Localité et espace dans l’ouest américain de Frank Norris, Gary Snyder et William Giraldi

par Pauline Boisgerault

Projet de thèse en Littérature américaine

Sous la direction de Sylvie Bauer.

Thèses en préparation à Rennes 2 , dans le cadre de École doctorale Arts, Lettres, Langues (Rennes) depuis le 01-09-2016 .


  • Résumé

    Grâce à la prise de conscience des enjeux écologiques, démontrer que la présence humaine exerce une influence notoire sur l’environnement ne semble plus nécessaire, et l’écriture de l’ouest américain a montré, à travers différentes périodes, son attachement à ses grands espaces et l’influence que peut avoir l’environnement sur les protagonistes. Cette thèse a pour but d’ouvrir le traitement de l’espace américain au paysage urbain, en offrant par exemple une approche éco-critique au déterminisme qui imprègne les romans de McTeague : The Octopus et McTeague. La violence et l’hostilité qui se dégagent des lieux décrits par ces romans s’inscrivent soit dans la ville de San Francisco, soit dans l’espace dit « sauvage » de la vallée de San Joaquin, mais ces deux espaces laissent poindre une connexion ambivalente, entre aliénation et dépendance, entre le personnage et l’environnement qui le domine. Cette similitude nous permet de souligner la difficulté de suivre une dichotomie entre ville et milieu naturel, la notion de localité s’avère utile afin d’étudier la spécificité de chaque espace et de son traitement au sein de notre corpus. De même, écrire sur l’espace et la localité de l’ouest américain implique une distanciation avec la vision anthropocentrique et un brouillage des frontières entre le monde animal et humain. Ces remises en question sont explorées à travers l’œuvre de Gary Snyder, qui soulève les difficultés à définir l’espace américain et ouvre les perspectives de la frontière, à travers une poésie syncrétique refusant un système binaire conflictuel et arborescent. Son travail littéraire est notamment influencé par le bouddhisme Zen et les mythes amérindiens, deux influences qui se complètent et proposent à la fois une ouverture et un retour aux origines. Egalement imprégné de la culture amérindienne, Hold the Dark est un roman de William Giraldi qui, grâce à une écriture subtile du local, dépeint un paysage en marge de l’épicentre californien, au tréfonds de l’Alaska, situé entre mythe et réel, vie et mort, sphères humaine et animale. Ces oeuvres de périodes différentes démontrent que ces textes se révèlent véritablement aux lecteurs lorsqu’ils sont lus comme des entités autonomes, et sans approche purement anthropocentrique.


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