Superstitions, paroisses et pélerinages en Aquitaine (XVIè-XIXèmes siècles)

par Jeremy Balan

Projet de thèse en Histoire, histoire de l’art et archeologie

Sous la direction de Éric Suire.

Thèses en préparation à Bordeaux 3 , dans le cadre de Montaigne-Humanités , en partenariat avec Centre d'études des mondes modernes et contemporains (equipe de recherche) depuis le 21-10-2016 .


  • Résumé

    Si pour le protestant le catholique est superstitieux, si pour le voltairien la religion est superstition, pour le clergé catholique le fidèle peut aussi être un superstitieux. Cette « superstition », c’est-à-dire un ensemble de rites, rituels, pratiques, dévotions et croyances « non-orthodoxes », fut une épine pour une Eglise qui était critiquée de toute part, et cela avant et pendant la Réforme. En effet, l’immanence du sacré propre au culte des saints et des reliques, cette anthropomorphisation toujours plus importante qui s’était développée peu à peu au fil des siècles fut, au moment de la Réforme, attaquée tant de la part des réformés, que d’une partie de l’épiscopat catholique. Si certains décrets du Concile de Trente furent une réponse à ces critiques, leur mise en place ne se fit pas sans difficulté. Cela, il est possible de le constater en Aquitaine comme dans le reste de la France. Comment éliminer une culture religieuse qui, loin de ne toucher que les hommes et les femmes les plus humbles, se retrouve en réalité dans toutes les strates de la société ? En réponse, l’Eglise du d’abord réformer son clergé, à commencer par les évêques, afin de diffuser un catholicisme clérical, épuré, voire même « standardisé », et cela dans chaque diocèse, dans chaque paroisse. Mais qu’en fut-il de la réaction des premiers concernés : les laïcs ? Pour transformer les mœurs religieuses, l’Église ne pouvait se contenter d’une simple explication, celle-ci dut traquer tous les signes qui favorisaient ces « superstitions », il lui fallut faire preuve d’un véritable « iconoclasme ». Pourtant, à la veille de la Révolution, la « superstition » était toujours présente, moins visible, mais néanmoins toujours vivante. Cependant, les populations d’Aquitaine comme partout en France changeaient peu à peu grâce à la diffusion des Lumières, un esprit plus laïc s’installait et la Révolution accéléra ce phénomène. Si très vite celle-ci retrouva sa place au cœur de la société son rôle, son omniprésence, ne fut plus jamais le même. Dans cette situation de sécularisation, voire de « déchristianisation », fallait-il encore faire preuve de la même rigueur contre la superstition ?

  • Titre traduit

    Superstitions, pilgrimages and parishes in Aquitaine (XVIe-XIXe centuries)


  • Résumé

    If protestants consider catholics as superstitious such as the voltairien can see in religion something as a superstition, the catholic clergy might also judge the believer the same way. This superstition, every unorthodox rites, rituals, pratices, and beliefs) was a complex problem for the Church, wich was criticized, before and during the Reformation. Immanency and anthropomorphisation of the sacred, wich belongs to the cult of saints and relics, was a growing tendancy during the last centuries. This worship was attacked during the reformation by its defenders, ans also a part of thee catholoc episcopacy. Some decrees of Concil of Trent were elaborate to answer at these criticisms, but they weren’t established easily, and this phenomenon is conspicuous in Aquitaine and in the rest of France. How to get rid of a religious culture which, not reaches only humble men and women, but all the society’s rankes ? To reply, church had to reform its clergy, begining with bishops, to spreas a clericak catholicism, a filtred one, and even a standarized one, in each diocese, in each parish. How did the laymen react ? To change the religious mores, Church couldn’t just settle for a simple explaination, but had to chase every signs which allow these « superstitions ». It had to display a real « iconoclasm ». However, before the Revolution, the « superstition » kept standing, less apparent, but still animated. Yet, people of Aquitaine and France was gradually changing because of the development of the Lumière’s philosophy, and a lay mind was expanding, especially during the Revolution. Considering that superstition stayed important in the society, its ubiquity wouldn’t be the same anymore. In in this situation of secularization, or even "de-Christianization" was the rigor against superstition still compulsory? .