L'architecture scolaire participative en milieu rural comme expression d'un nouveau modèle de développement local : Étude comparative de 2 projets

par Laurence Lafitte

Projet de thèse en Sciences de l'éducation - Cergy

Sous la direction de Béatrice Mabilon-Bonfils et de Francois Durpaire.

Thèses en préparation à Cergy-Pontoise , dans le cadre de ED DSH - Droit et Sciences Humaines , en partenariat avec Bien être Organisations Numérique Habitabilité Education Universalité Relation Savoirs (laboratoire) depuis le 01-10-2016 .


  • Résumé

    En tant qu'incarnation physique des principes et symboles véhiculés par l'institution scolaire et en tant que projection spatiale de son organisation, l'architecture scolaire définit en partie les comportements et les représentations individuelles et collectives. Elle s'inscrit sur le territoire à long terme et influence le développement des générations à venir. Dans une conjoncture de globalisation de l'éducation des enfants, de territorialisation de la question scolaire et de décentralisation de la compétence architecturale, l'architecture scolaire est aujourd'hui contrainte d'intégrer non plus uniquement les dimensions pédagogiques mais aussi les dimensions sociales, culturelles et politiques du contexte local qui s'articulent entre elles, interfèrent pour composer un projet global qui se traduit notamment par l'élargissement de l'équipe pédagogique et le développement des partenariats, la mutualisation des espaces à des activités périscolaires, l'ouverture sur la ville, le village et le territoire. Ce qui complexifie d'autant plus la commande architecturale des établissements scolaires contemporains, et rend caduque l'idée de concevoir un modèle d'école idéaltype du XXIème siècle et de penser la configuration des espaces scolaires et leurs aménagements sans y associer les usagers. Ainsi la promotion d'une école moderne, ouverte sur son environnement social et connectée au monde, laisse conjecturer la nécessité de repenser l'architecture scolaire mais aussi de revoir son modus operandi. Dans un environnement législatif propice à l'implication des citoyens dans les affaires publiques et notamment favorable à la participation citoyenne dans les projets d'infrastructures publiques et d'aménagement urbain en général, quelques communes font le choix de l'architecture participative pour la construction de leur école. Loin d'être seulement une simple échelle d'intervention, le local est un poste d'observation privilégié pour appréhender le monde global en mutation. La participation comme mode d'action local, étroitement liée au concept de démocratie participative, participe-t-elle au renforcement du pouvoir des acteurs à agir sur leur destin (empowerment) ou au contraire traduit-elle une instrumentalisation politique de la démarche à des fins consensuelles ou/et au service du processus d'individuation néolibérale ? En d'autres termes quel est la signification éducative, sociologique et politique d'une telle démarche dans la sphère scolaire ? Ce travail de thèse se propose donc d'analyser le processus participatif donnant lieu à la construction d'une école en milieu rural afin de mettre en lumière l'importance des liens entre l'école et son territoire et de voir comment ils agissent et évoluent. Quelle peut être l'interprétation d'une relation forte au territoire de proximité dans un monde régi par la globalisation des échanges, des réseaux et l'uniformisation des modes culturels et éducatifs? Quels peuvent être ses avantages et les réponses qu'elle peut apporter à l'offre éducative en termes d'environnement, de développement local, de citoyenneté et de vivre ensemble ? À ce titre l'architecture scolaire participative constitue-t-elle un outil d'innovation et de changement social du monde rural ? Autrement dit, l'élaboration collaborative d'une école en milieu rural est-elle la traduction de l'émergence d'un nouveau modèle de développement local, basé sur le mode relationnel participatif ?

  • Titre traduit

    Participative school architecture in rural environment like expression of a new local development model: Comparative study of 2 projects


  • Résumé

    As a physical incarnation of the principles and symbols conveyed by the educational establishment and as a space projection of its organization, school architecture partly defines the behaviors and the individual and collective representations. It is registered on the long-term territory and influence the development of the generations to come. In an economic situation of globalisation of the education of the children, of territorialisation of the school question and decentralisation of architectural competence, school architecture is today forced to integrate either only dimensions teaching but also social dimensions, cultural and policies of the local context which are articulated between them, interfere to compose a global project which results in particular in the widening of the pedagogical team and the development of the partnerships, the mutualisation of spaces to extra-curricular activities, the opening on the city, the village and the territory. What all the more complexes the architectural order of the contemporary schools, and makes null and void the idea to design a model of school idéaltype 21st century and to think the configuration of school spaces and their installations without associating the users with it. Thus the promotion of a school modern, open on its social environment and connected to the world, lets conjecture the need for reconsidering school architecture but also for re-examining its modus operandi. In a legislative environment favourable with the implication of the citizens in the public affairs and in particular favorable to the participation citizen in the projects of public infrastructures and urban development in general, some communes make the choice of participative architecture for the construction of their school. Far from being only one simple scale of intervention, the room is an observation post privileged to apprehend the total world in change. The participation like mode of action local, closely related to the concept of participative democracy, in the reinforcement of the power of the actors to act on their destiny (empowerment) or on the contrary translates does take part a political instrumentalisation of the approach at consensual ends ou/et with the service of the process of neo-liberal individuation? In other words which is the educational, sociological significance and policy of such a approach in the school sphere? This work of thesis thus proposes to analyze the participative process causing construction of a school in rural environment in order to clarify the importance of the links between the school and its territory and to see how they act and evolve. Which can be the interpretation of a strong relation to the territory of proximity in a world governed by the globalisation of the exchanges, the networks and the standardization of the cultural and educational modes? Which can be its advantages and the answers which it can give to the educational offer in terms of environment, local development, citizenship and living together? For this reason does participative school architecture constitute a tool of innovation and social change of the rural world? In other words, is the collaborative development of a school in rural environment the translation of the emergence of a new local development model, based on the participative relational mode?