La soupe en art. Idiotie et partage, pour une esthétique du banal

par Anne-Louise Mathieu-Goudier

Projet de thèse en Arts (Histoire, Théorie, Pratique)

Sous la direction de Pierre Sauvanet.

Thèses en préparation à Bordeaux 3 , dans le cadre de Montaigne-Humanités , en partenariat avec cultures, Littératures, Arts, Représentations, Esthétiques (equipe de recherche) depuis le 13-11-2016 .


  • Résumé

    Cette thèse porte sur la soupe, le bouillon, le potage tel qu'il est représenté, présenté, en tout cas utilisé comme moyen, média, forme, sujet par des artistes. Il s'agit là d'un plat alimentaire ordinaire qui traverse les âges et les cultures pour prendre racine dans un patrimoine commun de l'alimentaire. Cette thèse se borne à une zone géographique spécifique : l'Occident et à une chronologie particulière : du XVIIème siècle à nos jours. Au travers d’œuvres il est question de porter un regard serré sur la manière dont est traité le plat de soupe, qu'il soit représenté ou réellement présent pour saisir quelles sont les modalités de son existence, de son usage, de quelles manières il s'attache à la vie réelle, quotidienne. C'est par le biais de cet attachement spécifique au caractère ordinaire de la vie que l'on remarque une étonnante singularité, une idiotie du bouillon, une authenticité du plat courant. Un plat commun dans ses deux sens, ordinaire tant sa simplicité et les multiples ingrédients pouvant le composer tendent à le rendre universelle. Commun également car, il appartient à tous et qu'il suscite un partage en puissance. Si cela est probablement le propre de la nourriture, la soupe a ceci de particulier que n'ont pas tous les aliments cuisinés, elle nécessite entre autre, une organisation du rituel alimentaire par sa nature même : plus ou moins liquide et chaude, il serait compliqué de la consommer avec ses seules mains. De cette trivialité du potage, des particularités du rituel alimentaire, à la nature singulière de la soupe dont se saisissent les artistes, nous sommes conduits à considérer la soupe au travers d'une esthétique du banal.

  • Titre traduit

    The soup in art. Idiocy and sharing, for an aesthetics of the commonplace


  • Résumé

    This thesis focuses on the soup, bouillon, broth, as represented, presented, in all cases used as a means, a medium, a form, a subject by artists. Soup is an ordinary dish that through the ages and cultures takes root in a common food heritage. This thesis is limited to a specific geographical area : the Occident and to a particular time : from the seventeenth century to the present time. Through the analysis of works of art the soup dish will be examined, whether represented or truly present, to understand what the conditions of its existence are, its purpose, how it focuses on real-life, on everyday life. It is through this specific attachment to the ordinariness of life that we notice an astonishing singularity, an idiocy of the broth, an authencity of the common dish. A common dish in both senses of the word, ordinary because simple and because multiple ingredients can compose it which tends to make it universal. Common also, because it belongs to everyone and it creates a share in potential. If this is the main characteristic of food, soup is special as it requires among other things, an organization of food ritual by its nature more or less liquid that would make it difficult to consume with our bare hands. From the triviality of the soup, to the food ritual features and the unique nature of the bouillon which artists take on, we are led to consider the soup through an aesthetics of the commonplace.