Élaboration des politiques locales d'adaptation aux changements climatiques :Remodeler l'expertise pour lever les freins ?

par Pascale Bosboeuf

Projet de thèse en Aménagement de l'espace, Urbanisme

Sous la direction de Corinne Larrue.

Thèses en préparation à Paris Est , dans le cadre de École doctorale Ville, Transports et Territoires , en partenariat avec LAB'URBA (laboratoire) depuis le 01-12-2016 .


  • Résumé

    CONTEXTE ET ENJEUX SCIENTIFIQUES La construction du « régime climatique », dont la COP 21 de 2015 a été l'expression la plus récente, a permis l'essor des recherches, conduit à la prise en charge internationale et à la définition d'objectifs pour contenir le réchauffement global sous un seuil qui en rende les impacts supportables. En France, les politiques climatiques sont entrées dans les attributions des collectivités locales seulement depuis leur massification par la loi Grenelle II (2010). La loi de transition énergétique pour la croissance verte (TECV, 2015) rationalise la lutte contre les changements climatiques (CC) en mettant deux échelles à la manœuvre : les Régions comme garants de leur coordination et de leur cohérence sur leur périmètre via les schémas régionaux climat air énergie (SRCAE), et les établissements publics de coopération intercommunale (EPCI), en charge de leur déclinaison opérationnelle, à travers les plans climat air énergie territoriaux (PCAET). Ces plans ont une double vocation : l'atténuation du réchauffement global et l'adaptation à ses effets locaux. L'atténuation porte sur le phénomène lui-même et vise à réduire l'empreinte climat du territoire, en limitant ou capturant les émissions de gaz à effet de serre (GES). L'adaptation s'attache aux conséquences des CC et vise à renforcer la capacité des territoires à y faire face, en réduisant leur vulnérabilité et en maximisant les bénéfices. Ce principe accompagne la notion de résilience : « la capacité d'un système à absorber un changement perturbant et à se réorganiser en intégrant ce changement, tout en conservant essentiellement la même fonction, la même structure, la même identité et les mêmes capacités de réaction. ». Quenault (2013) propose une analyse des concepts de vulnérabilité et de résilience, qu'elle expose comme les deux faces d'une médaille, pile étant négatif (la vulnérabilité), face étant positif (la résilience). La notion d'adaptation leur est liée et peut être défini comme « un ajustement des systèmes naturels ou humains en réponse à des stimuli climatiques présents ou futurs ou à leurs effets, afin d'en atténuer les effets néfastes ou d'exploiter des opportunités bénéfiques » (IPCC 2001 , cité par Locatelli, 2011 ). L'agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (ADEME) présente l'adaptation comme suit : « L'adaptation ‘‘spontanée'' ou ‘‘réactive'' répond à un risque avéré. Elle n'est pas précédée d'une analyse globale des risques. L'adaptation ‘‘planifiée'' permet d'anticiper le risque. Elle intègre le changement du climat dans les politiques publiques et la gestion des infrastructures et des espaces publics. Elle permet de limiter la maladaptation. » Atténuation et adaptation sont indissociables : l'inertie du système climatique et la poursuite des émissions rendent inévitables des modifications du climat . Seule, l'atténuation ne mettra pas les sociétés suffisamment à l'abri, tandis que l'adaptation seule sera plus couteuse, voire impossible . Or, certains effets en sont déjà visibles à l'échelle locale . Malgré cela, en France comme dans nombre de pays développés, l'adaptation demeure le parent pauvre des politiques climatiques, majoritairement concentrées sur l'atténuation. En témoigne une enquête de l'assemblée des communautés de France (AdCF ) début 2015 : 170 EPCI ont été interrogées. Seules 32% ont pris des mesures en faveur de l'adaptation. Encouragée par l'antériorité des compétences locales en matière d'énergie, les perspectives d'économies dans un contexte de volatilité des prix des énergies fossiles et de contraintes budgétaires croissantes, l'action publique locale a fini par faire une place aux politiques d'atténuation . Par ailleurs, la construction du problème climatique a initialement bénéficié à ce mouvement : d'aucun craignait qu'en mettant l'adaptation en lumière, les acteurs ne se détournent de l'atténuation . D'autres difficultés brident l'émergence de mesures locales d'adaptation. Une catégorisation peut être proposée : - Des freins d'ordre cognitif, renforcés par plusieurs aspects :  Les temporalités : Malgré la rapidité du réchauffement global actuel, dans le contexte français où une large portion du territoire n'est pas exposée à des risques de grande ampleur à court terme, les évolutions du climat restent presque imperceptibles à l'échelle d'une vie humaine et a fortiori à l'échelle d'un mandat électoral. En outre, bien que certains auteurs présentent l'adaptation comme un processus et non un état figé à atteindre , mais cette logique imprègne peu les pratiques publiques locales.  