Hémangiopéricytomes méningés de grades II et III : de la pathologie humaine à la génération de modèles murins exprimant le gène de fusion NAB2-STAT6 et thérapie génique par restauration de NAB2

par Caroline Apra

Projet de thèse en Aspects moléculaires et cellulaires de la biologie

Sous la direction de Michel Kalamarides.

Thèses en préparation à Paris Saclay , dans le cadre de Cancérologie : biologie - médecine - santé , en partenariat avec ICM - Institut du cerveau et de la moelle épinière (laboratoire) et de Université Paris-Sud (établissement de préparation de la thèse) depuis le 01-05-2017 .


  • Résumé

    Les hémangiopéricytomes méningés (HPM) sont des tumeurs fibreuses solitaires intracrâniennes rares mais agressives, sans traitement efficace à l'heure actuelle. Elles se développent aux dépends de cellules méningées exprimant PGDS, et sont caractérisées par un événement génétique conduisant à un gène de fusion NAB2-STAT6, qui induit la progression tumorale par activation de la transcription des Early Growth Response (EGR1). L'inactivation de CDKN2A (p16Ink4a; p19Arf) apparaît comme un facteur d'agressivité supplémentaire. L'objectif de notre travail est de générer un modèle murin d'HPM et de tester des modalités de thérapies génique et pharmacologique. Pour cela, nous identifions actuellement deux types de séquences de gènes de fusion NAB2-STAT6 issues d'HPM humains, que nous inclurons dans un rétrovirus RCAS. Nous infecterons de façon spécifique les cellules PGDS+, dans une lignée de souris déjà utilisée dans l'équipe, par une injection sous-durale. Dans un deuxième groupe de souris Cdkn2a flox/flox, déjà disponibles, nous y associerons l'inactivation de CDKN2A, en les coinfectant avec un RCAS-NAB2-STAT6 et un RCAS-Cre. Toutes ces souris seront suivies cliniquement, par IRM, et sacrifiées à l'apparition de signes ou à 12 mois. Les tumeurs seront étudiées en immuno-histochimie et mises en culture pour confirmer l'expression du gène de fusion et étudier la croissance tumorale. Des souris porteuses d'HPM pourront être créées par injection sous-durale de cellules tumorales. La dernière partie du projet est l'exploration de la thérapie génique dans les HPM par réintroduction de NAB2, par infection in vitro puis in vivo avec un RCAS-NAB2, qui devrait réprimer l'activité transcriptionnelle d'EGR1. Des molécules actives sur d'autres tumeurs fibreuses solitaires, ou des anticorps actifs contre des cibles de EGR, seront également testées in vitro et in vivo. Notre travail permettra donc de disposer d'un modèle murin et in vitro d'HPM et de commencer une essai préclinique.

  • Titre traduit

    Grades II/III meningeal hemangiopericytomas : from human disease to original murine model expressing NAB2-STAT6 fusion gene and inactivated for CDKN2A, with gene therapy trial


  • Résumé

    Meningeal hemangiopericytomas (MHP) are rare agressive intracranial tumors, affiliated to systemic solitary fibrous tumors. As no efficient treatment is available for the moment, we aim at creating a mouse model for MHP and testing gene therapy and relevant molecules in vitro and in vivo. MHP derive from PGDS+ meningeal cells, and they are characterized by a genetic event leading to a NAB2-STAT6 fusion gene, that induces activation of Early Growth Response factors (EGR1). CDKN2A (p16Ink4a; p19Arf) inactivation probably increases the aggressiveness of the tumor. We started our project by identifying two types of gene fusion sequences in human MHP, and we will introduce them into RCAS retrovirus. Those viruses will be injected in the subdural space of a line of already available mice, where they will specifically infect PDGS + cells. Then we will co-infect a Cdkn2a flox/flox strain of mice with RCAS-NAB2-STAT6 and RCAS-Cre, to associate NAB2-STAT6 fusion and CDKN2A inactivation in meningeal cells and create more aggressive MHP. All mice will be followed clinically, with brain MRI, and sacrificed whenever they show symptoms or at 12 months. Tumors will be studied by immunohistochemistry to confirm the expression of the fusion gene and cultured to analyze cell growth. Mice will be injected with tumor cells in the subdural space to create a syngenic model of murine MHP. The last part of our project will consist in testing gene therapy in vitro and in vivo by reintroducing functional NAB2 in a RCAS virus, which should repress endogenous EGR1. Molecules that have been proved efficient in other solitary fibrous tumors, and antibodies against EGR targets will also be tested in vitro and in vivo. Our work will provide us with a mouse model and in vitro materials to develop therapies against MHP.