Les Cahen d'Anvers, marquis de Torre Alfina : collections, demeures et histoire d'une famille cosmopolite

par Alice Lege

Projet de thèse en Histoire de l'Art

Sous la direction de Philippe Senechal.

Thèses en préparation à Amiens en cotutelle avec l'Università degli Studi di Milano (Giovanni Agosti, dir.) , dans le cadre de SCIENCES DE L'HOMME ET DE LA SOCIETE , en partenariat avec TRAME : Textes, Représentations, Archéologie, Autorité et Mémoire de l'Antiquité à la Renaissance (equipe de recherche) et de Sezione di scienze del patrimonio letterario artistico e ambientale (equipe de recherche) depuis le 10-11-2016 .


  • Résumé

    Écrin de chefs-d’œuvre du Cinquecento italien, la collection de la branche italienne des Cahen d’Anvers n’a jamais été étudiée. Avec son gout éclectique, Édouard Cahen transforme l’ancien domaine de Torre Alfina dans un extravagant joyau de l’architecture néogothique, entouré d’un vaste parc où les jardins et les terrasses à l’italienne côtoient des débris de forêt, bien proches de la mode anglaise.En convertissant le château médiéval des Monaldeschi dans une forteresse fantaisiste, il souhaite fonder un lieu qui soit à la fois son règne et son refuge. Ici, il passe toute sa vie à côté de sa femme Cristina Spartili (1846-1884). Fille d’un diplomate italo-grec, elle avait longtemps habité à Londres où elle était rentrée en contact avec les préraphaélites, en posant notamment pour James Whistler. À Torre Alfina, Édouard souhaite établir sa lignée et il y fait également bâtir un immense mausolée, proche du tombeau d’Éloïse et Abélard réalisé quelques décennies auparavant par Alexandre Lenoir. Dans les salles du manoir il installe non seulement un important corpus de tableaux, mais aussi un prestigieux ensemble d’objets mobiliers de différentes provenances. Les tapisseries flamandes servent de toile de fonds à des commodes Boulle, des pendules allemandes et des meubles italiens marquetés, qui recueillent une impressionnante collection d’argenterie et petits bronzes modernes, en s’entassant sur des tapis perses. Appartenant au milieu de la haute finance, d’origine belge, installé en France et puis en Italie, Édouard Cahen est le modèle idéal du mythe moderne de l’Israélite errant. L’analyse de sa vie, que je souhaite présenter avec l’étude de sa carrière et de ses collections s’oppose à ce stéréotype qui dans « La France Juive » d’Édouard Drumont peint les Juifs comme des apatrides sans principes.La biographie du marquis de Torre Alfina me permettra d’analyser des aspects méconnus de l’histoire du goût et des échanges culturels entre la France et l’Italie au XIXe siècle.Le modus operandi qu’il adopte pour former ses collections me permettra d’un côté de proposer une étude du marché de l’art de l’époque et de l’autre d’analyser la façon d’agir d’un personnage cosmopolite qui cultivait des intérêts multiples. Je désire également apporter quelques éléments nouveaux à l’étude des patrimoines de l’élite juive en France, à travers une comparaison avec les Rothschild et les Camondo, auxquels les Cahen étaient apparentés.


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