Les incertitudes : Les modélisations climatiques sont d'une fiabilité raisonnable à l'échelle planétaire , mais les incertitudes augmentent à mesure que l'échelle considérée diminue. Par ailleurs, les effets locaux du réchauffement global varient dans le temps, perturbant les capacités de décision .  La responsabilité : Les territoires sont laissés à la marge de la gestion du problème au niveau international , même si un mouvement tend à les impliquer d'avantage. La construction du savoir et de l'expertise s'est elle aussi construite de façon descendante. De fait, l'atténuation est un défi mondial alors que l'adaptation constitue un enjeu territorialisé . Mais les caractéristiques du problème (planétaire, émergeant avec l'ère industrielle) font que la responsabilisation des élus locaux ne s'impose pas d'évidence. Richard (2013) démontre aussi que l'ampleur du phénomène, les modifications qu'il implique dans les modes de gestion du local, inhibent l'action publique : « si dans une logique rationnelle, l'action apparaît d'autant plus imminente que nécessaire, dans les faits, la décision et l'action peuvent s'avérer bien plus difficiles dès lors que les enjeux soulevés s'avèrent importants. » Un autre frein réside dans les controverses sur la façon dont il convient d'appréhender la croissance au regard des risques climat. Ces débats de société dépassent le local et les orientations classiques des projets de territoires. Ces paramètres rendent difficile la conceptualisation du problème à l'échelle locale. - Des freins financiers, dus au contexte budgétaire que connaissent les collectivités : Baisse de la dotation générale de fonctionnement et de leurs recettes fiscales, les collectivités font face à des difficultés financières. Or, ses temporalités et sa spatialité éloignées des préoccupations locales ne facilitent pas la priorisation de l'enjeu d'adaptation climatique. - Des freins réglementaires et législatifs : Le système législatif français a récemment produit des lois d'orientations plutôt que des lois programmes. Une loi d'orientations est une « loi qui, pour l'ensemble d'une matière, fixe une politique globale à réaliser en un temps plus ou moins long et prend les dispositions nécessaires à cet effet », tandis qu'une loi de programme « détermine les objectifs [par exemple] de l'action économique et sociale de l'Etat ». De fait, nombres d'articles de la loi n'entrainent pas, pour les acteurs, une obligation de résultat, mais plutôt une obligation de moyens. Certains commentateurs estiment que la loi TECV relève plus de l'orientation que du programme . Certes, des objectifs sont fixés pour la réduction des émissions de GES et des consommations d'énergies fossiles, l'augmentation de la part des ENR, etc. En revanche, la loi ne peut fixer d'objectifs aux enjeux d'adaptation, puisque ceux-ci seraient différentiés selon la temporalité et l'espace considérés, rendant toute appréciation impossible. D'autant que l'enquête AdCF révèle que les collectivités ont déjà du mal à évaluer l'efficience de leurs actions climat-énergie, du fait de la nature transversale des mesures et de leur dispersion au sein de différents budgets. L'obligation d'adopter un volet adaptation ne peut donc être assortie de mesures coercitives en cas de non-respect ; Or, Elsa Richard rappelle que c'est l'un des principaux leviers pour assurer la territorialisation des politiques nationales. Mentionnons également les freins résultants des calendriers d'élaboration des documents programmatiques et n'ont parfois pas permis d'appuyer la construction des PCET sur les SRCAE. Le volet adaptation a aussi été peu abordé dans les schémas régionaux . - Des freins organisationnels : Territorialisation de l'expertise, production et diffusion de la « culture adaptation » apparaissent indispensables. La science du climat existe, ainsi que le savoir-faire permettant dans une certaine mesure de modéliser les effets locaux du réchauffement . Cependant, 67% des EPCI de l'étude AdCF indiquent un besoin d'appui technique extérieur. Les entretiens menés dans ce cadre révèlent que les agents se sentent rarement légitimes sur ce sujet, par manque de connaissances. En outre, le dialogue entre les différentes disciplines constituant la sphère de l'expertise (sciences « dures », sciences humaines) peut être sources de freins . Si le facteur organisationnel est seulement l'un des paramètres expliquant l'atonie des pouvoirs publics locaux en matière