L'Architecture comme instrument de guerre. Utilisation pernicieuse à des fins stratégiques et militaires, cas critique de Jérusalem.

par Clarisse Genton

Projet de thèse en Architecture

Sous la direction de Jacques Fol et de Jean Attali.

Thèses en préparation à Paris Est , dans le cadre de VTT - Ville, Transports et Territoires , en partenariat avec ACS XIXème-XXème Siècle - Architecture, Culture, Société XIXe-XXIe siècles (laboratoire) depuis le 17-10-2016 .


  • Résumé

    L'objet de notre recherche est l'utilisation politique et militaire de l'architecture et de l'urbanisme en Israël et en Cisjordanie, et plus particulièrement à Jérusalem. Jérusalem est aujourd'hui connu comme le fruit d'une double histoire, à la fois ville trois fois sainte et théâtre central du conflit israélo-palestinien. C'est cette double vision qui nous est le plus souvent présentée : celle des livres d'histoire, et celle des média. Cependant, la cité est plus singulièrement l'espace où s'accumulent les représentations propres à chaque parti engagé dans le conflit et ce qu'ils y projettent pour former un agglomérat urbain à la cohérence variable. Jérusalem force le questionnement sur la fabrique urbaine générée par une situation de conflit mais aussi et surtout sur le rapport entre les décisions politiques et leurs concrétisations par le biais de l'architecture et de l'urbanisme. Ce qui pousse ensuite à s'interroger sur l'utilisation « innocente » de l'architecture à des fins stratégiques et militaires. Capitale doublement revendiquée par deux entités qui se disputent son contrôle, la ville s'est vue façonnée par le conflit. Revenons à 1948. A la signature de l'armistice de la guerre d'Indépendance, l'ONU trace la Ligne verte comme frontière officielle des deux entités et sépare ainsi Jérusalem en deux parties Ouest et Est ; la partie Ouest rattachée au nouvel Etat d'Israël et la partie Est palestinienne sous contrôle jordanien. Depuis cette première limite, se sont vus accumulés sur la partie orientale un nombre important de dispositifs de nature administrative mais aussi urbaine et architecturale par le gouvernement israélien. Ils regroupent la Ligne verte, la limite municipale de 1967, la zone C de 1993, les colonies israéliennes et leur zone municipale, les routes de contournement qui les desservent, les bases militaires qui les protègent, les checkpoints, le mur de séparation depuis 2002… L'ensemble formant un ensemble complexe et actif de contrôle et de division du territoire. Ces dispositifs, outils de l'architecture et de l'urbanisme, sont le cœur de notre recherche qui s'attachera à savoir comment l'architecture est devenue une arme de guerre et d'occupation.

  • Titre traduit

    Architecture as a war instrument. Pernicious use for strategic and military purposes, critical case of Jerusalem.


  • Résumé

    The main focus of our research is the political and military use of architecture and urbanism in Israel and West Bank, and especially in Jerusalem. Jerusalem is today known as the result of a double history, in the same time three times a holy city and main theatre of the Israeli-Palestinian conflict. This double visions is most often presented to us : the vision from the history books and the one from the media. However, the city is singularly the space where build up each part engaged in the conflict's representations, and what they project to form a variable coherence urban mass. Jerusalem forces the questioning about urban fabric generated by a conflictual situation, but also about the connection between political decisions and their realizations by the way of architecture and urbanism which leads us to interrogate then about the « innocent » use of architecture to strategic and military purposes. Twice claimed capital by two units which are contesting its control, the city has been shaped by the conflict. Get back to 1948. At the moment of the signature of Independence War's armistice, UN traces the Green Line as official border of the two entities and separates then Jerusalem in two parts West and East ; the western part attached to the new state of Israel and the eastern part, Palestinian under Jordanian control. Since this first limit, an important number of devices had been accumulated on the eastern part, administrative devices but also architectural and urbanism devices by the Israeli government. It gathers the Green Line, the 1967 municipal Limit, 1993 Area C, Israeli settlements and their municipal areas, bypass roads which serve it, military bases which protect it, checkpoints, the separation wall since 2002... The ensemble forming an active and complexe territory's dividing and control system. Those devices, architecture and urbanism's tools, are the heart of our research, which will endeavor to know how architecture has became an occupation and war weapon.