Le coût de la fin de fin de vie chez les patients atteints de cancer

par Cecile Barbaret

Projet de thèse en MBS - Modèles, méthodes et algorithmes en biologie, santé et environnement

Sous la direction de Benoit Allenet et de Philippe Warin.

Thèses en préparation à Grenoble Alpes , dans le cadre de Ingénierie pour la santé la Cognition et l'Environnement , en partenariat avec Techniques de L'Ingénierie Médicale et de la Complexité - Informatique, Mathématiques et Applications. (laboratoire) et de ThEMAS (equipe de recherche) depuis le 24-01-2016 .


  • Résumé

    L'impact des symptômes physiques et psychiques sur la qualité de vie des patients atteints de cancer est indéniable. Une étude récente réalisée conjointement en France et aux Etats-Unis(USA)a mis en évidence l'association entre la détresse financière et la qualité de vie des patients atteints de cancer en phase avancé et la détresse financière et les symptômes liés au cancer. De plus, d'autres études aux USA ont mises en évidence que le coût des soins médicaux étaient une source fréquente de banqueroute et que les difficultés financières étaient la première source de stress chez les patient atteint de cancer dans un CLCC (Centre de Lutte Contre le Cancer) et impactait la qualité de vie(10). Prendre soins des patients ne consiste plus uniquement à évaluer, traiter et apporter un soutien mais cela inclue en plus une évaluation, analyse et aides précoces et systématiques de la situation sociale des patients atteints de cancer. Malgré une prise en charge à 100% des soins spécifiques liés au cancer en France, 51%(74) des patients interrogés ont déclarés une détresse financière dont 34%(48) de forte intensité. Même si ces mesures ne sont qu'exploratoire, en l'absence de méthodes de mesure validées scientifiquement, elles mettent en évidence un système de soins français qui ne protège pas entièrement de la détresse financière des patients qui sont vulnérables. L'analyse France et USA (étude usfra)permet de mettre en évidence que le système de santé français diminue la fréquence et l'intensité de la détresse financière mais ne suffit pas. Il est probable que la prise en charge sociale soit à questionner. Par contre, la politique de soins américaine semble ne permettre quasi aucune protection avec 88% (129) des patients déclarant une détresse financière (dont 100(68%) de forte intensité). De plus, cette étude souligne(étude usfra) que la population française reçoit plus de traitement spécifique contre le cancer que cela soit de la chimiothérapie, radiothérapie, chirurgie. Or il est identifié dans la littérature(11–14)certains critères d'agressivité des soins chez les patients atteints de cancer dans le dernier mois de vie qui sont : -la chimiothérapie dans les 15 derniers jours de vie -le nombre d'hospitalisation -le nombre de passage aux urgences -passage en réanimation ou soins intensifs -décès dans un service de réanimation, soins intensifs -l'absence de prise en charge par une équipe de soins palliatifs, ou recours tardifs dans les 3 derniers jours de vie Dans une étude (thèse agressiveness) il est mis en évidence que la chimiothérapie en fin de vie, bien qu'identifier comme un critère d'agressivité des soins en fin de vie, est fréquente. En effet cette étude monocentrique au CHU de Grenoble a mise en évidence que 22% des patients atteints de cancer dans les 15 derniers jours de vie recevaient de la chimiothérapie tout type de cancer et tout type de chimiothérapie confondu. Cette donnée est bien supérieur à la moyenne nationale (11,3%)(15) mais l'étude nationale ne prenait pas en compte les patients atteints d'hémopathies malignes qui dans l'étude au CHU de Grenoble avaient pour 82% d'entre eux reçus de la chimiothérapie dans les 15 derniers jours de vie. Non seulement il existe une détresse financière partiellement prise en charge en France chez les patients atteints de cancer en phase avancé mais aussi des soins inadaptés qui coûtent aux patients et au système de santé actuel. Le but maintenant est de poursuivre au plus près des patients une analyse sur les coûts de soins prescrits et non prescrits tout au long du parcours de soins des patients atteints de cancer en phase palliative au CHU de Grenoble. L'objectif principal de cette étude est donc d'évaluer l'ensemble des coûts directs et indirects tout au long de la phase palliative des patients atteints de cancer. Les objectifs secondaires sont : -mesurer la fréquence des critères d'agressivité des soins de fin de vie : • le décès dans un service de réanimation, de soins intensifs ou dans un service d'urgence dans le dernier mois de vie • le fait d'être hospitalisé plus d'une fois dans le dernier mois de vie • la décision d'une nouvelle ligne de chimiothérapie au cours du dernier mois de vie • la réalisation de chimiothérapie dans les deux dernières semaines de vie • le recours à des Unités de Soins Palliatifs (USP) moins de 3 jours avant le décès -mesurer la fréquence d'intervention d'assistante sociale auprès des patients

  • Titre traduit

    end of life costs in patients with cancer


  • Résumé

    The impact of physical and psychological cancer-related-symptoms on patient's quality of life (QOL) is undeniable(1–5). Recent studies in the United States of America (USA)(6)and in France(7)showed associations between patients QOL and Financial Distress (FD), and FD with cancer- related-symptoms. Furthermore others studies in the USA highlighted that the cost of medical care was a frequent source of bankruptcyand financial difficulty was the first source of distress among patient with cancer in a comprehensive cancer center. Therefore taking care of patients with advanced cancer is not only evaluating and treating and giving medical support, it includes early and systematic social situation analysis and support. Whereas a 100% coverage exists in France, 51%(74) of patients declared having FD, 34%(48)reported severe FD. Even if this study was exploratory it showed that French health care system doesn't protect at least entierely from financial distress. The american and french analysis highlighted french national health system cushion the frequency and the intensity of financial distress but that seems not to be sufficient.In this study, french patients with cancer seemed to receive more cancer treatment than the american ones concerning radiotherapy, chemotherapy and surgery. But studies showed cancer treatment during the last month of life was considered to be agressive and therefore futile. Those agressiveness criteria of cancer care are: -chemotherapy during the 15 days of life -more than one hospitalisation -admission to the ER(emergency room) -admission in the Intensive Care Unit -death in the Intensive care Unit ou ER -no hospice contact or within the last 3 days of life One study in the teachong hospital of Grenoble highlighted taht 22% of patients deceased in the 2015 year received chemotherapy within their last 15 days of life.That data is above the national one (11.3%)but the national study were not including hematological malignancies. Finally financial distress exist among patients with cancer but they also received futile treatment at the end of life. The goal now is to focus and follow patients with advanced cancer concerning direct and undirect costs. The main objective is to evaluate the total cost of the palliative pahse for patients with cancer. Scondary objectives are: -measure the frequency of agressive cancer care at the end of life -measure the frequency of social intervention for those patients