La Shoah comme expérience sociale et les déportés comme groupes sociaux. Approche socio-historique comparée des déportés italophones et néerlandophones

par Bieke Van Camp

Projet de thèse en HISTOIRE spécialité Histoire contemporaine

Sous la direction de Frédéric Rousseau.

Thèses en préparation à Montpellier 3 , dans le cadre de Langues, Littératures, Cultures, Civilisations , en partenariat avec CRISES - Centre de Recherches Interdisciplinaires en Sciences Humaines et Sociales (laboratoire) depuis le 01-10-2016 .


  • Résumé

    Les travaux d'histoire et de sciences sociales, se basant sur les témoignages des rescapés des camps concentrationnaires, sont très nombreux. Toutefois, ils illustrent essentiellement la barbarie nazie et ont tendance à assigner les déportés raciaux au statut de simple victime passive. Précisément, cette thèse propose de décentrer le regard généralement posé sur l'expérience concentrationnaire des Juifs européens, en se dégageant du point de vue des bourreaux , des nazis, voire des négationnistes. C'est donc une voie médiane que nous voulons explorer, en appliquant une approche socio-historique aux témoignages des acteurs-victimes. En effet, c'est une voie qui entend considérer la déportation comme un ensemble d'expériences sociales et la catégorie des « déportés » comme un groupe social à part entière avec ses capacités (relatives) d'adaptation. Au cœur du questionnement se trouve l'énigme de la survie : pourquoi certains et pas d'autres (sans exclure le facteur chance-malchance) ? ainsi l'hypothèse centrale que nous formulons est d'étudier au-delà des aléas irréductibles dans de telles situations extrêmes, dans quelle mesure le milieu socio-culturel d'origine détermine-t-il les chances d'adaptation, voire de survie des déportés Juifs ?

  • Titre traduit

    The Shoah as a Social Experience and the Deportees as Social Groups. Socio-historical comparative Approach of Italian and Dutch-speaking Deportees


  • Résumé

    Publications in history and social science dealing with the testimonies of survivors of the concentration camps are very numerous. However, they mainly illustrate Nazi barbarity and tend to assign racial deportees to the status of passive victims. Specifically, this thesis proposes to decentralize the perspective usually brought to the experience of concentration camps of the European Jews, pulling away from the standpoint of the executioners, the Nazis and Holocaust deniers. So it is a middle way that we want to explore, applying a socio-historical approach to the testimonies of victims. Indeed, it is a path that will treat deportation as a whole of social experiences and the category of the "deported" as a social group with its full (relative) capacity of adaptation. Central to our questioning is the enigma of survival, why do some and not others (without excluding the luck-bad luck factor) survive? the central hypothesis considers how, beyond the irreducible uncertainties in such extreme situations, the socio-cultural background determines the chances of adaptation and even survival of the Jewish deportees?