Évaluation de l'exposition agrégée aux PFAA, mise en regard des expositions externe et interne

par Ami Yamada

Thèse de doctorat en Santé publique

Sous la direction de Jean-Philippe Antignac.

Thèses en préparation à Nantes, Ecole nationale vétérinaire , dans le cadre de École doctorale Biologie-Santé Nantes-Angers depuis le 31-10-2013 .


  • Résumé

    Dès 1951, les acides perfluoroalkylés (PFAA) ont été exploités en tant que tensioactifs. Résistants à la chaleur et particulièrement stables chimiquement, ils ont été utilisés dans la fabrication de nombreux produits manufacturés tels que les revêtements antiadhésifs et les imperméabilisants. Toutefois, leurs propriétés physico-chimiques remarquables sont aussi à l’origine de leur persistance. Leur présence est aujourd’hui ubiquitaire dans l’environnement comme chez l’Homme, et leur implication dans divers effets toxicologiques est suspectée. L’alimentation, et notamment les poissons, est considérée comme la source d’exposition principale chez l’Homme adulte. Dans ce travail, les données de contamination en PFAA de poissons de mer et d’eau douce ont tout d’abord été générées, en parallèle de leur teneur en oméga-3 (ω3), montrant un profil bénéfice-risque en faveur des poissons marins (meilleur ratio ω3/PFAA). L’exploitation de ces données a ensuite permis de confirmer l’hypothèse d’une exposition alimentaire aux PFAA plus élevée chez les forts consommateurs de poissons qu’en population générale. Des données de biosurveillance (i.e. niveaux d’exposition interne dans le sérum et le lait maternel de couples mères-nouveaux-nés) ont ensuite été générées, puis mises en regard des données d’exposition externe agrégée (alimentation, air et poussières) via l’utilisation d’un modèle PBPK. Ce travail a confirmé le manque de données humaines nécessaires pour réduire l’incertitude autour de certains paramètres, comme le rôle des transporteurs rénaux, potentiellement à l’origine de la différence du temps de demi-vie sérique observée entre les sexes.

  • Titre traduit

    Aggrergated PFAA exposure assessment, link betweel external and internal exposure


  • Résumé

    Persistency, making them measurable ubiquitously in the environment as in human biofluids. Moreover, they are suspected to be linked to the onset of numerous health effects. Diet and especially fish consumption are considered to be the major source of human PFAA exposure. In this work, PFAA contamination data for marine and freshwater fishes are presented along with the omega-3 (ω3) composition. Marine fishes presented the most interesting ω3/PFAA balance. These data enabled to confirm that high fish consumers were more exposed to PFAA by diet than the general population. Biomonitoring data (i.e. internal exposure levels in serum and milk of mother-infant pairs) were then produced and linked to the external aggregated exposure (diet, air and dust), using a PBPK model. This work confirmed the need to generate new human data to reduce the uncertainty around some parameters, such as the role of renal transport proteins which could be partly responsible of the serum half-life differences observed between men and women.