L'élaboration du gold exchange standard pour l'Inde (1870-1913) : : d'une controverse à une innovation monétaire.

par Jordane Biets

Thèse de doctorat en Sciences economiques

Sous la direction de Rebeca Gomez-Betancourt.

Thèses en préparation à Lyon , dans le cadre de Sciences économiques et de gestion , en partenariat avec Triangle (equipe de recherche) depuis le 25-11-2016 .


  • Résumé

    Cette thèse analyse le processus d’émergence du gold exchange standard (GES). Spécialement façonné pour l’Inde au fil des débats entre 1876 et 1892, son adoption est l’occasion de fortes tensions politiques et théoriques jusqu’en 1913. Nous nous intéressons dans cette thèse à l’intensité des discussions monétaires derrière le manque d’adhésion pour ce régime pendant ces trois décennies. Nous mettons en lumière qu’en débattant de la roupie, ces acteurs repensaient le cadre logique d’usage des monnaies domestiques. Pour le comprendre, nous revenons aux origines de son élaboration en réhabilitant ses inventeurs pour l’Inde : John Thomas Smith (1805-1882) et Alexander Martin Lindsay (1844-1906). Leur contribution est étudiée dans le cadre des débats qu’ils ont suscités, et met en lumière les éléments innovants controversés du GES. Ce régime – qui repose sur une monnaie domestique strictement jeton, échangeable en or par l’intermédiaire d’une devise étrangère – est alors perçu comme « inconvertible », « artificiel » ou « géré ». En 1876, Smith confronte ses arguments à Walter Bagehot (1826-1877), alors que Lindsay affronte dans un autre contexte la défiance des Comités Herschell (1893) et Fowler (1898). Il ressort que l’hostilité des intellectuels britanniques de cette fin de 19e siècle relève de représentations héritées du métallisme théorique. Désorientés par la rapide diffusion internationale du gold standard dans les années 1870, ils surestiment le rôle monétaire des métaux à la lumière de l’exemple du régime monétaire anglais. Avec le Smith-Lindsay scheme, adapté à l’Inde et au nouvel environnement international, ces deux auteurs rompent avec ces idées monétaires de leur époque. Le GES, mis en place en Inde sans conviction politique et sans adhésion théorique, marque pourtant l’énonciation et le début d’un gold standard d’avant-garde.

  • Titre traduit

    The conception of the gold exchange standard for India (1870-1913) : from a controversy to a monetary innovation


  • Résumé

    This thesis analyses the process of emergence of the gold exchange standard (GES). Specially shaped for India during the debates between 1876 and 1892, its adoption was the occasion of strong political and theoretical tensions until 1913. In the thesis, we pay interest to the volume of the monetary discussions behind the lack of agreement on this regime during three decades. We highlight that when debating about the rupee, these actors were rethinking the logical framework for the use of domestic currencies. To understand this, we return to the origins of its conception by rehabilitating its inventors for India: John Thomas Smith (1805-1882) and Alexander Martin Lindsay (1844-1906). Their contribution is studied in the context of the debates they have sparked, and shows the controversial innovative elements of GES. This regime – based on a domestic currency strictly token, exchangeable for gold through a foreign currency – is then perceived as "inconvertible", "artificial" or "managed". In 1876, Smith confronted his arguments with Walter Bagehot (1826-1877), while Lindsay faced in another context the mistrust of the Herschell (1893) and Fowler (1898) Committees. It appears that the hostility of British intellectuals at the end of the 19th century stems from representations inherited from theoretical metallism. Disoriented by the rapid international spread of the gold standard in the 1870s, they overestimated the monetary role of metals in the light of the example of the British monetary regime. With the Smith-Lindsay scheme, adapted to India and the new international environment, these two authors break with these monetary ideas of their time. The GES, set up in India without political conviction and without theoretical support, nevertheless marks the enunciation and the beginning of an avant-garde gold standard.