d'adaptation, son analyse serait néanmoins un moyen de comprendre en quoi l'adaptation est un champ singulier de l'action publique locale : la littérature montre l'existence d'une expertise, mais sa traduction en ingénierie territoriale ne semble pas suffisante pour lever les obstacles à la mise sur agenda politique local puis à la mise en œuvre des mesures. S'appuyant sur les travaux de Plottu, Lascoumes ou Habermas, Claire Reliant (2004) démontre que l'émergence de problèmes locaux complexes a modifié l'exercice de l'expertise et son usage par les collectivités. La « décision monocritère [a cédé] la place à des évaluations multicritères », faisant intervenir un grand nombre d'experts et de disciplines . L'expertise est amenée non plus à préconiser des solutions dans un processus de gestion linéaire des problèmes, mais à constituer les cadres dans lesquels le problème est définit, au sein d'instances incluant élus et techniciens, experts, société civile. Les élus fondent leurs décisions sur cette base, légitimés non uniquement sur les dires d'experts mais sur une démarche participative où les savoirs profanes s'agrègent aux savoirs scientifiques. Une nouvelle mission est également confiée à l'expertise : réduire les incertitudes liés à ces nouveaux problèmes, et celles entourant les conséquences des décisions à prendre. Le recours à l'expertise par les pouvoirs publics a donc permis de saisir et de gérer les problèmes complexes, grâce au remodelage de l'expertise et à de nouveaux types de relations entre territoires et experts. Or, l'adaptation apparaît comme un défi rétif à ce mécanisme. Quelles spécificités du problème climatique peuvent expliquer ce blocage ? Exigent-elles le renouveau du mode d'intervention de l'expertise auprès des collectivités ? De là découle la question centrale de cette thèse : Quels outils d'accompagnement des collectivités et modes d'intégration de l'expertise dans le processus de décision répondraient aux spécificités des politiques locales d'adaptation des territoires aux effets des changements climatiques ? Il s'agit d'analyser comment peut être remodelée l'articulation entre expertise et sphères de décision. Au préalable, il convient d'éclaircir en quoi leurs interrelations actuelles obèrent leur capacité à répondre au défi de l'adaptation locale aux CC. Pour cela, nous formulons deux hypothèses : - Tout d'abord, toutes les collectivités s'entourent déjà d'experts, voire de chercheurs pour les éclairer dans leurs pratiques. Cela posé, nous aurons à vérifier l'hypothèse selon laquelle ces spécialistes font plus souvent figure de garants scientifiques et/ou moraux qu'ils ne sont partie-prenante de la stratégie d'adaptation. Au regard de ces éléments, l'appréhension par les collectivités locales de l'adaptation en tant que champ singulier d'intervention ne va pas de soi. De ce fait, cette thématique, quand elle est saisie par les collectivités locales, serait traitée comme n'importe quel autre sujet de l'action territoriale, là où sa finalité appellerait un modus operandi particulier. - Si l'expertise climatique est disponible, elle ne serait pas traduite de façon appropriée en une ingénierie territoriale. Les réticences des collectivités à se saisir de cet enjeu sont en partie expliquées par les catégories de freins exposées plus haut. Cela entrainerait une trop rare sollicitation des experts sur ce volet. Puisque les terrains d'étude sont peu nombreux, les opportunités de forger une expertise adaptée au contexte français, métropolitain à fortiori, sont rares : les experts n'auraient eu que trop peu l'occasion de mettre à l'épreuve et de renforcer l'efficacité de leurs boîte à outils. Ces aspects limiteraient l'introduction des savoirs dans le mécanisme de prise de décisions. L'analyse de ces questions permettra de comprendre comment le rôle de l'expertise peut concourir à lever les freins qui entravent l'élaboration des politiques associées. Il sera alors possible de contribuer à la construction de démarches d'accompagnement et d'outils d'aide à la décision plus appropriés, de formuler des recommandations sur la gouvernance répondant à cette singularité. L'objectif est d'améliorer la synergie entre les acteurs, de faciliter l'appropriation des connaissances scientifiques par les décideurs et leur traduction en dispositifs au service de l'adaptation des territoires aux effets des CC.

  • Titre traduit

    Local policy of adaptation to climate change : Reshaping the expertise to remove the bottlenecks ?


  • Résumé

