Monstre ou héros ? Pablo Escobar vu à travers le prisme de ses représentations artistiques

par Françoise Bouvet

Projet de thèse en ETUDES ROMANES spécialité Etudes hispaniques et hispano-américaines

Sous la direction de Karim Benmiloud.

Thèses en préparation à Montpellier 3 , dans le cadre de Langues, Littératures, Cultures, Civilisations , en partenariat avec LLACS - Langues, Litteratures, Arts et Cultures des Suds (laboratoire) depuis le 01-09-2016 .


  • Résumé

    Le baron de la drogue, Pablo Escobar, présente encore aujourd'hui deux visages : celui d'un criminel violent ayant mis à feu et à sang la Colombie des années 80, mais aussi celui d'un véritable Robin des bois des temps modernes. C'est cette image ambiguë qui sera le centre de ce travail de recherche, mais il s'agira ici de l'analyser à travers le prisme du « personnage Pablo Escobar » tel que les différents arts l'ont représenté depuis sa mort en 1993. Les sources retenues pour cette étude sont avant tout colombiennes et embrassent des domaines aussi variés que la littérature, la peinture, la chanson et l'image cinématographique ou télévisuelle. Néanmoins, quelques productions majeures mexicaines, argentines, américaines ou internationales n'ont pu être écartées, du fait de leur particularisme et de leur grande diffusion. Nous nous demanderons sous quel jour, monstrueux ou héroïque, le capo apparaît dans ces différentes représentations artistiques. Les notions de monstre et de héros seront évidemment définies en préalable à ce travail, et nous verrons qu'elles trouvent un écho autant dans le personnage Escobar que dans cette nouvelle société « narco-capitaliste » née avec lui, car, dans une Colombie inégalitaire où les institutions légitimes sont défaillantes et méprisées, ces criminels parvenus et violents sont admirés, tout autant que craints. Qui sont finalement les monstres et les héros ? Face à l'avènement de cette nouvelle société transgressive, surgissent de nouvelles esthétiques, transgressives elles aussi, et en choisissant de représenter dans leurs œuvres la figure de Pablo Escobar, les artistes participent à la réécriture de son histoire, voire peut-être à la réécriture de l'Histoire elle-même. Ces artistes, et avec eux leur public, ont-ils à se sentir coupable d'offrir au capo un visage esthétisé ? Nous nous demanderons ce que cachent ces esthétisations héroïsante et monstrueuse de Pablo Escobar, et si elles contribuent à dénoncer l'action de celui qu'on a surnommé le Patrón ou au contraire à la légitimer. Nous réfléchirons au regard critique que ces œuvres portent sur la société, en nous interrogeant sur les éventuelles différences d'optique entre arts populaires ou arts dits « nobles », ainsi qu'entre œuvres de créateurs colombiens et œuvres étrangères.

  • Titre traduit

    Monster or hero ? Pablo Escobar viewed through the lens of his artistic representations


  • Résumé

    The baron lord, Pablo Escobar, still has today two facets: the face of a violent criminal who, in the 80s, plunged in chaos and blood Colombia, but also the face of a modern Robin Hood. That ambiguous image will be the core of this research work, but it will be analysed through the lens of the “character Pablo Escobar” as he has been represented by the different arts since his death in 1993. The sources selected for this study are mainly Columbian and include varied areas such as literature, painting, songs and cinematographic or television productions. Nevertheless, some major Mexican, Argentinian, American, or international productions have to be included because of their characteristics or wide diffusion. We will examine if the capo appears in these different artistic representations as a monster or a hero. These two notions will obviously be defined as a prerequisite of this work, and we will observe how they echo in the “character Escobar” but also in this new ‘narco-capitalist' society born with him, because in Colombia's unequal society where the legitimate institutions are deficient and despised, those violent criminals who climbed the social ladder are admired as well as feared. So who are monsters or heroes in the end? With the advent of this new subversive society, new aesthetics emerge, which are subversive as well, and when the artists choose to represent the figure of Pablo Escobar in their works, they contribute to the rewriting of his history, and even perhaps the rewriting of History itself. Do those artists, along with their audience, have to feel guilty for offering a glamorized face to the capo? We will ask ourselves what do these heroic and monstrous representations hide, and if they help condemn or legitimate Patrón's actions. How do these works look critically at the society? Is the perspective different between the popular arts and the so-called “noble” arts, and also between Colombian works and foreign works?