Analyse du risque de maladie sur blé et vigne en combinant des bases de données régionales et des informations locales en cours de saison.

par Mathilde Chen

Projet de thèse en Sciences agronomiques

Sous la direction de David Makowski.

Thèses en préparation à Paris Saclay , dans le cadre de École doctorale Agriculture, Alimentation, Biologie, Environnement, Santé (2015-.... ; Paris) , en partenariat avec Agronomie-Grignon - UMR AgroParisTech/INRA (laboratoire) et de AgroParis Tech (France) (établissement de préparation de la thèse) depuis le 03-01-2017 .


  • Résumé

    L'objectif de réduire drastiquement l'usage des produits phytosanitaires vient d'être réaffirmé par les pouvoirs publics fin 2015, avec une nouvelle version du plan ECOPHYTO. Cependant, dans certaines situations, sur la base d'observations adéquates, des méthodes de lutte curatives restent nécessaires pour contrôler le développement d'organismes nuisibles pouvant compromettre la récolte de manière quantitative ou qualitative. La thèse s'inscrit dans ce contexte. Elle vise à améliorer les outils utilisés dans l'analyse de risque de maladies dans les parcelles agricoles en valorisant différentes sources d'informations : des informations régionales issues du dispositif du Bulletin de Santé du Végétal (BSV), des modèles épidémiologiques simulant la dynamique des maladies, et des informations issues directement des observations et de l'expertise des agriculteurs (RMT Modélisation, 2012 ; Brun et al., 2012, 2015). Mis en place dans le plan ECOPHYTO, le BSV est un document public et gratuit publié à l'échelle régionale sous la responsabilité des Chambres Régionales d'Agriculture, chargées de mettre en place un comité de rédaction. Ce bulletin est basé notamment sur un réseau régional d'observations. La thèse portera sur deux cultures présentant des enjeux importants pour les questions de réduction de pesticides : la culture du blé tendre à l'échelle nationale et le vignoble de la façade atlantique (Val de Loire, Cognac, Aquitaine et Midi Pyrénées). Le blé tendre, avec cinq millions d'hectares couverts et près de 34 millions de tonnes récoltés chaque année, représente plus de 50% des récoltes de céréales en France. Avec 2,2 passages fongicides en moyenne sur les huit dernières années, le blé tendre est par ailleurs la céréale à paille la plus fréquemment traitée avec des fongicides, notamment pour lutter contre la rouille jaune et la septoriose. La vigne couvre près de 3,7% de la surface agricole utile française mais consomme près de 20% des pesticides dont une majorité de fongicides. Près de 90% des traitements ont pour cible le mildiou et l'oïdium, soit un coût de 250 M€ sur le vignoble français. Le suivi du développement des maladies en zones témoin non traitées montre régulièrement des niveaux d'attaque de mildiou et d'oïdium pouvant entrainer plus de 50 % de pertes de récolte en l'absence de traitements de la vigne. Actuellement, le manque d'intégration des informations disponibles sur l'état sanitaire des cultures contraint quasi systématiquement l'agriculteur à réaliser un traitement chimique pour se prémunir des impacts négatifs des maladies. L'enjeu est donc de mieux articuler les différentes sources d'informations disponibles pour prédire l'évolution des maladies à court terme afin d'estimer leurs impacts en termes de nuisibilités.

  • Titre traduit

    Disease risk analysis for wheat and vine by combining regional survey data and local expert knowledge.


  • Résumé

    In its new version of ECOPHYTO Plan, the French governement re-affirmed in 2015 its willingness to reduce pesticide uses. Nevertheless, some levels of crop protection will always be required to control diseases development, it is necessary to determine as precisely as possible where and when chemical treatments are required. This thesis aims at improving risk analysis tools in crop fields by combining different sources of information: regional survey data, epidemiologic models for diseases dynamic forecast, and local expert knowledge (RMT Modélisation, 2012 ; Brun et al., 2012, 2015). This work will focus on two major crops, namely wheat crop at national scale and antlantical vineyard (Val de Loire, Cognac, Aquitaine et Midi Pyrénées), that are currently subject to frequent pesticide applications. With an average of 2.2 fungicide applications for the 8 last years, winter wheat is frequently treated with fungicides, notably against stripe rust and septoria. Vine represents 3.7% of French agricultural land only, but its pesticides consumption represents almost 20% of french pesticides use, mainly including fungicides against mildew and oidium, and represents a cost of 250 MEuros.In zero pesticide zones, the monitoring of disease development reveals that vine is frequently infested by mildew and oidium, which can induce more than 50% of crop loss if the vine remains untreated. Today, many farmers apply fungicides systematically in order to avoid any yield loss. My first objective is to forecast disease evolution on short-term by combining different sources of information with different types of statistical models. I will then study how these predictive tools could be used to avoid systematic chemical treatments.