Des pratiques alternatives aux pratiques immobilières, la culture et le temporaire au service des acteurs de l'immobilier

par Juliette Pinard

Projet de thèse en Aménagement de l'espace, Urbanisme

Sous la direction de Olivier Coutard et de Elsa Vivant.

Thèses en préparation à Paris Est , dans le cadre de École doctorale Ville, Transports et Territoires (Champs-sur-Marne, Seine-et-Marne ; 2015-....) , en partenariat avec LATTS - Laboratoire Techniques, Territoires, Sociétés (laboratoire) depuis le 02-01-2017 .


  • Résumé

    Le présent projet de thèse s'intéresse à la diffusion d'une pratique alternative, celle de la friche culturelle, dans les pratiques immobilières. En effet, la période actuelle est marquée par l'appropriation et l'instrumentalisation grandissante des pratiques de la friche culturelle et de l'occupation temporaire de ces sites par certains acteurs de l'immobilier. Ces pratiques, traditionnellement « alternatives » ou bottom-up, ont été institutionnalisées par les pouvoirs publics et tendent finalement aujourd'hui à devenir un nouveau modèle d'action pour les acteurs de l'immobilier. Ainsi, SNCF Immobilier, nouvelle branche du groupe public ferroviaire, a initié une vaste démarche de valorisation de ses friches à travers l'accueil temporaire d'opérateurs culturels durant le temps de l'avant projet urbain. Le développement de cette nouvelle stratégie immobilière reflète la volonté d'intégrer la culture à la fois comme levier et objet de valorisation immobilière. Or, on peut supposer que l'appropriation récente de ces pratiques par des acteurs de l'immobilier a conduit à un changement dans la nature de ces occupations, des opérateurs et des modes opératoires, participant à l'évolution globale des pratiques liées à l'occupation temporaire des friches. Ce phénomène questionne donc la diffusion et la reproduction de ces pratiques au sein de ces acteurs et les mutations que cela induit dans la nature même des projets, des opérateurs impliqués et des modes opératoires ou processus qui les précèdent. Enfin, l'engouement pour ces pratiques par les acteurs de l'immobilier pose la question de l'évaluation des retombées matérielles et immatérielles liés à l'occupation temporaire de ces sites pouvant motiver leur développement. La question se pose alors de comment évaluer ces effets et donc de comment identifier les valeurs qui leurs sont attribuées par ces acteurs, tant sur le plan immobilier et urbanistique que symbolique ou patrimonial.

  • Titre traduit

    From alternative pratices to real estate practices : the culture and the temporary at the service of the real estate actors


  • Résumé

    This thesis project focuses on the spread of the alternative practice of cultural wasteland and temporary occupation in real estate practices. Indeed, the current period is characterized by the appropriation and increasing use of these practices by certain real estate actors. These practices, traditionally "alternative" or bottom-up, have been institutionalized by public authorities and nowadays tend to become a new model of action for real estate actors. Thus, SNCF Immobilier, a new branch of the national railway company, launched a wide action to value its wasteland through the temporary occupation of cultural operators during the pre-urban project period. The development of this new real estate strategy reflects the desire to integrate culture both as a leverage and object of property valuation. However, it can be assumed that the recent appropriation of these practices by real estate actors has led to a change in the nature of these occupations, operators and operating modes, participating in the overall evolution of practices related to the temporary occupation of wasteland. This phenomenon therefore questions the diffusion and reproduction of these practices within these actors and the changes that this induces in the nature of the projects, the operators involved and the processes that precede them. Finally, the enthusiasm for these practices by the actors of the real estate raises the issue of the evaluation of the material and immaterial benefits linked to the temporary occupation of these sites which can motivate their development. The question then arises how to evaluate these effects and therefore how to identify the values ​​attributed to them by these actors, both in terms of real estate and urban development, as well as symbolic or patrimonial.