Les Grecs d'Asie Mineure face aux guerres civiles romaines (87-31 a.C.)

par Elsa Pérault

Projet de thèse en Histoire

Sous la direction de Anna Heller.

Thèses en préparation à Tours , dans le cadre de Ecole doctorale Sciences de l'Homme et de la Société (Tours) depuis le 19-10-2016 .


  • Résumé

    La thèse que je prépare sous la direction conjointe d'Anna Heller, Professeure à l'Université François Rabelais de Tours, et de Christel Müller, Professeure à l'Université Paris Ouest Nanterre la Défense, relève du domaine de l'histoire politique. Elle touche également des aspects d'histoire sociale et militaire. Il s’agit d’étudier l'impact des guerres civiles romaines sur les cités grecques d'Asie mineure. Nous prenons comme point de départ l’expédition du général Sylla en Asie en 87 a.C. Sylla part à la tête des troupes rassemblées pour lutter contre le roi du Pont, Mithridate VI Eupator, en dépit de la décision du Sénat de confier finalement ce commandement à son rival Marius. En 31 a.C., la bataille d’Actium et ses suites, sonnant la fin du contre-pouvoir que Cléopâtre et Marc-Antoine opposent à Octavien, marquent aussi celle des guerres civiles romaines. Elles constituent donc le terme de notre étude. La perspective choisie renverse l'habitude historiographique. Majoritairement, les modalités de la domination romaine en Méditerranée orientale, comme les enjeux politiques des guerres civiles, ont été considérées du point de vue de Rome. Ces enjeux sont ici envisagés du point de vue des cités grecques, qui dans cette période de troubles incessants, où les moments d'accalmie préparent de nouvelles scissions du pouvoir central, doivent faire face à une situation nouvelle : plusieurs adversaires se proclament détenteurs du pouvoir romain légitime. Elles doivent décider de la réponse à donner aux armées romaines qui les approchent, mais aussi de l'affichage de ces alliances dans leur paysage civique. Ces choix, qui varient en fonction de l'histoire de chaque région ou cité, ne sont pas sans influence sur les relations entre cités voisines. Ma recherche prend en compte quatre niveaux d'analyse : le niveau provincial (Asie, Bithynie, Cilicie, etc.), le niveau régional (Ionie, Carie, Lycie, etc.), le niveau civique (le choix de contracter ou refuser une alliance se répercute-t-il à l'intérieur de la cité, en la divisant ? Cette division suit-elle une fracture sociale entre le peuple et les élites dirigeantes?) et le niveau individuel (certains citoyens sont connus pour les liens particuliers qu'ils ont développés avec des généraux romains et l'influence qu'ils ont alors acquise dans leur cité). L’enjeu est de comprendre les ressorts des choix stratégiques faits par les cités dans cette période de troubles et de conflits incessants, en prenant en compte les dynamiques propres à chaque communauté civique.


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