Photographie & existence : approche poïétique, théorétique et esthétique

par Raphaël Yung Mariano

Projet de thèse en Art, Philosophie, Esthétique

Sous la direction de Francois Soulages.

Thèses en préparation à Paris 8 , dans le cadre de ED Esthetique, sciences et technologie des Arts , en partenariat avec AIAC - Arts des images et art contemporain (laboratoire) et de EPHA - Esthétique, Pratique et Histoire des Arts (equipe de recherche) depuis le 07-07-2016 .


  • Résumé

    L’invention de l’image photographique a bouleversé l’histoire de la représentation. Or la photographie semble cloisonnée entre une définition sémiologique et son inscription dans le sillage d’une histoire de l’art : elle est prisonnière de sa saisie automatique du monde extérieur. Mais se satisfaire de cette réussite technique, n’est-ce pas restreindre les possibilités de cette image nouvelle ? Parce qu’elle est unique en son genre, la photographie peut alors dépasser la question de l’existence de l’objet dans l’image, pour se confronter au problème de l’existence humaine. Car il s’agit bien d’un problème – de définition, de représentation – et certains artistes ont figuré ce rapport au monde et ce rapport au temps avec les outils photographiques. Si, pour Roland Barthes, la photographie « authentifie l’existence de tel être », permet-elle de l’interroger ? Comment cette image fixe peut-elle saisir les transformations liées à l’existence d’un sujet ? L’image photographique atteint alors ses limites et, pour palier à ses insuffisances, elle s’articule à d’autres photos et à des mots. Ainsi, la photographie passerait d’un « signe d’existence » (Schaeffer) à un « amplificateur d’existence » (Nori et Mora) ; autrement dit, elle n’est plus un moyen de saisir une trace du réel – une empreinte –, mais une fin, à savoir, le résultat d’un processus, d’une fabrication. Il faut donc s’intéresser aux pratiques où le photographe en tant que sujet créateur construit, écrit une image et où chaque composante – l’acte photographique, le travail du négatif, et la mise en exposition de la photo – est utilisée par l’artiste pour questionner l’existence. Une esthétique singulière semble alors s’esquisser, par-delà la photographie, vers le cinéma et la littérature. Quelles sont ces pratiques nouvelles engendrées par la photographie ? Comment devient-elle un moyen spécifique pour (se) mettre en scène et (dé)jouer le tragique humain ? La photographie permet-elle d’avoir, non plus une preuve, mais des épreuves – en tant qu’expérience et dans le sens photographique – de l’existence ? Nous partirons des œuvres de Denis Roche, Alix Cléo Roubaud, Oscar Muñoz, Roman Opalka, Duane Michals, Nobuyoshi Araki, Francesca Woodman afin d’éclairer et d’enrichir le problème de l’existence


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