Les homicides au Québec de 1945 à nos jours : etude d'histoire sociale et culturelle

par Vincent Fontenay

Projet de thèse en Histoire moderne et contemporaine

Sous la direction de Philippe Chassaigne.

Thèses en préparation à Bordeaux 3 , dans le cadre de Montaigne-Humanités , en partenariat avec Centre d'études des mondes modernes et contemporains (equipe de recherche) depuis le 10-11-2016 .


  • Résumé

    L’étude des homicides comme objet d’histoire – par opposition à une approche anecdotique ou journalistique, focalisant sur les « causes célèbres » - est un champ encore relativement neuf de la recherche historique. Encore les premières approches, dans les années 1960 et 1970, étaient-elles essentiellement quantitatives essayant d’évaluer les taux d’homicidité dans des sociétés données, de l’Angleterre médiévale à la France du XIXe siècle. L’émergence de l’histoire culturelle comme champ nouveau de la recherche historique depuis environ deux décennies a permis de développer de nouvelles lectures, s’attachant aux perceptions et aux représentations des crimes et des criminels, aux réactions des sociétés. C’est ce type d’approche que nous nous proposons de suivre dans notre thèse sur l'homicide au Québec de 1945 à nos jours Le Québec constitue un de ces cas de sociétés que l’on considère généralement comme « pacifiées » et où les questions de violence interpersonnelle seraient secondaires. Elles ne sont pourtant pas négligeables, comme les études déjà réalisées issues de l’école – renommée – de criminologie de Montréal sur la question l’ont montré. Néanmoins, il n’y a pas encore de travail de nature historique et culturelle. Ma thèse ne se limitera donc pas à une analyse quantitative des crimes de sang les plus graves dans la province de Québec, mais aussi à une étude de caractère anthropologique attentive aux lieux, motifs, ou procédés, ou encore aux circonstances comme défini plus haut Prendre le Québec comme terrain d’étude se justifie par plusieurs aspects. La population de la province connaît une forte croissance entre 1945 et 2015, passant de 4 millions à 8 millions d’habitants, mais son urbanisation encore relativement limitée permet d’aborder la question des variations villes/campagnes dans la criminalité de sang ; par ailleurs, la société québécoise a connu avec la « révolution tranquille » des décennies 1960 et 1970 de profonds changements, avec la perte d’emprise de l’encadrement par l’Eglise catholique. Ces évolutions ont-elles eu un impact dans les comportements criminels ? Dans le regard porté sur le crime de sang ?

  • Titre traduit

    The homicides in Quebec from 1945 until know: a social and cultural study


  • Résumé

    The study of homicides as a historical topic – in contrast to anecdotal or journalistic approaches that are focused on “famous causes” - is a relatively recent field of the historical research. The first approaches, in the 1960ies and 1970ies, were still essentially quantitative and tried to evaluate the rate of homicides in the given societies: from England in the Middle-Ages to France of the 19th century. The apparition of the cultural history as a new field of historical research since approximately two decades allowed us to develop a new interpretation that is attached to the perceptions and representation of crimes and criminals, and to the reactions of the societies. It's the sort of approach that we are proposing in our thesis about the homicides in Quebec from 1945 until know. The Quebec forms one of the societies that we usually call “pacified” and where the questions about interpersonal violence are of secondary importance. But they are not insignificant as studies already made by the remoted school of criminology have shown. Nonetheless, there is still no historical and cultural work. My thesis is not going to be limited to a quantitative analyses of the worst murders in the province of Quebec, but is also going to be an anthropological study that is attentive to the places, motifs or proceedings, or also to the circumstances as it was already précised. Taking the Quebec as field of study is justified by several aspects: the population of the province has seen a strong growth between 1945 and 2015 from 4 million to 8 million inhabitants, but its urbanization still relatively limited allows us to raise the question about discrepancies between cities and countryside’s concerning murders. Moreover the society of Quebec changed essentially with the “révolution tranquille” in the decades of 1960 and 1970 with the loss of influence of the Catholic Church. Did these changes have an impact on criminal behaviors? With regard to murders?