Les leçons de l'expérience d'ouverture à la société de l'INERIS: vers de nouvelles interactions sciences sociétés.

par Lucile Ottolini

Projet de thèse en Sociologie

Sous la direction de Pierre-Benoit Joly.

Thèses en préparation à Paris Est , dans le cadre de OMI - Organisations, Marchés, Institutions , en partenariat avec LISIS - Laboratoire Interdisciplinaire Sciences Innovations Sociétés (laboratoire) depuis le 02-01-2017 .


  • Résumé

    La recherche et l'innovation sont considérées comme les ressources essentielles pour répondre aux grands défis auxquelles les sociétés contemporaines sont confrontées. En même temps, la recherche est controversée, parfois remise en cause et durement contestée. Dans les pays de l'OCDE, cette tension a conduit de nombreux acteurs publics à explorer différents modes de relation entre la recherche institutionnelle et la société. A un modèle linéaire où la science était supposée intervenir sur la société depuis l'extérieur s'est substitué progressivement un modèle plus intégré, plus interactif, où l'on considère que la science est dans la société, où la recherche est produite dans des contextes d'action et mue par la résolution de problèmes. Dans ce contexte, si le débat public sur les orientations scientifiques et techniques a été assez bien étudié, on sait par contre peu de choses sur la façon dont les organismes de recherche ont transformé leurs relations avec la société. Comment considèrent-ils cette re-contextualisation de la recherche ? Quelles sont les transformations des fonctions et des modes d'organisation des interactions avec la société ? Quels sont les effets de ces transformations du point de vue de la programmation de la recherche, de sa réalisation, et de la communication ? Quels sont les enjeux épistémologiques, méthodologiques et politiques de ces transformations ? (…) Cette recherche s'appuiera sur l'expérience d'ouverture à la société conduite à l'INERIS depuis 2008. Elle visera à : décrire finement cette expérience en utilisant les matériaux d'archive interne, des entretiens avec les acteurs (internes et externes) et l'observation participante. Il s'agira de faire l'analyse généalogique de cette expérience, de repérer les transformations observables, d'identifier les apprentissages internes, de saisir les transformations dans la programmation de la recherche et de l'expertise, la réalisation des projets et la diffusion des résultats ; restituer cette expérience dans un paysage large, celui des organismes de recherche français mais aussi par rapport à un échantillon comparable d'organismes de recherche européens ; conceptualiser cette expérience afin de saisir la façon dont elle peut être poursuivie et approfondie au sein de l'INERIS et dans quelle mesure elle peut être partagée avec d'autres organismes de recherche et d'expertise. Cette thèse s'inscrit dans le champ de l'étude de sciences et des techniques, au croisement de la sociologie des sciences, de la sociologie des organisations et du ‘public understanding of science'. Les questions scientifiques qui sont au cœur du sujet sont les suivantes : question de la représentation : quelles dont les différentes modalités de construction d'un organe de représentation de la société civile auprès d'un organisme de recherche ? quelles sont les conceptions des publics sous-jacentes ? quelles caractéristiques contribuent-elles à la construction de la légitimité ? quelles sont les épreuves de la représentation, comment ont-elles été résolues ? question de la délibération sur les sujets scientifiques : comment est construit l'agenda des discussions d'un tel organe ? de quelles ressources dispose-t-il ? quels sont ses pouvoirs d'investigation ? comment gérer la tension autonomie de l'organe/inclusion dans l'organisme ? quelles sont les traductions, recadrages, re-problématisations des questions scientifiques ? question des dynamiques organisationnelles : quels sont les intéressements/enrôlements des chercheurs de l'organisme dans l'organe de représentation de la société civile ? quelle est leur participation dans ce cadre ? plus généralement, comment les chercheurs perçoivent-ils cet organe ? quelles sont les transformations observables dans la communication scientifique, dans le pilotage scientifique, dans les relations entre ces deux fonctions ? question des dynamiques scientifiques : l'organe de représentation se situe-t-il systématiquement en aval ou parfois en amont de la recherche ? dans ce dernier cas, quelle est l'influence sur les questions posées, les méthodologies utilisées, la diffusion des résultats ? Ces questions de recherche seront travaillées à partir d'une analyse conduite dans des organismes comparables à l'INERIS au niveau européen ainsi que sur la base d'un retour d'expérience de l'INERIS ainsi que d'une phase d'observation de son fonctionnement en matière d'ouverture.

  • Titre traduit

    The lessons of the experience of opening to the society of the INERIS: towards new interactions sciences societies.


  • Résumé

    Research and Innovation are considered as the essential resources to answer the big challenges with which the contemporary societies are faced to. At the same time, research is hard debated, sometimes questioned and disputed. In the countries of the OECD, this tension drove numerous public actors to explore various modes of relation between the institutional research and the civil society. In a linear model where the science was supposed to intervene on the society since the outside substituted itself gradually a more joined, more interactive model, where we consider that the science is in the society, where the research is produced in contexts of share and moved by the resolution of problems. In this context, if the public debate on the scientific and technical orientations was well enough studied, we know on the other hand few things about the way research bodies transformed their relations with the society. How do they consider this re-contextualization of the research? What are the transformations of the offices and the policies of organization of the interactions with the company(society)? What are the effects of these transformations from the point of view of the programming of the research, its realization, and the communication? What are the epistemological, methodological and political stakes in these transformations? (…)