    CONTEXT AND SCIENTIFIC ISSUES The construction of the "climate regime", whose the 21th United nations conference on climate change of 2015 was the latest expression, has allowed the development of researches, led to the international support and the definition of objectives to contain global warming below a threshold which make their impacts bearable. In France, climate policies came within the remit of local authorities only since massification by the Grenelle II law (2010). The energy transition for green growth law (TECV, 2015) streamlines the fight against climate changes (CC) by two ladders to maneuver the regions -as guarantors of their coordination and coherence on their perimeter via regional patterns energy air climate (SRCAE), and publics establishments of intermunicipal cooperation (EPCI) -in charge of its operational implementation, through the territorial air energy climate plans (PCAET). These plans have a dual purpose : mitigation of global warming and adapting to its local effects. Mitigation is about the phenomenon itself and aims to reduce the climate footprint of the territory, limiting or capturing greenhouse gases emissions (GHG). The adaptation focuses on the consequences of CC and aims to strengthen the capacity of territories to cope by reducing their vulnerability and maximizing profits. This principle underlies the notion of resilience, "the ability of a system to absorb a disruptive change and reorganize itself by incorporating the change, while essentially maintaining the same function, the same structure, the same identity and the same response capabilities . ". Quenault (2013) analyzes the concepts of vulnerability and resilience, setting them as the two sides of the same coin, stack being negative (the vulnerability), face being positive (resilience). The concept of adaptation is related to them and can be defined as "an adjustment in natural or human systems in response to actual or expected climatic stimuli or their effects, in order to mitigate the harm or exploits beneficial opportunities" (IPCC 2001, quoted by Locatelli, 2011). The Environment and Energy Management Agency (ADEME) introduce adapting as follows : ''The "spontaneous" or ''reactive'' adaptation responds to a proven effect. It is not preceded by an overall analysis. The "planned" adaptation allows to anticipate the risk. It integrates the adaptation to climate changes in Publics Policies and Management of infrastructures and public spaces. It limits the maladjustment. " Mitigation and adaptation are inextricably linked : the inertia of the climate system and the continuation of broadcasts make climate changes unavoidable. Alone, mitigating do not protects enought territories and populations, while that adaptation alone will be more expensive, even impossible. Yet, some effects are already operative at the local level. Despite this, in France and in a number of developed states, adaptation remains the poor relation of climate policies, mainly focused on mitigation. Evidenced by the Assembly of Communities of France (AdCF) in early 2015: 170 EPCI Were interviewed. Only 32% had taken measures in favor of adaptation. Encouraged by the precedence of local skills on energy, savings prospects, the context of price's volatility of fossil fuels, and increasing budgetary constraints, local public action has finaly made a place to the mitigation policies. By elsewhere, the construction of the climate problem initially benefited to this : some feared that highlighting adaptation would have turn away actors from mitigation. Encouraged by the precedence of local skills on energy, savings prospects, the context of price's volatility of fossil fuels, and increasing budgetary constraints, local public action has finaly made a place to the mitigation policies. By elsewhere, the construction of the climate problem initially benefited to this : some feared that highlighting adaptation would have turn away actors from mitigation. Other difficulties hindering the emergence of local adaptation measures. A categorization can be proposed : - Cognitive brakes, reinforced by several aspects : • Temporalities : Despite the speed of the current global warming, in the French context where a large portion of the territory is not exposed to major risks in the short-term, the climate changes are almost imperceptible at the scale of a human life, and even more at the level of an electoral mandate. Furthermore, although some authors present adaptation as a process and not a static state to be achieved, this logic permeates little local public practices. • Uncertainties : Climate models are reasonably reliable on a global scale, but uncertainty increases as the scale considered decreases. Moreover, the local effects of global warming vary over time, disrupting decision-making abilities. • Responsibility : The territories are left at the margin of managing the problem internationally, although a motion tends