Développement de stratégies de maîtrise des strongyloses gastro-intestinales des vaches laitières rationalisant les traitements anthelminthiques

par Nadine Ravinet

Thèse de doctorat en Biologie, Médecine, Santé

Sous la direction de Alain Chauvin.

Thèses en préparation à Nantes, Ecole nationale vétérinaire , dans le cadre de École doctorale Biologie-Santé Nantes-Angers depuis le 07-10-2010 .


  • Résumé

    Les traitements anthelminthiques visant à maîtriser l’impact des strongles gastro-intestinaux (SGI) sur la production laitière (PL) des bovins doivent être rationalisés afin préserver durablement leur efficacité. L’objectif de cette thèse était de produire des connaissances servant de base à l’élaboration de stratégies de traitement ciblé sélectif des vaches adultes. Ces stratégies, répondent à deux questions clé de la prescription raisonnée, « qui traiter ? » (traitement sélectif) et « quand traiter ? » (traitement ciblé). Ces travaux ont été menés dans des troupeaux bovins laitiers de l’ouest de la France, pratiquant le pâturage des vaches. Une première étude s’est intéressée à l’effet sur la PL d’un traitement strongylicide d’automne, administré à la rentrée en stabulation, et à l’identification des indicateurs, individuels et de troupeau, associés à la réponse en lait post-traitement. Elle s’est prolongée par une évaluation de la sensibilité, la spécificité et les valeurs prédictives des combinaisons d’indicateurs utilisables pour choisir les vaches à traiter à la rentrée en stabulation. L’effet du traitement sur la PL à l’automne était globalement positif, mais modéré, et il était variable d’un troupeau à un autre et d’un individu à un autre. Dans le contexte de cette étude, pour sélectionner les vaches pouvant bénéficier du traitement, des indicateurs opérationnels et spécifiques, discriminant tout d’abord les troupeaux où le traitement peut avoir un intérêt, puis les individus dans ces troupeaux, ont été identifiés. Notamment, à l’échelle troupeau, le temps de contact effectif des génisses avec les larves infestantes de SGI avant le 1er vêlage (TCE) et le RDO lait de tank sont apparus comme deux indicateurs à prendre en compte simultanément pour mieux cibler les troupeaux dans lesquels le traitement peut avoir un intérêt. Enfin, dans une troisième étude, l’effet sur la PL d’un traitement strongylicide de printemps, administré 1,5 à 2 mois après la mise à l’herbe, a été étudié. A cette saison, l’effet du traitement était négatif et marqué. Il conviendrait donc de déconseiller les traitements contre les SGI à cette saison chez les bovins laitiers adultes. Les résultats de cette thèse montrent que les traitements systématiques visant à sécuriser la production laitière ne sont pas appropriés. Une rationalisation de l’utilisation des anthelminthiques, à l’aide d’indicateurs simples d’emploi, est possible chez les vaches laitières ; elle permet de plus de conserver des populations refuges de parasites, retardant ainsi l’apparition des résistances aux molécules strongylicides.

  • Titre traduit

    Development of gastrointestinal strongylosis control strategies rationalizing anthelmintic treatments


  • Résumé

    In adult dairy cows, the anthelmintic treatments used to control the negative impact of gastrointestinal nematodes (GIN) on milk production (MP) must be rationalized, in order to preserve their longterm efficacy. The aim of this PhD thesis was to generate knowledge underlying the development of targeted selective treatment strategies. These strategies address the two key questions “which cows have to be treated?” (selective treatment) and “when do we have to treat?” (targeted treatment). This work was conducted in pasturing dairy herds, in the North-West of France. First of all, the effect on MP of a fall anthelmintic treatment, applied at housing, has been investigated, and individual and herd-level indicators associated with the post-treatment MP response were identified. Then the sensitivity, specificity and predictive values of the combinations of indicators usable to select the cows that would benefit from treatment at housing were assessed. The effect of anthelmintic treatment administered at housing was positive but slight, and was variable at herd and cow levels. In the context of this study, in order to determine which cows should be treated, operational and specific indicators have been identified, which discriminate on the one hand the herds where the treatment could be profitable and on the other hand the cows within such herds. Particularly, to better target these herds, i) the time of effective contact with GIN larve before the first calving (TEC), and ii) the anti- Ostertagia antibody level in the bulk tank milk turned out to be two indicators to be considered simultaneously. Finally, the effect on MP of a spring anthelmintic treatment, applied 1.5 to 2 months after turn out, has been studied. During this season, anthelmintic treatment had a marked detrimental effect on MP. Treatment for GIN at the beginning of the grazing season should therefore be discouraged in adult dairy cattle. The results of this work show that whole herd blanket anthelmintic treatments for securing MP are not appropriate. A rationalization is possible in adult dairy cattle, with easy-to-use indicators, preserving refugia parasite populations and thus delaying the emergence of anthelmintic resistance.