages qui en sont fait et d'établir une typologie adéquate qui permettrait de comprendre les effets que produisent ces différentes formes sociales de la dignité dans les interactions entre les sphères sociales. Pour se faire il nous semble judicieux de nous pencher sur le travail social comme cadre à notre recherche. C'est en effet dans cet espace sans frontière que viennent résonner les revendications individuelles et collectives, une certaine idée du droit (à), ainsi que des dispositifs pour permettre à chacun d'être autonome selon l'idéal démocratique. C'est dans ces interstices, dans sa forme parfois négative, dans l'acte, que se loge le rapport de la société avec sa dignité.

  • Titre traduit

    Sociology of dignity


  • Résumé

    This project of thesis has for object the notion of dignity. This polysemous term, as fruit of a process of rationalization axiologique coupled with a slow sedimentation of the meanings which are connected to it, has eventually infiltrates the language of the philosopher just as much as that of the common man. We can say also that the obsolescence of the concept of honor for the benefit of the principle of dignity corresponds to the change of political system which represents the passage of the aristocracy has that of the democracy. Saturating the social space of its empty and solemn presence at the same time, this unprovable proposal is nevertheless recognized and defended. Although admitted by all, it's not understood in the same way as its context of use or institutional or individual, whether it's included as objective or subjective. By taking an abstract support inherited from a comprehensive sociology, our interest concerns to the meaning which give the actors to the term of dignity. We wonder about the existence of various social forms of dignity and about their characteristics. Our hypothesis of departure is that the expression of these miscellaneous meanings of a word is translated by a tension in interactions, as show of it the numerous debates concerning that has to be or does not have to be the human being, that it is about prostitution or about same-sex marriage, about abortion, about euthanasia or about cloning. The defense as the criticism of these practices pass by the invocation of the principle of dignity, like a tool of legitimization. Taking back Arendt, " dignity it is the right to have rights ", and this demand recovers a wide beam which we can appoint " the right for the recognition " or " the recognition of its rights ". The indignation aroused by these debates often testify of these tensions. It seems then major to understand the mechanisms which constitute this power of invocation, to seize all the practices which are made and establish an adequate typology which would allow to understand the effects which produce these various social forms of the dignity in the interactions between the social spheres. To do it seems to us sensible to deal with the social work as the frame in our search. It is indeed in this space without border that come to resound the individual and collective claiming, the certain idea of the right to, as well as the devices to allow each to be autonomous according to the democratic ideal. It is in these interstices, in its sometimes negative form, in the act, that finds accommodation the report of the company with its dignity.