to involve more. The construction of knowledge and expertise has also built by a top down process. By fact, mitigation is a global challenge, while adaptation is a territorialized issue. But the characteristics of the problem (global, emerging with the industrial age) do not make the responsibility of local actors so obvious. Richard (2013) also shows that the extent of the changes that this implies in the management methods inhibit the public action : “if in a rational logic, the action is all the more imminent than necessary, in facts, the decision and the action can be much more difficult since the issues raised are important.” Another obstacle lies in the controversy over how it should grasp the growth in terms of climate risks. These public debates outstrip local issues and traditional orientations of territorial projects. The conceptualization of the local problem is complicated by these parameters. - Financial brakes, due to budgetary constraints faced by communities : decreased of operating grants and tax revenues. However, its temporality and its spatiality away from local concerns do not facilitate the prioritization of climate adaptation challenge. - Regulatory and legislative brakes : The French legal system has recently produced guidance laws rather than laws programs laws. A guidance law is a "law which, for all of a field, fixes a comprehensive policy to achieve in a more or less long time and makes the necessary arrangements for this purpose", while a program law "determines the objectives [for example] of the economic and social action." In fact, most of articles of the TECV law do not involve, for actors, an obligation of result, but an obligation of means. Some commentators believe that the law TECV falls within this definition. Of course, goals are set for the reduction of GHG emissions and fossil fuel consumption, increasing the share of RES, etc. However, the law cannot set targets for adaptation issues, since they would be differentiated according to the temporality and space considered, making appreciation impossible. Especially as AdCF reveals that EPCI already encounter difficulties to assess the efficiency of their climate and energy action, because of the transversal nature of the measures and their dispersion across different budgets. The obligation to adopt an adaptation component cannot be subject to coercive measures in case of non-compliance ; But Elsa Richard recalls coercion is one of the main levers to territorialize national policies. We should also mention the resulting brake development of programmatic documents calendars that were not always allowed to support the construction of PCET on SRCAE . The adaptation component was also underdeveloped in regional patterns. - Organizational brakes : territorialised expertise, production and dissemination of "adaptation culture" appear essential. Climate science exists as well as, to some extent, the know-how to model local effects of global warming. However, 67% of the EPCI AdCF study indicates a need for external technical support. The interviews conducted in this context show that agents rarely feel legitimate about the sugject of adaptation, for lack of knowledge. In addition, the dialogue between the different disciplines constituting the sphere of expertise ("hard" sciences, social and human sciences) can be sources of brakes. If the organizational factor is just one of the parameters explaining the inertia of local authorities in adaptation, its analysis would still be a way to understand how adaptation is a unique field of local public action : literature shows the existence of expertise, but its translation into territorial engineering does not seem sufficient to remove obstacles in setting local political agenda and the implementation of measures. Building on the work of Plottu Lascoumes or Habermas, Claire Reliant (2004) demonstrates that the emergence of complex local issues have changed the exercise of expertise and its use by collectivities. The "decision monocriterion The "decision monocriterion [has given] way to multi-criteria evaluations", involving a large number of experts and disciplines. Expertise is not brought to advocate solutions in a linear problem management process, but to constitute the frameworks in which the problem is defined, in forums including elected officials and technicians, experts, civil society. Elected officials base their decisions on this basis, legitimated not only on the testimony of experts but on a participatory approach which the vernacular knowledge is aggregated to scientific knowledge. A new mission is entrusted to the expertise : reduce uncertainties associated with these new problems, and those surrounding the consequences of