William Robinson (1838-1935) : jardins, presse horticole et patrimoine environnemental au Royaume-Uni

par Aurélien Wasilewski

Projet de thèse en Langues et litteratures etrangeres

Sous la direction de Laurent Châtel.

Thèses en préparation à Lille , dans le cadre de École doctorale Sciences de l'homme et de la société (Villeneuve d'Ascq, Nord) depuis le 10-11-2016 .


  • Résumé

    Cette thèse est consacrée à l’étude de la carrière, des travaux et de la postérité de William Robinson, un jardinier, journaliste et théoricien irlandais des jardins qui a marqué l’histoire du goût et des idées au Royaume-Uni dans la seconde moitié du XIXe siècle grâce à la diffusion, par l'intermédiaire de ses périodiques, d'un modèle esthétique en rupture avec la formalité du jardin victorien. Trois paradoxes sous-tendent cette réflexion. Pourquoi William Robinson est-il devenu un des jardiniers les plus connus du monde anglophone, quand il n’a véritablement créé que très peu de jardins ? Pourquoi William Robinson est-il devenu la figure tutélaire du « jardin anglais », alors qu'il revendique ses inspirations françaises, son « irlandicité » et une internationalisation des espèces utilisées ? Dans quelle mesure peut-il être considéré comme un des premiers jardiniers à promouvoir une esthétique de la durabilité et de la gestion raisonnée du vivant, même s'il s’émerveille dans le même temps des progrès techniques et de l’intensification de l’horticulture ? La première partie sera consacrée au point de vue nouveau (celui du « modern gardener ») que porte William Robinson sur le jardin, comme lieu et comme pratique, entre découvertes récentes des sciences naturelles, essor des idées progressistes sur le plan social et démocratisation des pratiques de loisirs. La seconde partie portera sur l’esthétique « naturaliste » défendue et développée par William Robinson ; une esthétique multifocale libérée de la perspective et axée sur le savoir-faire, la connaissance et la sensibilité du jardinier, figure en voie de définition à cette époque. Enfin, il sera question de la dimension patrimoniale du jardin, perçu tout à la fois comme objet naturel et réservoir de beauté à préserver, mais également comme agent de civilisation et de sanctuarisation du passé.

  • Titre traduit

    William Robinson (1938-1935) : gardens, horticultural journalism and environmental heritage in the United Kingdom


  • Résumé

    This thesis is dedicated to the study of William Robinson's career, oeuvre and legacy. As an Irish gardener, editor and writer, he made his mark on the British history of taste and ideas in the latter part of the Victorian era by spreading a new garden aesthetics that broke away from High Victorian formality. Three paradoxes underpin this dissertation. Why has he become one of the most famous gardeners in the English-speaking world when he really designed very few gardens? Why has he gone down in history as the father of the English flower garden, when he overtly drew inspiration from France, emphasised his Irishness and advocated for the use of sub-tropical plants in gardens? To what extent can William Robinson be considered one of the first gardeners to promote a sustainable garden aesthetics, even though he also wondered at the technical progress and intensification in horticulture? We will first focus on William Robinson's new outlook on what he called the "modern garden", understood as both a place and a practice, and how it was consequential to the latest discoveries in natural sciences, the rise of socially progressive ideas and the democratization of access to leisure activities. Then we will study the "naturalistic" aesthetics that William Robinson advocated and elaborated: it was multifocal and freed from perspective, and based on the know-how, knowledge and sensitivity of the gardener, a figure in the process of being redefined at the time. Finally, we will ponder over the notion of gardens as heritage, since they came to be perceived as natural objects and stores of beauty to be preserved, but also as agents in fostering civilisation and protection of the past.