Essais sur le risque politique et son effet sur les choix financiers des entreprises

par Marwa Haddar

Projet de thèse en Sciences de Gestion

Sous la direction de Sabri Boubaker.

Thèses en préparation à Paris Est , dans le cadre de OMI - Organisations, Marchés, Institutions , en partenariat avec Institut de recherche en gestion (Créteil) (laboratoire) depuis le 01-10-2016 .


  • Résumé

    Contexte et problématique Le monde évolue maintenant à une vitesse fulgurante. Les plus importants de ces changements se produisent dans les domaines politique et technologique. Les changements géopolitiques ont rapproché la politique et les entreprises. Les bouleversements politiques modifient sans cesse les circonstances dans lesquelles les individus, les sociétés et les entreprises évoluent, ce qui ne crée pas des marchés totalement isolés de la politique. La politique façonne et contraint les marchés par le biais de ses règles, normes et institutions. Les régimes commerciaux, les sanctions et les lois nationales, par exemple, modifient l'environnement des entreprises. Les revers tumultueux, tels que les guerres et les révolutions, et d'autres événements mineurs, tels que l'activisme social menacent toujours les entreprises. Par conséquent, les entreprises sont obligées de planifier et d'agir au-delà de leur environnement immédiat et étroit. La signification du risque politique a changé. Il y a quelques décennies, le risque politique pouvait se résumer en actions gouvernementales, telles que des réglementations liées à l'industrie. Aujourd'hui, cependant, les gouvernements ne sont plus le seul arbitre. Le risque politique du XXIe siècle a un sens plus large et plus complexe. Une guerre civile en Syrie entraîne une crise de réfugiés en Europe. Une manifestation anti-chinoise au Vietnam entraîne les ruptures de stock dans l'industrie du vêtement en Amérique du Nord. Rice et Zegart (2018) définissent le risque politique du XXIe siècle comme «la probabilité qu'une action politique puisse affecter de manière significative une entreprise». Les actions politiques soulignent donc l'impact croissant des facteurs générateurs de risques en dehors des institutions gouvernementales. Sur les marchés qui se caractérisent par une forte concurrence, les entreprises doivent prendre en compte tous les risques engendrés par les acteurs politiques, les journalistes, les militants dans la société civile, de réalisateurs de documentaires, etc. Historiquement, les révolutions, la nationalisation étaient au cœur du risque politique. Aujourd'hui les entreprises multinationales considèrent ce risque en tenant compte de plusieurs aspects. L'environnement politique du XXIe siècle constitue un important facteur externe d'incertitude pour les entreprises. Il peut donc limiter ou favoriser leurs possibilités de croissance et leur survie. Cette thèse aborde la relation entre le risque politique dans sa nouvelle définition et les décisions financières des entreprises. Jusqu'à présent, les études de recherche antérieures ne portaient que sur les mesures du risque politique au niveau des pays ou des secteurs d'activités en l'absence de mesures directes. Cette thèse retrace la façon dont le risque politique peut influer sur le comportement des entreprises américaines, en utilisant une nouvelle mesure de ce risque. Ma thèse est une compilation de trois études sur le risque politique et les choix financiers des entreprises. Dans mon premier article, j'examine l'effet du risque politique au niveau de l'entreprise sur les encaisses de trésorerie des entreprises. Le deuxième chapitre traite comment le risque politique affecte l'engagement des entreprises en matière de responsabilité sociale des entreprises (RSE). Le troisième chapitre examine comment le risque politique agit sur les politiques des entreprises vis-a-vis de leurs employés.

  • Titre traduit

    Essays on firm-level political risque


  • Résumé

    The world is now changing with lightening speed. The greatest of those changes are occurring in the political and technological spheres. Geopolitical shifts have brought politics and business closer together. Political upheavals are incessantly reshaping the circumstances in which individuals, societies, and companies operate, which doesn't make markets in total isolation from politics. Politics molds and constrains markets through its rules, norms, and institutions. Trade regimes, sanctions, and national laws, for instance, shape businesses' environment. Tumultuous reverses, such as wars and revolutions, and other minor events, such as social activism and cyber threats, still take firms by surprise. Therefore, firms are forced to plan and act beyond their immediate environment. The meaning of political risk has changed. A few decades ago, political risk could be summarized in governmental actions, such as industry-related regulations or assets seizing in dictatorships. Today, however, governments are no longer the only arbiter. The twenty-first-century political risk has a broader and more complicated meaning. A civil war in Syria results in a refugee crisis in Europe. An anti-Chinese protest in Vietnam fuels stock-outs in the clothing industry in America. Rice and Zegart (2018) define the twenty-first-century political risk as “the probability that a political action could affect a company in significant ways.” Put in the most elemental terms, political actions emphasize the growing impact of risk generators outside army barracks and party headquarters. In today's competitive markets, firms need to consider all risks engendered by the widening array of global political actors, journalists, social activists, documentary filmmakers, etc. Historically, revolutions, nationalization, seizure of assets were the political risk chorus. However, for the modern-day global firms consider this risk on much more and more aspects. Thus, companies, and particularly international firms see the market as a global place and they plan their strategies accordingly. SeaWorld story, among many others, points out that firms can be dramatically blindsided by political actions of small groups of people and the power of individuals charged by connective technologies. The twenty-first-century political environment is an important external factor of uncertainty for firms. It can, therefore, constrain or foster their growth opportunities and survival. This thesis addresses the relationship between the modern-day politics and corporate financial decisions. So far, prior research studies have only focused on country-level and sector-level measures of political risk in the absence of direct ones. This dissertation, instead, traces through the ways in which political risk can affect U.S. firms' behaviour, using a new firm-level proxy to measure the risk. My dissertation is a three-paper compilation of studies related to political risk and corporate finance. In my first paper, I examine the effect of firm-level political risk on corporate cash holdings. The second paper investigates whether firm-level political risk affects firms' commitment to corporate social responsibility (CSR). Finally, the third paper tackles labor-related factors and exploits the effect of politics on some labor market frictions, such as labor adjustment costs.