decisions. The use of expertise by local governments has helped to capture and manage complex problems, thanks to the remodeling of this expertise and to new types of relationships between territories and experts. However, adaptation appears as a stubborn challenge to this mechanism. What specificities of the climate problem can explain this block? Do they require the renewal of the mode of intervention of expertise alongside communities ? From this follows the central question of this thesis : What support tools for communities and ways of integrating expertise in the decision process would meet the local political specificities of local adaptation to climate change? This is to analyze how the joint can be reshaped between expertise and decision-making spheres. Beforehand, it should clarify what their current interrelations impeded their ability to meet the challenge of local adaptation to CC. For this, we make two assumptions: - Firstly, collectivities already surround experts or researchers to illuminate them in their practices. That said, we will have to verify the hypothesis that these specialists are most often asked to act as guarantors scientists and/or moral, that are involved, part of the adaptation strategy. Given these elements, the apprehension of the local adaptation as a singular field of intervention is not straightforward. Therefore, this theme when it is seized by local authorities, would be treated like any other subject of territorial action, where its purpose calls a particular modus operandi. - If the climate expertise is available, it would not be reflected appropriately in a territorial engineering. The reluctance of communities to seize this issue is partly explained by the types of brakes described above. This would result in a too rare solicitation of experts on this panel. Since the study sites are few, opportunities to forge expertise adapted to the French context, metropolitan mostly, are rare : the experts would have had too little opportunity to test and strengthen effectiveness of their toolbox. These issues limit the introduction of knowledge in the decision-making mechanism. The analysis of these issues would understand how the role of expertise can help to remove the obstacles that hinder the development of related policies. It will be possible to contribute to building support approaches and tools to help the most appropriate decision, make recommendations on governance answering this singularity. The aim is to improve synergy among stakeholders, to facilitate the appropriation of scientific knowledge by policy makers and their translation devices in the service of adapted territories to the effects of CC. DESCRIPTION OF THESIS WORK The approach is hypothetical-deductive, through a theoretical approach on local development process of adaptation measures in the first months of the thesis. Semi-structured interviews, conducted from the end of the first year with the actors , will be needed to understand how experts are involved in the territories, but also how the spatial distribution and inter-actors of the expertise unfolds. With this approach, we will also be able to interview elected and agents to identify their support needs. An empirical verification based on case studies will complete this work. Ideally, this phase would be determined by the development of an action-research, to begin in the middle of the second year, in order to make recommendations to avoid the pitfalls encountered in practice. The assessment of the experiment and the writing would follow. THEORETICAL APPROACH This research is part of a share in the field of geography, to which Jacques Scheibling (2011) prepared three functions : allow the continuity of spheres of social reproduction, production and dissemination of scientific knowledge, land use territory. This research will take into account the social structures in their ability to participate in the construction of adaptation to climate change. It falls on the other hand in the field of spatial planning, in the sense that the specific nature of this area "is to be a science of designing spaces that do not takes the spaces, but the process of design and organization as fundamental object "(Levy & Lussault, quoted by Richard, 2013). True to the interdisciplinary nature of geography, we borrow from other sciences. The sociology of innovation will understand the "winding path, uncertain, ranging from the manufacture of an object [in this case, the arrival on the international stage of the issue of global warming] until his massive distribution [to the territories], through its transformations [in local political problem] or its variations [through its integration with other community response