Mythe et vérité de l'amour dans l'oeuvre de Walter Benjamin

par Sylvia Kratochvil

Projet de thèse en Philosophie

Sous la direction de Christophe Bouton.

Thèses en préparation à Bordeaux 3 , dans le cadre de Montaigne-Humanités , en partenariat avec Sciences, Philosophie, Humanités (Bordeaux) (equipe de recherche) depuis le 03-11-2016 .


  • Résumé

    La philosophie de Walter Benjamin (1892-1940), connue avant tout pour ses concepts de l'histoire et de l'art, sera interrogée à partir du thème de la nature. Les différents aspects de cette thématique parmi lesquels on peut compter le destin mythique, le bonheur, la beauté et, justement, l'amour, constituent une philosophie de la vie comme passage ou détour orienté vers une pensée de l'histoire. L’analyse des différentes facettes d’une théorie de l’expérience amoureuse se situera ainsi entre la philosophie de l’art et la pensée de l’histoire de Benjamin. Dans le corpus de son analyse littéraire l’amour oscille entre une vision poétique et mystique de l’éros, symbolisée par « Ottilie », l’héroïne goethéenne, et sa réalité déchue dans la modernité, dont le regard vide de la prostituée baudelairienne est le signe – entre mythe et vérité de l’amour. D’autres figures qui expriment le caractère contradictoire de la passion et de l’expérience sexuelle sont l’enfant qui joue et l’adulte collectionneur d’objets, figures qui articulent deux concepts différents de bonheur. Lorsqu’on suit l’évolution de la critique benjaminienne, on peut considérer que le topos de l’amour est reparti sur trois volets principaux: - 1913-1924 : l’héroïne classique, goethéenne, et son rapport à la figure de l’Éros ; - dès 1924 (« tournant matérialiste ») : l’amour comme préoccupation de l’avant-garde européenne (le surréalisme, Marcel Proust, Karl Kraus, Franz Kafka) ; - à partir de 1927 : l’imaginaire de l’amour dans les fantasmagories du XIXe siècle (Paris, Charles Baudelaire). La question de l’amour traverse enfin de manière fragmentaire la prose poétique ainsi que les écrits autobiographiques de Benjamin (Enfance berlinoise, Sens unique, Agesilaus Santander etc.).

  • Titre traduit

    Myth and truth of love in Walter Benjamin’s work


  • Résumé

    The subject of love takes part in the question of nature in Walter Benjamin’s philosophy, mainly known for its views on history and art. Together with the terms of destiny, joy or happiness and beauty it forms a philosophy of life which can be seen as a staging post or a digression on the way to Benjamin’s philosophy of history. The analysis of different aspects of a supposed theory of love is therefore situated in the intersection of Benjamin’s aesthetical and historical thinking. Concerning his literary criticism the subject of love is fluctuating between a poetic and mystical vision of the erotic experience, symbolised by “Ottilie”, the classical heroine of Goethe, and its deprived reality in modern life, signified by the dead expression of Baudelaire’s prostitute – between myth and truth of love. Other figures such as the playing child and the adult collecting beloved objects express the contradiction inherent to passion and sexual experience on which two different concepts of happiness seem to be based. Keeping in mind the evolution of Benjamin’s criticism we can distinguish three moments in the development of the topic of love: - 1913 to 1924: the classical heroine and its relation to the figure of Eros; - since 1924 (“materialistic turning point”): love as a recurrent theme in the works of the European avant-garde (surrealism, Proust, Karl Kraus, Kafka); - from 1927 on: the imagery of love in the phantasmagorical spirit of the 19th century (Paris, Baudelaire). Benjamin’s so-called autobiographical writings as well as his poetical prose (Childhood in Berlin, One-Way-Street, Agesilaus Santander etc.) are equally continually crossing the question of love.