L'Inquisition à Toulouse, Carcassonne et Perpignan à l'époque moderne (1516-1706)

par Nicolas Delmas

Projet de thèse en Droit - EDSJP Toulouse

Sous la direction de Philippe Nélidoff.

Thèses en préparation à Toulouse 1 , dans le cadre de École doctorale Droit et Science Politique (Toulouse) , en partenariat avec CTHDIP - Centre Toulousain d'Histoire du Droit et des Idées Politiques (laboratoire) depuis le 01-10-2016 .


  • Résumé

    Dans notre mémoire sur le déclin de l'Inquisition toulousaine (1562-1706), il fut démontré comment, après les guerres de religions, l'Inquisition vit son activité juridictionnelle baisser. L'institution, toujours investie d'une mission de police des livres, perdit sa qualité de cour royale en 1645 et le titre d'inquisiteur s'éteignit en 1706. L'Inquisition toulousaine moderne ne fut jamais étudiée à part entière, et mérite de l'être, pour avoir été souvent évoquée à tort. Ainsi, une thèse sur ce sujet s'échelonnerait de 1516 à 1706. 1516 est une date de changement radical pour l'Inquisition toulousaine. Alors que les autres Inquisitions françaises ne survécurent pas au XVe siècle (comme dans le Dauphiné par exemple), 1516 est la date de passage d'une Inquisition médiévale à une Inquisition moderne. C'est à partir de ce moment que le titre d'inquisiteur devint un office royal, que l'inquisiteur fut élu par le chapitre du couvent des Jacobins de Toulouse, et que son élection fut confirmée par le roi. Une tutelle monarchique s'organisa donc à l'époque du concordat de Bologne. La deuxième grande révolution de l'Inquisition toulousaine moderne s'opéra dans les années 1540-1542. Face à l'inflation de l'hérésie protestante, le Parlement créa une chambre ardente en 1540, qui priva l'Inquisition de nombreux cas relevant de sa juridiction. En 1542, la création de la Congrégation de l'Inquisition romaine et universelle (ou Saint-Office), plaça l'Inquisition toulousaine sous tutelle pontificale, par la confirmation de l'élection de l'inquisiteur par les cardinaux de la Congrégation. A partir de cette époque, alors que le nombre de huguenots ne cessait de croître, les inquisiteurs privilégièrent leur mission de prédication par rapport à leur juridiction, jusqu'à l'extinction de leur titre en 1706. Les relations entre Inquisition, Parlement et Archevêché, méritent d'être étudiées pour mieux comprendre les conflits et les collaborations entre justices civiles et religieuses. En matière criminelle, un clivage apparaît entre un Parlement soucieux de défendre la paix publique et une Inquisition soucieuse de racheter le prévenu. Ces conflits de juridictions sont au cœur des problématiques de l'histoire de la justice et de l'histoire de la séparation du politique et du religieux. Les parlementaires toulousains, catholiques zélés, étaient bienveillants à l'égard de l'Inquisition, mais n'hésitaient pas à lui retirer les cas les plus graves. Les archevêques ou leurs vicaires eurent toujours des relations difficiles avec les inquisiteurs, étant capables de travailler avec eux, comme de les faire comparaître devant le Parlement, en fonction des sensibilités de chacun. L'Inquisition toulousaine moderne ne peut pas être traitée séparément de l'Inquisition carcassonnaise. Ces deux tribunaux permanents, créés en 1233 connurent la même histoire, jusqu'à la suppression du titre au début du XVIIIe siècle. Ils présentaient, à l'époque moderne un fonctionnement similaire. L'Inquisition de Roussillon, Cerdagne et Conflent, dont le siège était établi à Perpignan avait le même fonctionnement que l'Inquisition toulousaine. Après le Traité des Pyrénées, l'inquisiteur de Perpignan fut en effet remplacé par un Français et l'Inquisition espagnole n'y eut plus d'emprise.

  • Titre traduit

    The Inquisition in Toulouse, Carcassonne and Perpignan in modern times (1516-1706)


  • Résumé

    In our dissertation on the decline of the Toulouse Inquisition (1562-1706), it was shown how, after the religious wars, the Inquisition saw his judicial activity decline. The institution, still invested with a police mission books, lost its quality royal court in 1645 and the title inquisitorial disappeared in 1706. Modern toulousan Inquisition was never studied in their own right, and deserves to be. Thus, a thesis on this subject would be from 1516 to 1706. 1516 is a date of radical change for the toulousan Inquisition. While other French Inquisitions did not survive the fifteenth century (as in the Dauphiné for example), 1516 is the transition date of a medieval Inquisition to modern Inquisition. It is from this point that the title inquisitorial became a royal office, the inquisitor was elected by the chapter of Toulouse Jacobins convent, and that his election was confirmed by the king. A monarchical guardianship therefore organized at the time of the Concordat of Bologna. The second great revolution of modern Toulouse Inquisition took place in the years 1540-1542. Faced with inflation of the Protestant heresy, Parliament created a burning chamber in 1540, which deprived the Inquisition many cases within its jurisdiction. In 1542, the creation of the Congregation of the Roman and Universal Inquisition (or Holy Office), the Toulouse Inquisition placed under papal tutelage, by the confirmation of the election of the inquisitor by the cardinals of the Congregation. From that time, while the number of Huguenots broke not grow, the Inquisitors, gave more preference for their preaching mission than their jurisdiction, until the expiry of their title in 1706. Relations between Inquisition, Archbishop and Parliament have to be studied in order to better understand the conflict and cooperation between civil and religious righteousness. In criminal matters, a split appears between Parliament which wanted to defend the public peace and Inquisition which wanted to redeem the accused. These jurisdictional conflicts are the heart of the problems of the history of justice and history of the separation of politics and religion. The Toulouse parliamentarians, zealous Catholics, were readily sympathetic to the Inquisition, but did not hesitate to withdraw the most serious cases. The archbishops or their vicars always had a difficult relationship with the inquisitors, being able to work with them as to appeal them before the Parliament, depending on individual sensitivities. Modern Toulouse Inquisition can not be treated separately from the modern Carcassonne Inquisition. These two permanent courts, created in 1233 experienced the same story until you delete the title in the early eighteenth century. They had, in modern times a similar operation. The Inquisition of Roussillon, Cerdagne and Conflent, whose seat was established at Perpignan, had the same function as the Inquisition of Toulouse. After the Treaty of the Pyrenees, the Inquisitor of Perpignan was replaced by a Frenchman, and the Spanish Inquisition no longer had any control.