fields]. Innovation is a process." The sociology of the decision will be invoked to understand the mechanisms of developing adaptation policies in terms of their social and societal context of emergence. Political science, in turn, will be a useful prism to analysis of collectivities's practices, to assess their 'adaptive' reach. The economy will underpin the debate on the financial difficulties, but we also discussed the work of Beatrice Quenault (2013) on the concepts of vulnerability and resilience. To discuss the concepts, we will also build on the writings of Canadian ecologist C. S. Holling about resilience. In the same way, we will pay attention to the work of Vivian Depoues, leading a thesis at the Institute for Climate Economics and ADEME, by focusing on the economic aspects of the dissemination of scientific knowledge to the actors of adaptation, and their integration into decision support tools. GREY LITERATURE We will question relations between spheres of the decision and spheres of the expertise, and integration of knowledge in the process of decision from the modes of solicitation of support' experts. Will be studied in particular the technical specifications and special conditions of tender issued by the authorities, but also by focusing on other forms of solicitation that could exist : meetings with organizations generating expertise on adaptation (State services and regionalized offices, unions and other technical structures, associations, academia, etc.). We will pay attention also to trainings, seminars, conferences and other events around climate change who may produce and/or distribute the local "culture climate". These practices will be considered both for their role in the decision process, as well as scenes of formulation and testing of support systems for local authorities from the expertise. STUDY COURSES The TECV law making EPCI the armed wing of the fight against climate change, our analysis will focus primarily on that level, while considering the major role of the Regions in the formulation of local strategies. This logic is supported by the Regions' role as intermediaries in the dissemination of knowledge, production expertise, and as technical and financial partners of the subregional collectivities. The survey conducted by the AdCF identified few potential land : - Metropolises of Bordeaux, Rouen or Lyon, quite advanced in this field. The Lyon metropolitan has the added advantage of able to rely on the Rhonalpin observatory of climate change impacts (ORECC) - The Annecy EPCI conducts various stakeholder consultation activities and enjoys the support not only of ORECC but also the Alpine observatory of global warming, while being representative of low investment in the French communities field of adaptation, - The community of Guadeloupe Cap Excellence is part of the panel of AdCF investigation. His character ultramarine exposed to risks already taken into account by policy ; Region Guadeloupe had been one of Elsa Richard study courses, for his thesis, defended in 2013 : this would provide a valuable historical. - Finally, the City of Paris conducts adaptation actions and became involved in research: the project "Climate Resilient Cities and Infrastructure" ( Resin ) , started in 2015 for a period of 3 years and a half, it aims for urban resilience to climate change. Guillaume Simonet also many "cleared" this field during his thesis (2011). Other areas, least developed in terms of adaptation policies, or less related to the sphere of expertise constitute comparison sites and rich experimentation. Two to three courses will thus be chosen during the first year after a first review of step. PLANNED COLLABORATIONS It may be considered collaboration with the Institute for Sustainable Development and International Relations: Alexandre Magnan would be part of the thesis steering committee. Links are also envisaged with the School of Engineers of the city of Paris and qu'I4CE (Guillaume Simonet) and Sciences Po Paris (Morgane Poulizac). The subject has received attention from various agencies with which it will be possible to work in different perspectives. - First to gather data, verify the appropriateness of the methodology and guide the research work: AdCF, MDP 73, agglomeration of Annecy, Rhône Alpes Auvergne and ORECC, Provence Alpes Côte d'Azur, and Elsa Richard, PhD in urban planning, climate and energy expert at Auxilia board. - In addition to confront the reflections presented in the thesis of the reality of practices developed locally, but also for methodological and logistical support (contacts with different actors, dissemination of results ...) through ad hoc collaborations : office TEC board studies, Climate Action Network France.