La rémission des cancers en Amazonie. De la marginalisation à la migration, analyse du recours aux MTC en France et en Amérique du Sud

par Juan Drives

Projet de thèse en Anthropologie

Sous la direction de Catherine Deschamps et de Anne Vega.

Thèses en préparation à Paris 10 , dans le cadre de Ecole doctorale Economie, organisations, société (Nanterre) , en partenariat avec Sophiapol EA 3932, Laboratoire, Laboratoire (laboratoire) depuis le 14-12-2016 .


  • Résumé

    Cette étude est basée sur la trajectoire thérapeutique d’une cohorte de patients atteints du cncer qui ont quitté le parcours médical conventionnel pour avoir recours à des médecines traditionnelles (MT/C) étrangères sans protection sociale. Fait socio-médical marginal il y a 30 ans, les patients ne quittent plus le territoire seulement après l'annonce des mois qu'il leur reste à vivre. De recours ultime, la migration thérapeutique est devenu une alternative thérapeutique à la chimiothérapie. Après la formation et analyse sociologique de cette cohorte (dont la rémission a plus de 15 ans en moyenne), nous nous attacherons à étudier le systèmes de santé contre le cancer d’un point de vue historique, juridique et économique car nous ne pouvons dissocier la pratique au discours critique sur la "SAnté". Alimenté par de profondes divergences au sein même de la communauté scientifique et par les liens entre sphères politique, économique, recherche et industrie pharmaceutique le critique sociale a fait de la maladie, un objet social dont elle s’est réapproprié la sociologie et l’étiologie dans un contexte de crise environnementale. L’ouverture toujours croissante au «pluralisme thérapeutique» (Benoist, Cohen) motivée par la « méfiance du chimique» et l’accroissement des flux d'informations mondiaux ne peuvent stopper ces migrations vers des naturo-thérapies comme le «curanderisme végétaliste amazonien». Mais quel sécurité, quelle garantie a le patient en quittant le territoire national ? Que sait-on du curanderisme amazonien à part que sa pratique est interdite en France ? Une étude scientifique de cette thérapie ne serait-elle pas d'Utilité Publique ? Au Brésil où l'existence des peuples autochtones est reconnue par des droits spécifiques émanants de leur cosmovision, l'Université de SAo Paulo a lancé un programme de recherche neurobiologique sur l'utilisation des plantes entéogène pour la rémission des tumeurs. En vertu de la loi du 4 mars 2002 qui inscrit le droit constitutionnel de protection de la santé dans le Code de la Santé Publique (Le droit de recevoir les soins les plus appropriés, à la sécurité sanitaire et à la continuité des soins et, selon la formulation de Laplantine, dans une volonté de "repenser les voies de la connaissance" l'anthropologie ne peut-elle répondre à cette demande des neurosciences et des patients français et sud-américains sur les sur les rituels de guérison traditionnels d'Amazonie ?