Nouveaux entrepreneurs et décision soutenable

par Corine Navarro

Projet de thèse en Sciences de Gestion

Sous la direction de Marion Polge.

Thèses en préparation à Montpellier , dans le cadre de École doctorale Economie Gestion de Montpellier (2015-.... ; Montpellier) , en partenariat avec MRM - Montpellier Recherche en Management (laboratoire) depuis le 10-11-2016 .


  • Résumé

    La responsabilité première de l'entrepreneur nous semble être d'assurer la viabilité et la rentabilité de son entreprise, dans un contexte de fortes tensions (économiques, technologiques, réglementaires, etc). Bien que nous ne recourons pas au champ conceptuel de la RSE, nous retenons la synthèse de l'économiste ultralibéral Milton Friedman : « la responsabilité sociale de l'entreprise est de faire du profit ». Mais l'identité d'une personne ne se réduit pas à sa seule dimension entrepreuneuriale. Accordons-lui donc quelques lignes. Ce même entrepreneur est également un être humain à part entière, « composé des personnalités diverses qui cohabitent plus ou moins harmonieusement. (…) Dans son livre Le capitalisme est -il moral ? André Comte-Sponville a proposé une typologie très utile, inspirée de la théorie des trois pouvoirs de Pascal. Ce dernier distinguait la chair, la raison et le cœur (…). Comte-Sponville propose pour sa part quatre catégories : l'économique, la politique, la morale et l'amour. Chacune a sa logique propre. (…) Même à l'intérieur de choix réputés économiques et rationnels vivent toutefois en nous des êtres en conflit. (…) Le souci de vivre en conformité avec un idéal le dispute au désir de gratifications immédiates qui en écarte. Comment leur apprendre à coexister ? » (…) (Cohen D., Homo economicus, prophère (égaré) des temps nouveaux) et à « gérer rationnellement son irrationalité » (Elster J., commentaire de l'Odyssée) ? Dépassons maintenant la dimension individuelle pour replacer l'individu entrepreneur dans son contexte social : « (…) le paradoxe de Condorcet, (… qui) éclaire aussi l'irrationalité des individus eux-mêmes, (…) montre que la rationalité de chacun ne se conjugue pas en une rationalité de l'ensemble (… et ouvre la voie à un) risque d'incohérence collective. » (Cohen D., ibid). Du fait de ces tensions, l'apprentissage de la décision ne peut pas se réduire à une opération rationnelle, aussi élaborée soit-elle. Les travaux de James March, qui relient apprentissage organisationnel, gestion du changement et prise de décision, mettent en perspective les interactions au sein et à l'extérieur de l'organisation. Ils attirent par là même notre attention sur la dimension collective à l'œuvre dans ces dynamiques. Or, majoritairement centrés sur les processus individuels, les apprentissages mettent en avant la compétition. Qu'en est-il, donc, de la décision ? En quoi notre système de formation tout au long de la vie est-il adapté à cet apprentissage ? Mieux prendre en compte les dimensions intégratives, collaboratives et coopératives tant des différents individus parties prenantes à une décision, que des différentes composantes intrinsèques de chacun, rendrait-il plus performantes les décisions des entrepreneurs ? Récemment récompensés par le prix Nobel d'économie, les travaux récents d'Elinor Ostrom sur le bien commun rendent du crédit à la capacité, sous certaines conditions, d'un collectif de se constituer et de s'auto-réguler pour gérer de façon soutenable des espaces communs, physiques (immobilier) ou virtuels (connaissances). Nous ambitionnons d'examiner si la prise en compte du bien commun peut améliorer l'apprentissage de la décision, et quels en seraient les modalités pertinentes.

  • Titre traduit

    New entrepreneurs and sustainable decision


  • Résumé

    The entrepreneur is more than a "homo economicus". His very inner different parts are regularly controversing inside his mind, moral and heart, creating tensions so well illustrated by Condorcet's paradox. Therefore, learning how to decide is not a purely rational activity. James March's work leads us to take into account the collective part of decision processus. Collective also means competitive. This competition dimension is very much enforced in our life long learning system. What would come out, if we could consider more the collaborative, cooperative and integrative dimensions of any interaction ? Would decisions become more performant ? Nobel Prize Elinor Ostrom's work teaches us that a community may, under some conditions, organize itself to sustainably regulate the managing of commons. Our ambition consists in examining whether taking commons into consideration, may improve decision learning, and what consistent modalities would be.