Archéologie du "goyesque". Une incursion au cœur de la construction de la mémoire de Francisco de Goya à partir du musée du Prado

par Eva Sebbagh

Projet de thèse en Etudes romanes espagnoles

Sous la direction de Nancy Berthier.

Thèses en préparation à Sorbonne université , dans le cadre de École doctorale Civilisations, cultures, littératures et sociétés (Paris) depuis le 07-07-2016 .


  • Résumé

    Reste-t-il encore quelque chose à dire sur Goya ? Le doute est permis. Pourtant, à ce jour, aucun travail abordant l’artiste et son œuvre dans une perspective mémorielle n’a jamais été réalisé. Si, il y a vingt ans, cette lacune pouvait passer pour une omission somme toute anodine dans l’historiographie dédiée au maître espagnol, aujourd’hui, alors que la mémoire ne cesse de faire irruption dans notre quotidien, elle apparaît comme une véritable carence. Se demander si la notion de « lieu de mémoire » forgée par Pierre Nora est pertinente pour désigner le patrimoine laissé par Goya à la nation espagnole, revient dès lors à faire un premier pas pour remédier à ce manque. Tout au long de ce travail de recherche, il s’agira plus particulièrement d’étudier les modalités de construction d’une catégorie singulière, le « goyesque », pour observer de quelle façon celle-ci, à la manière d’un « lieu de mémoire », s’est peu à peu délestée de son sens premier, « ce qui est relatif à Goya et à son œuvre », pour permettre plus généralement une référence à un héritage culturel complexe, aussi bien dans le champ artistique que littéraire. Pour mener à bien cette entreprise de nature archéologique – ce mot étant entendu ici dans son acception étymologique –, le musée du Prado de Madrid, en tant que matrice mémorielle et pôle culturel stratégique à l’échelle de l’Espagne, sera un périmètre à explorer en priorité.


  • Résumé

    Is it still possible to add something about Goya? The unbelievable number of published research dedicated to the artist and his work suggests that it may not. However, among that unbounded amount of publications no study has ever brought up the particular importance of this artistic figure in Spanish collective memory and national representations. Acceptable twenty years ago, this silence can no longer go unnoticed in a context of continual surging of memory in our everyday life. This work thus presents a comparison between the heritage left by Goya and the concept of “site of memory” developed by the French historian Pierre Nora. The research is more specifically based on the analysis of the ways and means of construction of the “goyesque”. Indeed, this singular category has gradually lost its literal meaning – which was “in the style of Goya” – to figuratively refer to an intricate legacy that functions in literature and arts as a mainstay of Spanish national identity. As a result, the Prado Museum, matrix of collective memory and strategic centre of heritage concerns on a Spanish scale, has become a crucial search area to carry out this archaeological-like investigation.