Construction et déconstruction de la figure divine dans les œuvres d'Edmond Jabès et Giorgio Caproni.

par Laura Mainguy

Projet de thèse en Lettres modernes

Sous la direction de Benoît Conort.

Thèses en préparation à Rennes 2 , dans le cadre de École doctorale Arts, Lettres, Langues (Rennes) depuis le 01-09-2016 .


  • Résumé

    À première vue, il peut paraître incongru d'envisager un doctorat sur ces deux auteurs, que rien ne semble lier. Peu de points communs apparemment, si ce n'est la poésie et l'époque. Pourtant, à y regarder de plus près, leur évolution littéraire suit un même chemin : la rupture radicale à un instant précis, à savoir l'après-guerre. Les textes des poètes changent radicalement de forme et une même obsession voit le jour : « Dieu ». Ainsi, alors même que « Dieu est Verbe », nous assistons, au fil des deux œuvres, à la quête d'un langage à jamais perdu, autant qu'à la quête d'un Dieu qui semble n'avoir jamais existé. Le postulat de départ est donc le suivant : Dieu est le Verbe, mais le Verbe n'est plus. Comment donc ces deux auteurs tentent-ils de donner vie, grâce au langage, à un Dieu dont l'absence est à jamais présente ? Entre les vers, il est possible d'observer, entre autre, un pessimisme grandissant ; le doute disparaît petit à petit et laisse place à une certitude anxiogène. La quête, face à cette notion, devient aussi insupportable qu'insaisissable. Les points communs entre les deux écrivains sont loin d'être anecdotiques puisqu'on sait qu'ils se sont lus. La lecture de Jabès par Caproni fait état de ce constat, il annote et met en avant les thèmes suivants : Dieu, le silence, le cri, le néant, le désert. L'enjeu est donc de comprendre le cheminement des deux poètes qui, à partir de deux perspectives religieuses différentes - Jabès est juif, Caproni hérite d'une tradition catholique malgré un rapport plus complexe à la religion -, tentent de (re)donner forme à une certaine idée de Dieu.


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